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Mêmes revendications, mais craintes supplémentaires pour le personnel soignant

Alors que le rebond de l’épidémie du Covid-19 laisse craindre de nouvelles saturations dans les milieux hospitaliers, les personnels soignants sont de nouveau descendus dans la rue ce jeudi 15 octobre, en France et à Tours en particulier, pour dénoncer une nouvelle fois leurs conditions de travail et réclamer des moyens supplémentaires…

A l’appel des syndicats et des collectifs de santé, ils étaient encore 200 à 300 à manifester ce jeudi dans le centre-ville de Tours. Blouses de travail sur le dos pour la plupart, ils font part de leur épuisement et leurs craintes face à une hausse attendue des admissions des malades du Covid-19 dans les prochaines semaines.

« Les conditions de travail sont tellement dégradées que les candidats choisissent d’autres façons d’intégrer les soins. Le personnel en place est tellement fatigué par la crise du printemps et déçu des annonces qu’il y a de plus en plus de personnes qui veulent partir » expliquait ce jeudi à Info Tours, Anita Garnier, du syndicat Sud Santé.

Chez les infirmières, Emilie notait que rien n’avait changé depuis le mois de mars et dénonce « l’imposture du Ségur de la Santé ». Revenant sur la prime de 183 euros perçue, cette dernière évoque des miettes pour tenter (inefficacement) de calmer la gronde.

Le hic, c’est que les revendications des soignants, ne changent finalement pas depuis des années : hausse des effectifs, augmentation des moyens généraux, du nombre de lits… Des revendications qui prennent néanmoins plus de sens en cette année de Covid qui a sérieusement usé le personnel. Selon Anita Garnier, la preuve serait un fort taux d’absentéisme atteignant actuellement 13% au CHU de Tours. « Actuellement il y a 25 postes d’aide-soignante qui n’ont pas trouvé preneur et 17 postes d’infirmières. Faute d’effectif on ferme certains lits dont 10 en réanimation médicale. Ça fait peur dans une période où on dit qu’on est en train de manquer de lits de réa et que c’est un critère qui peut faire basculer un territoire en zone d’alerte renforcée. »  Autre signe avancé, le nombre de départ toujours plus important nous dit-on d’employés de l’hôpital, sans être forcément remplacés.

Dans ces conditions, les soignants craignent particulièrement une deuxième vague massive. « On a pas eu de temps mort depuis le début d’année, avec un été où on a du gérer tout ce qui avait été reporté. Nous sommes tous à bout. »

Et Emilie, l’infirmière de conclure un peu cyniquement : « Au lieu de prendre des mesures comme le couvre-feu pour éviter de saturer les services de réanimation, on ferait mieux de donner des moyens à ces mêmes services. »

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