Budget à Tours : la réduction de la dette comme première priorité

Il est bientôt 23 heures hier soir quand le maire Serge Babary clôt le conseil municipal de Tours. Un conseil municipal entamé à 14h30, plus de 8 heures avant. Un long conseil donc, avec comme gros morceau, le budget primitif de 2017 qui alimenta pendant plus de trois heures les débats.

IMG_3923(c) Mathieu Giua pour 37°

Comprendre un budget municipal

Avant de poursuivre sur les chiffres clés du budget présenté hier par la nouvelle adjointe aux finances, Hélène Millot, petit récapitulatif sur le fonctionnement d’un budget municipal :

Un budget municipal est voté pour une année civile. Les collectivités ont jusqu’au 15 avril pour voter leur budget primitif. Ce budget primitif est prévisionnel et est validé l’année d’après, par le compte administratif, c’est à dire le bilan financier de l’exercice écoulé.

Chaque budget municipal comporte deux sections distinctes : le fonctionnement et l’investissement, elles-mêmes composées de deux parties : dépenses et recettes.

La section de fonctionnement regroupe l’ensemble des dépenses et des recettes nécessaires au fonctionnement courant et récurrent des services communaux. On y retrouve :

  • les dépenses nécessaires au fonctionnement de la collectivité : les salaires du personnel municipal, l’entretien et la consommation des bâtiments communaux, les achats de matières premières et de fournitures, les prestations de services effectuées, les subventions versées aux associations et les intérêts des emprunts à payer.

  • les recettes perçues par la collectivité comme les impôts et taxes, les dotations de l’Etat, les recettes des usagers (restauration scolaire, animations périscolaires, animations sportives, occupation du domaine public,…).

Quand les recettes sont supérieures aux dépenses dans la section de fonctionnement, la municipalité dégage de l’autofinancement qui entre dans les recettes de la section investissement.

La section d’investissement regroupe :

  • les dépenses d’équipement de la collectivité (voirie, éclairage public, bâtiments et patrimoine, informatique, foncier,…), les investissements à moyen et long terme, le remboursement du capital de la dette…

  • les recettes comme les dotations et subventions, l’autofinancement…

IMG_3918Hélène Millot, nouvelle adjointe aux finances présentait hier son premier budget au Conseil Municipal (c) Mathieu Giua pour 37°

Le budget 2017 de la ville de Tours

Politique de bon gestionnaire pour la majorité, manque d’ambitions pour l’opposition, les remarques autour de ce budget ressemblent en effet peu ou prou à celles de l’an passé dans les rangs de l’assemblée municipale. Et si chacun a pu intervenir hier (avec un nombre d’interventions record), nous vous passerons le détail afin de nous attarder sur les chiffres clés de ce budget 2017. UN budget, reflet fidèle de la politique menée par l’équipe de Serge Babary depuis son arrivée au pouvoir en 2014 avec des constantes avec l’élaboration des budgets précédents.

  • Le désendettement comme action principale 

Ainsi, comme lors des deux années précédentes, c’est avant tout le désendettement de la ville qui est mis en avant par la majorité dans ce budget 2017. Pour le maire de Tours : « La situation financière s’assainit ». Parmi les arguments du maire de Tours et de sa majorité, la baisse de l’encours de la dette, d’un montant de 224 millions d’euros fin 2016, soit 1625 euros par habitants, contre 231 millions en 2014 (1725 euros par habitant). Un encours de la dette qui dans les prévisions devrait tomber à 219 millions d’euros fin 2017, soit 1590 euros par habitant. Une baisse qui renforce la capacité de désendettement de la ville. Celle-ci tombant à 12,67 années (13,19 années en 2016, 15,38 années en 2015 et 18,02 années en 2014), pour un seuil critique communément acté à 15 années.

  • Un budget de fonctionnement en baisse

Conséquence logique des transferts de compétences à Tours Métropole, le budget de fonctionnement de la ville de Tours est en baisse de l’ordre de 10%. Les recettes de fonctionnement s’élèvent ainsi dans le budget 2017 à plus de 182 millions d’euros, avec 60 % de ce montant provenant des taxes et impôts qui n’augmentent pas cette année (si ce n’est la hausse systématique des bases nationales à +0,4%). En face, la ligne des dépenses de fonctionnement est également en baisse (avec notamment le transfert de personnel à Tours Plus, soit un montant de 4 millions d’euros) et s’élève à 164 millions, ce qui permet à la ville de Tours d’obtenir un autofinancement de l’ordre de 17 millions d’euros (contre 14,86 en 2016). Et comme elle remboursera dans le même temps environ 13 millions d’euros de capital de la dette, le budget 2017 table sur une épargne nette de 4,62 millions d’euros.

  • Des investissements qui restent faibles

Du côté de l’investissement, ce sont 27 millions d’euros qui seront dépensés cette année. Un chiffre plutôt faible que le maire de Tours justifie par ceux réalisés en parallèle par Tours Plus (Métropole), sur le territoire de la commune. « Au total, ce sont 46,3 millions d’euros qui seront investis sur la commune ». Insuffisant néanmoins pour l’opposition à commencer par Nicolas Gautreau (PS) : «L’inquiétude pour moi dans ce budget de transition, avec les transferts de compétences à la métropole, c’est l’investissement. Nous réalisions certaines années près de 100 millions d’investissements par an, alors que vous en êtes à peine à 50 ». Des propos que Serge Babary n’a guère apprécié rétorquant au passage : « On sera aux 100 millions quand on lancera des projets comme l’Arena ». Avant cela, les principales dépenses cette année seront à trouver vers le haut de la rue Nationale (1,5 million d’euros en 2017), la patinoire (570 000 euros pour sa réfection), le Palais des Sports (280 000 euros pour la pose d’un nouveau sol), mais aussi du côté de la crèche Leccia reconstruite intégralement, le désamiantage des bâtiments publics, la mise aux normes d’accessibilité de certains bâtiments comme l’Hôtel de Ville ou encore la modernisation des horodateurs pour une somme de 930 000 euros, ce qui fit réagir Emmanuel Denis. L’élu écologiste s’alarmant alors de cette somme eu égard au montant que cela représente sur la politique environnementale.

Voir également : « Les 12 travaux » de Serge Babary

  • Des subventions aux associations stables

Enfin, sujet toujours regardé de près, les subventions aux associations, en baisse de 3 millions d’euros ces deux dernières années, resteront stables par rapport à l’an passé (+ 35 000 euros de versés), à hauteur de 18 millions d’euros.

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