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Municipales à Tours : Accord validé entre Benoist Pierre et Christophe Bouchet

Les listes ont été déposées ce mardi. Christophe Bouchet et Benoist Pierre ont déposé une liste commune.

C’était un secret de polichinelle, Benoist Pierre et Christophe Bouchet se sont entendus pour constituer une liste commune au 2nd tour des élections municipales à Tours. Le premier était arrivé 3e au 1er tour avec 12,67% des voix tandis que Christophe Bouchet avait obtenu 25,62 % des suffrages exprimés, loin derrière le candidat écologiste Emmanuel Denis, arrivé en tête avec 35,46% des votants.

Dès le lendemain du premier tour, Benoist Pierre et Christophe Bouchet avaient entamé des discussions. Il faut dire que le programme des deux listes portées par ces derniers n’étaient pas si éloignées au départ. Ils avaient même revendiqué tous deux l’investiture de La République En Marche à l’été 2019, cette dernière allant finalement à Benoist Pierre, soutenus par les comités locaux du parti présidentiel.

« Les priorités ont changé »

Depuis, de l’eau a semble-t-il coulé sous les ponts et les deux hommes, malgré leurs différends passés, affichent une osmose mais reconnaissent que les choses auraient pu être autres : «  Nous ne sommes pas sûrs que nous aurions réussi une telle union dans un contexte classique » affirment-ils ainsi en chœur. Le contexte classique c’est celui avant l’épisode du Covid-19 dont les deux hommes sont persuadés que l’on en verra les retombées encore pendant plusieurs années.

« Les priorités ont changé » affirment-ils encore en évoquant la crise sanitaire, sociale et économique à venir. Pour affronter celles-ci, l’équipe de Benoist Pierre a cherché des garanties auprès de Christophe Bouchet et ses proches et les a obtenues à les écouter.

Les deux listes du premier tour sont ainsi tombées sur trois points d’accord principaux dans les priorités à mener en cas de victoire le 28 juin :

– La relance : « Les conditions ont changé, il faut sortir de la crise au mieux. Et nous pouvons le faire grâce à nos expériences et notre pragmatisme » affirme ainsi Christophe Bouchet.

– La méthode de gouvernance : Un point essentiel du programme de Benoist Pierre, qu’il n’a cessé de mettre en avant durant la campagne d’avant premier tour. A ce sujet, ce dernier affirme avoir obtenu les garanties d’écoutes de la part du maire sortant. Benoist Pierre est d’ailleurs pressenti en cas de victoire à un poste de premier adjoint, tandis que les membres de sa liste initiale obtiendraient si l’on a bien compris, un groupe politique autonome au sein de la majorité future…

« Benoist et son équipe nous ont convaincus sur le fait d’être plus à l’écoute, qu’il faille plus d’échanges et des manières de faire différentes » a commenté pour sa part Christophe Bouchet.

L’ambition commune : 3e axe, celle d’une ambition commune, d’une « ville forte au sein d’une métropole forte ». Dans ce domaine, les deux hommes s’accordent à défendre une continuité dans l’exécutif métropolitain avec une présidence allant à Philippe Briand mais aussi avec un poids accru de la ville de Tours, ne serait-ce que par sa future représentation de 38 conseillers sur 87, contre 11 sur 55 aujourd’hui.

Les deux hommes affirment vouloir œuvrer pour Tours, « une ville à un tournant de son histoire » selon Christophe Bouchet.

16 membres de la liste Benoist Pierre rejoignent Christophe Bouchet

« Ce rapprochement est une union qui est elle-même une addition » affirme de son côté Benoist Pierre. Pour faire cette union, ce dernier a du sélectionner 15 colistiers, au regard de sa représentativité par rapport aux résultats du 1er tour. On retrouve ainsi des opposants de l’actuelle majorité de Christophe Bouchet : Pierre Commandeur, David Chollet, Barbara Darnet Malaquin… ainsi que des proches du candidat investi par LREM : Céline Delagarde, Dominique Roy, Loïc Guilpain, Jean Jacques Place, Gérard Chautemps, Nathalie Soret… Au total, 16 colistiers dont 14 maximum en position éligibles, ce qui représente 30% de la liste, dont 10 dans les 30 premiers pouvant siéger à la Métropole.

De son côté, Christophe Bouchet a dû faire de la place. Sont partis notamment suite à cet accord Jacques Chevchenko, Sylvie Bourbon, Myriam Le Souef… issus de l’ancienne majorité. Bénédicte Loustalot, ancienne 2e de liste peu en vue pendant la campagne du premier tour, est reléguée de son côté à la 18e place de la liste commune.

Concernant les dissonances passées sur des sujets comme le tramway ou les cantines scolaires, là encore c’est l’union qui prime désormais, les deux parties s’accordant pour la deuxième ligne de tramway sur « une ré interrogation du projet et du tracé, au regard de la situation économique post-covid » et sur les cantines scolaires «  sur une nécessaire relocalisation sur ce qui peut l’être et une gratuité progressive au regard du quotient familial des familles. »

Sur l’aspect programmatique, celui-ci bien qu’ayant été faiblement développé, les membres des deux anciennes listes s’accordent pour dire que les grandes lignes (« similaires ») ne changeront pas, mais affirment réorienter les besoins sur la gestion de la post-crise du Covid-19. « Nous avons l’expérience » et « proposons du pragmatisme face à de l’idéologie calquée » insiste ainsi Christophe Bouchet comme un gimmick des 3 semaines des campagnes à venir.

La liste complète :

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