« Aucune agglomération n’a une intervention de cette nature » : l’A10 et l’A85 préparent 10 chantiers simultanés

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Ces dernières années on ne peut pas dire que les autoroutes de Touraine ont manqué d’améliorations : l’élargissement de l’A10 entre Chambray et Veigné a été prolongé jusqu’à Ste-Maure. De l’enrobé phonique a été posé dans la traversée de Tours pour réduire le bruit. Un échangeur a été créé à Druye pour Primagaz. Et en ce moment on construit de nouveaux accès sur l’A85 afin de rapprocher Tours du Nord-Ouest du département. Mais d’ici 6 ans, c’est un sacré big-bang qui est envisagé pour les deux principales autoroutes d’Indre-et-Loire. 10 concertations publiques simultanées démarrent le 2 novembre.

Alors que le chantier de la 2e ligne de tram est estimé à 500 millions d’€, ce sont 105 millions d’€ qui doivent être investis d’ici 2032 pour moderniser les autoroutes A10 et A85 dans l’agglomération de Tours. Soit environ 20% des sommes consacrées à la ligne B, à ceci près que ce budget est assumé à 75% par le privé, en l’occurrence le concessionnaire Vinci Autoroutes (la Métropole apporté les 27,5 millions d’€ restants).

Ce montage est possible grâce aux engagements que Vinci prend auprès de l’Etat pour financer différents projets autour des infrastructures dont il a la charge. Mais il a failli ne pas voir le jour, les documents officiels ayant été signés dans les tous derniers instants « sinon l’argent partait ailleurs. » « Je vous remercie Mr le préfet de vous être mobilisé un 31 décembre » a glissé le président de Tours Métropole Frédéric Augis ce mardi 6 octobre pour remercier le représentant de l’Etat d’avoir été au bout de l’engagement pour envisager une réalisation rapide des ambitions de l’agglomération.

Le plan retenu porte le nom d’« Autoroute Bas Carbone », affichant donc une ambition de réduire l’impact environnemental des axes routiers les plus fréquentés du département. Rien que l’A10 c’est 75 000 véhicules quotidiens dans la traversée de Tours… Avec 86% de voitures où il n’y a qu’une seule personne à bord. Pas terrible pour la facture environnementale mais « l’autoroute peut être vertueuse. On peut en faire un atout pour le territoire » assurent les partenaires du projet.

Comment ? En prévoyant pas moins de 10 chantiers à réaliser entre 2028 et 2032.

– 6 pôles d’échanges multimodaux à Parçay-Meslay, Tours-Centre, Chambray-lès-Tours, Esvres, Veigné et Sorigny

– 2 nouveaux échangeurs à Tours-Rochepinard sur l’A10 et Joué-lès-Tours sur l’A85

– Un plan d’isolation phonique pour les riverains de l’A10 entre la Loire et le Cher

– La construction de 3 passerelles piétons-vélos au-dessus de l’A10 entre Tours et St-Pierre-des-Corps

Vinci Autoroute consacrera 38 millions d’€ aux deux échangeurs et 35 millions d’€ aux pôles d’échanges multimodaux. 32 millions d’€ sont prévus pour les passerelles avec 50% de l’enveloppe apportés par Tours Métropole. Le reste ira à l’isolation phonique comprenant de nouveaux murs antibruit (avec panneaux solaires pour produire de l’énergie) et le financement de rénovations pour les riverains immédiats de l’autoroute (environ 500 logements qui bénéficieront par exemple de nouvelles fenêtres, même si les émissions sonores sont en-dessous des normes).

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Rendre l’autoroute plus acceptable, quitte à aller au-delà des attentes légales, c’est justement ce que veulent mettre en avant les partenaires du plan Autoroute Bas Carbone de l’agglomération tourangelle. Ne plus faire de l’A10 et de l’A85 des verrues, mais des atouts pour rendre les déplacements moins polluants. Dit comme ça, ça fait un peu prétentieux ou novlangue. Disons qu’on attend de voir pour le croire. Les ambitions sont tout de même transpartisanes (entre le président de droite de la Métropole et l’adjoint au maire écologiste de Tours Philippe Geiger).

Surtout, selon le directeur général de Tours Métropole chargé des infrastructures Franck Charnassé « aucune autre agglomération de France ne bénéficie d’une intervention complète de cette nature ». Si le développement du train via le projet de RER métropolitain se déploie dans le même calendrier, + la 2e ligne de tram, l’évolution du réseau de bus Fil Bleu et l’extension des pistes cyclables, il peut en effet y avoir d’ici 5 ans une combinaison de nouveaux outils qui transformeront substantiellement l’offre de déplacements dans l’agglomération.

Les habitants les jugeront-ils pratiques au point de changer leurs habitudes ? Ce sera tout l’enjeu. Plusieurs atouts sont avancés, comme l’accès repensé de la gare TGV de St-Pierre-des-Corps par le sud pour s’éviter le centre-ville, et par exemple la création d’une liaison en car depuis Sorigny en 20 minutes sans avoir besoin de chercher une place de parking. Les stationnements prévus aux abords des sorties d’autoroute seront gratuits ou sur le format des parkings relais de Fil Bleu. Les passerelles pourraient raccourcir les temps de trajet entre Tours et St-Pierre-des-Corps (à défaut de navette ferroviaire). Même l’option de navettes autonomes n’est pas exclue pour faciliter certaines liaisons (une entreprise corpopétrussienne en conçoit, a rappelé Frédéric Augis).

« Nous voulons faciliter les déplacements, encourager les mobilités partagées et développer les transports collectifs et actifs » plaident les porteurs du plan Autoroute Bas Carbone de Tours en évoquant par exemple les arrêts de car directement sur l’autoroute comme ceux qui existent en région parisienne. Mais pour l’instant on en est encore qu’au stade des ébauches.

Combien de places de parkings aux entrées d’autoroute ? Quelle fréquence pour les cars Rémi sur ces nouvelles lignes ? Où placer les passerelles Tours / Saint-Pierre ? Quels logements bénéficieront précisément de travaux phoniques ? Comment repenser le quartier de Rochepinard avec un nouvel échangeur ? Beaucoup de questions cruciales demeurent pour la réussite et l’appropriation des chantiers.

« On n’a pas encore les projets » reconnaissent d’ailleurs publiquement les concepteurs de ce programme alors que les premiers coups de pelle sont espérés dans deux ans et que « on n’envisage pas de ne pas tenir nos dates de livraison » dixit Eric Sauner de Vinci Autoroutes. Pour préciser les plans, 10 concertations publiques vont donc être lancées en simultané du 2 novembre au 15 décembre, « pour enrichir les dossiers », définir les attentes réelles et prendre en compte les observations du terrain.

Pour vous exprimer, ce sera possible via Internet (les sites de Tours Métropole ou de Vinci) et dans les mairies concernées (Tours, Joué, Chambray, SPDC, Parçay-Meslay, Sorigny…). Des permanences sont également prévues.

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