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Municipales à Tours : « En Avant Tours » en faveur d’un rassemblement de la gauche

Les membres de l’association « En Avant Tours » ont fait leur rentrée samedi dernier, avec pour ambition de contribuer à un large rassemblement de la gauche pour les prochaines élections municipales.

Ils sont une quinzaine ce samedi matin à être présents place Jean-Jaurès pour présenter officiellement l’association « En Avant Tours. Autour de la table, on retrouve nombre de socialistes comme les élus régionaux Cathy Münsch-Masset et Jean-Patrick Gille, le premier secrétaire départemental du PS, Franck Gagnaire, ou encore les anciens élus municipaux Alain Dayan et Benoît Wolf… Pourtant, d’entrée, tous insistent, cette association est ouverte et entend renouveler les débats démocratiques et politiques. En clair : pas question de l’enfermer dans une logique de parti. Pour preuve, Jean-Patrick Gille, prend soin d’insister sur la présence de personnes non encartées, issues de ce qu’on appelle « la société civile. » Parmi ces derniers, on retrouve des étudiants, enseignants ou encore des responsables associatifs bien connus dans leurs domaines : Wilfried Leroy, le président du Centre social Pluriel(le)s du Sanitas, Pierre-Alexandre Moreau, le président des Cinémas Studio ou encore Iman Manzari, président de l’AMAC Touraine…

« Créer une alternative démocratique, écologique et sociale à la majorité municipale actuelle. »

Et si tout ce petit monde est rassemblé c’est pour un objectif simple : « créer une alternative démocratique, écologique et sociale à la majorité municipale actuelle. »

Cette dernière ne trouve logiquement pas grâce à leurs yeux. « La ville et la métropole sont à l’arrêt » attaque Jean-Patrick Gille en propos liminaire, en insistant sur des exemples maintes fois cités : Retards sur le Haut de la Rue Nationale, Cité de la Gastronomie au point mort, 2e ligne de tramway encore en projet… Autre grief : Une politique qu’ils jugent trop centrée sur le centre-ville, avec « des quartiers délaissés et oubliés. »

Et face à cette politique jugée mauvaise, l’objectif est clair : tout mettre en place pour reconquérir une ville perdue en 2014, mais en repartant sur des bases nouvelles et de nouvelles méthodes. Car depuis 5 ans les choses ont changé et les attentes des électeurs-citoyens également. L’aspiration à plus de démocratie directe ou participative, pour reprendre le terme à la mode, est ainsi manifeste au sein d’une partie de la population, de plus en plus large. Cela n’a pas échappé à « En Avant Tours. »

« La démocratie participative ne peut pas être qu’un apparat » avance ainsi Cathy Münsch-Masset, « On ne peut pas la réduire à une réunion d’information au bout du bout du projet quand celui-ci est ficelé. La politique locale doit non seulement être aux services des habitants mais aussi construite avec eux » Ce thème sera donc au cœur de la campagne aux côtés de ceux de la ville durable et solidaire, mais aussi de l’enjeu métropolitain insuffisamment pris en compte aujourd’hui selon Jean-Patrick Gille : « Nous avons fait la Métropole et depuis il ne se passe pas grand-chose. Cela ne fonctionne pas. »

Préparer le terrain à un large rassemblement des forces de gauche

La gauche repart donc conquérante et dynamique, en espérant avoir mangé son pain noir. Mais pour arriver à reconquérir la ville, les membres « d’En Avant Tours » savent aussi qu’il faudra composer avec les autres forces de gauche. Pour l’heure, pas question d’évoquer ainsi la question de l’incarnation du projet, à commencer par la tête de liste. Trop tôt et pas le sujet nous indique-t-on. Néanmoins cette question se posera, notamment dans les discussions avec les partenaires éventuels comme « Les Cogitations Citoyennes », proches d’EELV, ou encore « C’est au Tour(s) du Peuple », proche de la France Insoumise. Aujourd’hui, c’est avec les écologistes que les discussions sont le plus avancées, notamment à travers des ateliers communs sur le sujet métropolitain justement. « On souhaite construire une plateforme commune qui servirait d’espace d’échange avec eux et d’autres comme « La Ville au Cœur » à Joué-lès-Tours (ndlr : liste de gauche également). »

« L’émiettement de la gauche, c’est l’assurance-vie de l’équipe sortante » analyse Jean-Patrick Gille, conscient que le rassemblement est indispensable et qu’il offrirait un espoir réel pour la gauche dans son ensemble. « Nous avons beaucoup de points de convergence et d’autres complémentaires » affirme de son côté Cathy Münsch-Masset avant de conclure : « Quand il y a à peine l’épaisseur d’une feuille de différence dans les projets et ambitions, je ne vois pas de raison à ne pas se rassembler. »

Les conditions à une ébauche de rassemblement semblent donc réunies. Reste à passer au cas pratique. Cela pourrait être le cas dans les prochaines semaines. Un « forum ouvert et métropolitain », est d’ailleurs co-organisé par plusieurs associations dont « En Avant Tours » et « Les Cogitations Citoyennes » le 12 octobre à La Riche. De quoi permettre de mettre sur la table, idées et projets et de les confronter les unes aux autres.

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