Ils sont bruyants, festifs, ironiques et habillés de noir. À Tours, un groupe de jeunes supporters a décidé de secouer un peu l’ambiance de la salle Grenon, qui il faut bien le reconnaitre s’est assagie de manière générale ces dernières années. Leur nom ? Les Ultras Maigres. Leur mission ? Mettre un peu de joyeux bordel les soirs de matchs du TVB.
Un soir de match du Tours Volleyball, il suffit de tendre l’oreille. Dans un angle de la salle, un noyau dur chante sans discontinuer. Pas seulement sur les temps forts, pas uniquement quand le score le permet. Non : du premier au dernier point. Ici, on encourage, on chambre, on vit le match sans retenue. À l’origine du mouvement, des jeunes issus du centre de formation du TVB. Des gars qui aiment le volley, mais aussi l’ambiance des stades. Nantes, Paris, ailleurs. Là où le supportérisme ne se contente pas d’applaudir. Alors ils ont importé les codes ultras : Chants, présence visuelle, match passé debout de A à Z…
L’idée est simple : ramener la jeunesse dans la salle et créer un noyau capable d’entraîner le reste du public. Leur cible : les étudiants, avec des campagnes de com auprès des BDE et autres assos étudiantes, et plus généralement ceux qui ont de l’énergie à revendre. Pour attirer ces étudiants, ils ont vu et négocié avec le club des tarifs spéciaux avec des places à 5 euros. Bilan : en à peine un an, ils ont donné un coup de jeune à leur partie des tribunes avec déjà une quarantaine de membres. Et peu importe que certains supporters historiques regardent ça de loin, voire parfois avec méfiance, le groupe revendique sa liberté de supporter, de porter ses couleurs, de faire évoluer les mentalités.
L’ultra… mais en version autodérision
Le nom est un manifeste à lui seul. Les Ultra Maigres. Un pied de nez à l’imaginaire collectif de l’ultra. « Au départ certains nous regardaient un peu bizarrement à cause des clichés, mais rapidement ils ont vu qu’on était là pour chanter et s’amuser» explique Gilani, un des capos du groupe (comprendre lanceur de chants). Ici, on assume le contre-pied avec beaucoup d’autodérision. Sur les réseaux sociaux, on convoque François Damiens ou Eddie le Quartier au centre du logo du groupe ultras.
La surprise, elle vient aussi d’en haut. En mars 2025, alors que le groupe débarque sans prévenir, ni annonce de création, ni information auprès des dirigeants du TVB, le club juge l’opportunité bonne de voir des jeunes réveiller un peu Grenon et décident d’accompagner le projet en leur réservant un virage au niveau de la porte 1 et en leur apportant un soutien logistique si besoin.
Une histoire qui résonne avec le passé
Vingt ans plus tôt, un autre groupe ultra avait déjà vu le jour dans cette même salle : Les Fanatics. Pendant 5 ans, une bande d’étudiants là-aussi (dont l’auteur de cet article) avaient animé les tribunes les soirs de matchs du TVB en reprenant aussi les codes ultras avec des revendications semblables : liberté de mouvement, droit d’exister en tribune, refus du supportérisme tiède. Les membres actuels ne l’ont pas connu, trop jeunes, mais connaissent l’histoire, par l’intermédiaire d’un de leur coach, David, qui avait fait partie de l’aventure Fanatics. Un clin d’œil qui inscrit les Ultras Maigres dans une sorte de continuité presque involontaire. A eux d’écrire leur avenir désormais et de continuer à chauffer les tribunes de la vieille salle Grenon.











