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US Tours : l’année du renouveau

Après une année 2015-2016 gâchée par des problèmes financiers qui ont conduit à la relégation administrative de l’équipe première en fédérale 3, l’US Tours a connue une intersaison animée avec de profonds bouleversements dans sa gouvernance. Entretien avec Benoît Sebillet, le nouveau président du club.

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Un nouveau président loin d’être un inconnu dans le milieu du rugby

Ancien joueur de l’US Tours, et ancien (récent) président du regroupement de jeunes Touraine Plus, Benoît Sebillet n’est pas un inconnu dans le milieu du rugby, ni dans le club tourangeau. « Cela fait très longtemps que je suis à l’US Tours » déclare-t-il, « je me suis présenté pour répondre à une demande des joueurs qui avaient décidé de mettre un ultimatum au club parce que la situation n’allait pas. Ils ont sollicité un changement de gouvernance. Suite à cela on s’est réuni à plusieurs et on a décidé de se présenter pour apporter du changement ». C’est le comité directeur qui a finalement acté ce changement en élisant Benoît Sebillet comme président début juillet.

Les finances

Nerf de la guerre, le budget du club dépasse cette année les 400 000 euros. Un chiffre à mettre en parallèle avec les dettes héritées par la nouvelle direction. Avec encore près de 300 000€ à rembourser, les finances du club sont en effet compliquées. Pour autant Benoît Sebillet entend rassurer : «  Notre volonté est évidemment de tout payer. Pour cela nous négocions des échéances avec nos créanciers ». Et le président d’ajouter : « Il n’a jamais été question d’évoquer un éventuel dépôt de bilan qui amènerait un changement de nom de l’US Tours rugby. Le club a 118 ans, c’est le quatrième plus ancien en France après Le Havre, le Stade Français et le Racing et nous comptons bien fêter ses 120 ans dans deux ans avec les trois autres clubs que j’ai cité ».

Un projet club autour de trois axes

Pas évident cependant d’arriver à la tête d’un club historique comme l’US Tours dans cette situation : « Je savais que la tâche allait être importante et elle est en effet très importante » analyse Benoît Sebillet. Et après un été passé à prendre en main les principaux dossiers, la première rentrée de son mandat s’annonce déjà importante avec la mise en place du projet club pour lequel il a été élu. Un projet qui s’articule autour de trois axes nous explique-t-on : la formation, les seniors et les partenariats.

La formation comme base solide

« On mise beaucoup sur la jeunesse » annonce Benoît Sebillet qui vient de renouveler la convention du club avec le regroupement Touraine Plus. « Nous avons des équipes dans les six classes d’âge différentes avec une trentaine d’encadrants, nous voulons insuffler une bonne dynamique sur la formation ». Pour le nouveau président de l’US Tours, « la formation représente les fondations sur lesquels le club doit s’appuyer que ce soit chez les jeunes ou l’équipe réserve ».

Et pour parier sur l’avenir, le club va faire des détections dans les écoles, mais aussi faire des échanges avec des clubs hors rugby. « Nous organisons des stages pendant les vacances scolaires qui sont axés rugby mais avec une activité multisports », autant d’activités qui doivent permettre de toucher les jeunes.

Les objectifs sportifs 

« Le club est descendu financièrement en Fédérale 3 alors que les joueurs avaient eu un comportement exemplaire sur le terrain avec une qualification pour les phases finales de Fédérale 2. La conséquence est la perte d’un certain nombre de joueurs qui ont pu être remplacés par des jeunes » rappelle en préambule le nouveau président qui a donc construit avec les dirigeants et entraîneurs, une équipe première rajeunie faisant la part belle aux jeunes talents régionaux. Et si le premier match de la saison dimanche dernier à Tonnelé fut une franche réussite avec une écrasante victoire 96 à 7 contre Lanester, Benoît Sebillet entend garder les pieds sur terre : « Les objectifs fixés sont la qualification pour la phase finale et essayer d’aller le plus loin possible ensuite. Je n’ai aucune inquiétude concernant le terrain, je sais qu’ils en ont les moyens. Parler de montée en Fédérale 2 dès cette année est en revanche prématuré parce que nous risquons d’être bloqués par la DNACG (Direction Nationale d’aide et de contrôle de gestion). Il est plus raisonnable de fixer cet objectif dans un délai de 2 ans ».

Les partenariats

Avec une baisse des subventions publiques, l’US Tours doit trouver de quoi tenir son budget ailleurs. Cet ailleurs, ce sont les différents partenaires. Un axe que la nouvelle équipe dirigeante entend développer : « Les clubs sportifs devront à l’avenir se passer de plus en plus des partenaires institutionnels et à l’inverse aller chercher de plus en plus les partenaires privés et plus ces derniers seront nombreux plus il sera aisé de s’en sortir ».

Des partenaires que l’US Tours entend séduire avec la nouvelle image que le club veut véhiculer. Une image de convivialité et de partage. « Nous voulons faire découvrir et remplir Tonnelé , montrer une belle image du club à l’extérieur ».

Une nouvelle stratégie communication

Depuis la rentrée, entre les multiples articles dans la presse, la journée orange et bleu « portes ouvertes » au stade, les invitations pour le lancement de la saison… ce n’est pas peu dire que l’US Tours soigne sa communication. Souhaitant tourner la page d’une communication de crise qui avait prévalue l’an passé, engendrant une détérioration de l’image du club, le nouveau président de l’US Tours s’est entouré d’une personne pour gérer la communication du club. Un nouveau poste confié à Fred Lemare (qui officie également par ailleurs à la communication du Howard Hinton Sevens) qui n’existait pas précédemment. A ce dernier de rendre visible l’US Tours dans les pages des médias et de le faire sortir des simples rubriques résultats et polémiques. « La communication est primordiale pour un club » avance ainsi Benoît Sebillet, qui a bien compris que l’opération séduction entamée passe forcément par là.

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