Ligne B du tramway : un sujet polémique et politique

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Le revirement de position du maire de Tours sur la deuxième ligne de tramway et sa volonté d’abandonner le tronçon ouest du projet n’a pas manqué de faire réagir. Victoire pour les uns, attachés à la préservation du mail du boulevard Heurteloup, renoncement et manque d’ambition pour les autres, le sujet n’a pas fini de faire parler…

Validé en 2018, remis en cause depuis, le projet de 2e ligne de tramway de l’agglomération tourangelle, n’en finit plus de faire du surplace. L’annonce du maire de Tours de vouloir renoncer au tronçon ouest, suite à la dernière étude racinaire sur les arbres du boulevard Béranger, semble acter la fin d’un projet qui depuis le départ avait suscité oppositions et polémiques. Si le syndicat des mobilités explique de son côté que des options existent pour préserver les arbres (lire notre article sur Info Tours à ce sujet), la faisabilité de ce tronçon semble en effet s’éloigner, d’autant que de nombreux élus métropolitains verraient d’un bon œil l’abandon d’un projet coûteux ne faisant pas l’unanimité si ce n’est sur la partie Verdun-Trousseau…

Un exemple de plus de la « douce torpeur tourangelle »

La ligne B du tramway risque de (du moins en partie) s’ajouter à la longue liste des projets tourangeaux annoncés et n’ayant jamais vu le jour. Arena, reconstruction des Halles de Tours, navette entre les gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps… les exemples de projets annoncés à grand renfort de communication mais peinant à voir le jour sont en effet nombreux ces dernières années, voire décennies en Touraine, certains devenant même avec le temps des « serpents de mer » revenant faire l’actualité de façon régulière sans avancer pour autant. Entre atermoiements, projets mal ficelés au départ, changements de majorités politiques remettant à plat (ou en cause) les projets validés précédemment, désaccords entre les différents interlocuteurs du mille-feuille administratif et politique… les raisons sont nombreuses, mais reste l’image d’un territoire qui peine à avancer et faire émerger des projets structurants. La ligne B du tramway en devient un exemple de plus… Balzac évoquait déjà au XIXe siècle, la « douce torpeur tourangelle », prompte à « convertir en rêves les projets ambitieux », deux siècles plus tard, difficile de lui donner tort…

Fritures sur la ligne Tours-La Riche

La question du tronçon ouest vient se mêler par ailleurs aux désaccords politiques au sein d’une métropole qui continue de fonctionner comme un outil au service des politiques municipales et non pas comme un ensemble structurant et global pour son territoire. Cette question des politiques municipales est au cœur des positions des deux maires concernés par le tronçon ouest.  

Dans les villes françaises, le tramway est à la fois vu comme un enjeu de transport, sa fonction première, mais aussi un outil de requalification urbanistique de l’espace public. Une opportunité, non seulement en termes de desserte des territoires mais aussi en termes de transformation de ces mêmes territoires, avec en ligne de mire, la création de nouvelles zones attractives permettant d’attirer selon les quartiers, des entreprises et commerces ou de nouvelles populations séduites par le cadre urbain rénové…

Depuis sa première élection à La Riche en 2014, Wilfried Schwartz a dans cette optique, fait du tramway son projet phare, s’appuyant dessus pour revoir l’urbanisme de sa commune, que ce soit sur la Zac du Plessis Botanique et ses 1200 logements en devenir, mais aussi dans le centre du côté de la rue du 11 novembre et celle de la Mairie où les acquisitions foncières ont déjà débuté, non sans polémiques.

Lors de la campagne municipale de 2020, Emmanuel Denis s’était lui aussi emparé du sujet pour promouvoir « la révolution des mobilités » qu’il appelait de ses vœux. Face à ses opposants, Christophe Bouchet et Benoist Pierre qui remettaient en cause ce tracé (ndlr : Alors maire, Christophe Bouchet l’avait dans un premier temps soutenu), le candidat et futur maire de Tours, voyait l’opportunité des travaux de la ligne B comme un excellent moyen de réduire la place de l’automobile à Tours, de créer un réseau de mobilités douces et de repenser l’urbanisme en faveur de ce qu’il appelait « une ville apaisée ».

Une fois élu, il continuait à défendre et promouvoir le projet, malgré des oppositions se faisant de plus en plus fortes à la fois sur la question du boulevard Béranger mais aussi sur celle de la place Jean Jaurès reconfigurée, comme le maire de Tours l’imaginait toujours dans son esprit d’une ville plus apaisée. En abandonnant le tronçon ouest, il s’évite au-delà des risques sur les platanes du boulevard, de profondes oppositions citoyennes et politiques mais aussi de longs moments de polémiques qui auraient, sans aucun doute, perturbé le reste du mandat…

Reste la question des relations entre les deux élus, en froid depuis l’été dernier et la démission de Wilfried Schwartz de la présidence de Tours Métropole. Ce dernier avait alors ouvertement accusé le maire de Tours, Emmanuel Denis, d’avoir cherché à l’affaiblir et avait face à la candidature de ce dernier pour lui succéder, fait le choix de rallier celle du maire de droite de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis, finalement élu. Depuis, les relations sont fraiches entre les deux hommes, en témoigne le post publié par Wilfried Schwartz ce week-end sur les réseaux sociaux (ci-dessus), se moquant, non sans cynisme, du revirement d’Emmanuel Denis… Les débats au prochain conseil métropolitain du 28 février, s’annoncent agités…

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