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Les catastrophes patrimoniales à Tours

L'entrée de ville avant 1940 - actuelle Place Anatole France - dr

L’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris lundi soir, a ému beaucoup de monde, en France, dans le monde et en Touraine également. Des réactions à la hauteur du symbole que constitue l’édifice parisien, un pan de l’histoire de France, de sa tradition catholique toujours présente, mais aussi un symbole de son patrimoine. Ce patrimoine avec lequel les Français, dans leur majorité, entretiennent un lien particulier et une certaine fierté à tous les niveaux. Pas étonnant dès lors de voir qu’à chaque catastrophe patrimoniale, incident, incendie, destruction… une vague d’émotions prendre le dessus et puis dans les années et les décennies qui suivent, les souvenirs ressurgir au rythme des anniversaires de ces événements entrés dans la petite ou la grande histoire. C’est le cas quand l’événement touche le pays tout entier, voire plus, comme pour Notre-Dame de Paris, mais c’est également le cas à des échelles plus modestes, quand des patrimoines locaux disparaissent. A Tours, certains événements sont ainsi entrés également dans la mémoire collective et dans l’histoire de la ville. Petite revue, des disparitions patrimoniales qui ont marqué localement.

1978 : l’effondrement du pont Wilson

C’est certainement l’un des événements contemporains les plus marquants de la ville. Le dimanche 09 avril 1978 le pont Wilson s’effondre à Tours. Un incident majeur qui marqua durablement la ville. Outre l’aspect symbolique de voir « le vieux pont » disparaître, l’effondrement entraîne également de nombreuses difficultés : circulation, approvisionnement en eau puisque les canalisations alimentant la rive sud de la ville passaient par le tapis du pont. 100 000 habitants de la rive gauche du fleuve se sont retrouvés ainsi privés d’eau, mais aussi difficultés au niveau électricité et lignes téléphoniques, là-encore les câbles étant logés dans le tapis du pont.

Il faudra plus de 4 ans pour que Tours retrouve son pont Wilson. Après consultation publique, ce dernier est consolidé et la partie effondrée, reconstruite à l’identique. Les travaux achevés, le pont Wilson est inauguré le 18 septembre 1982. A noter que ce n’est pas la première fois que le pont Wilson est reconstruit. Au cours de son histoire, le pont de Pierre, comme certains l’appellent encore a connu plusieurs catastrophes, l’effondrement de quatre arches nord en 1789 ou encore le dynamitage par l’armée française en 1940 puis par l’armée allemande en 1944.

(c) Pascal Bourdieu

Relire également : Effondrement du Pont Wilson à Tours : un photographe raconte

Les destructions liées à la Seconde Guerre Mondiale

La Seconde Guerre Mondiale fut cause de beaucoup de destructions à Tours. En 1940, les tirs d’obus de l’armée allemande ont notamment conduit à un violent incendie dans le centre-ville avec à la clé beaucoup de destructions. Parmi les plus symboliques, il y a celle de la bibliothèque municipale, alors située sur les bords de Loire. Ancien Hôtel de Ville, le bâtiment fait alors partie de l’entrée monumentale de la ville avec son bâtiment voisin qui abrite le musée d’Histoire Naturelle. Ils seront entièrement détruits dans l’incendie et les pertes inestimables. Un événement qui a marqué les générations suivantes et encore aujourd’hui, puisque le projet « Porte de Loire » de la ville, a pour objectif de redonner à Tours une entrée monumentale au nord de la rue Nationale.

 

L’entrée de ville avant 1940 – actuelle Place Anatole France – dr

Pour plus de détails sur cet événement, lire ce document complet de l’Académie de Touraine.

Si la bibliothèque municipale ne sera pas reconstruite sur son emplacement ni à l’identique, en revanche ce fut le cas pour d’autres destructions de la Seconde Guerre Mondiale, à l’instar de l’Hôtel Gouin.

1928 : l’effondrement de la tour Charlemagne

Vestige de l’ancienne basilique Saint-Martin, aujourd’hui monument historique majeur de la ville, la tour Charlemagne a également failli disparaître du paysage tourangeau suite à son effondrement partiel en 1928. Elle ne sera restaurée qu’au début des années 60.

 

Une histoire que nous vous racontions ici.

La Collégiale Saint-Martin n’a pas survécu à la Révolution

Tours a été une ville de pèlerinage majeur au Moyen-Age, avec le culte lié à Saint-Martin, l’apôtre des Gaules. Ce culte s’est notamment matérialisé avec la construction d’une basilique imposante : la collégiale Saint-Martin, dont il reste aujourd’hui les tours Charlemagne et de l’Horloge. Celle-ci, en mauvais état s’effondrera partiellement en 1797 et la municipalité décidera de la raser pour raisons de sécurité en 1802. A son emplacement sera percée l’actuelle rue des Halles. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu’une nouvelle basilique, de taille plus modeste, soit construite par Victor Laloux, perpendiculairement à celle originelle.

L’église de Saint-Martin-le-Beau ravagée par un incendie en 2015

Plus près de nous et à quelques dizaines de kilomètres de Tours, c’est l’incendie de l’église de Saint-Martin-le-Beau qui a suscité de l’émotion. Cet incendie lié à des feux volontaires aux abords du bâtiment, s’est déclaré dans la nuit du 17 avril 2015 et a ravagé l’église du XIe siècle. Outre les assurances, 40 000 euros de dons ont été récoltés pour sa reconstruction qui est pilotée par Philippe Villeneuve, l’architecte en chef des monuments historiques, qui avait également en charge depuis deux ans de la rénovation de Notre-Dame de Paris.

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