Tours Métropole : un dernier conseil aux airs de campagne électorale

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Depuis 2023 et le retour d’une certaine concorde entre Frédéric Augis, président de l’institution et la majorité de la ville de Tours alors de retour dans l’exécutif intercommunal, les conseils métropolitains avaient retrouvé une ambiance assez consensuelle. Certes il y a bien eu des débats parfois plus agités que d’autres, mais au final les conseils métropolitains étaient majoritairement policés, les critiques émises par certains étant souvent renvoyées à plus tard, en commissions ou en bureau exécutif, là où les débats et discussions se passent à l’abri des regards extérieurs.

Un mandat loin d’être tranquille

C’est un peu le propre du fonctionnement de Tours Métropole et anciennement Tour(s) Plus. Un fonctionnement au consensus, en dehors des affichages politiques, souhaité à l’origine par les élus ayant créé l’intercommunalité, Jean Germain et Philippe Briand en tête. Cela a fonctionné sans anicroche jusqu’en 2020. A partir de la dernière élection municipale et à la faveur d’une recomposition légale de l’exécutif amenant plus d’élus de la ville de Tours, conjuguée à l’arrivée d’une majorité Nupes avant l’heure à Tours, des frictions avaient néanmoins éclatées. Le tout renforcé par une intercommunalité qui s’est mise à tanguer avec les affaires qui se faisaient jour autour : de la condamnation de Philippe Briand dans l’affaire du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy à celle de Wilfried Schwartz président de Tours Métropole entre 2020 et 2021 puis condamné pour avoir giflé son directeur de cabinet…

Cette dernière affaire sera d’ailleurs à l’origine de la crise politique faisant suite à l’élection de Frédéric Augis à la présidence de Tours Métropole en 2021. La gauche tourangelle, rejoint par une partie des élus de gauche des villes voisines jugeant que le nombre de places qui lui étaient accordées dans l’exécutif était insuffisant, rejoignant dès lors les rangs de l’opposition. Pour la première fois un groupe d’opposition se montait ainsi au sein de l’intercommunalité. Il aura fallu deux ans à Frédéric Augis, pour trouver un arrangement et faire revenir la ville centre dans l’exécutif métropolitain. Ce dernier et sa majorité de retour dans l’exécutif et à des postes de vice-présidents, Tours Métropole a pu repartir sur un fonctionnement de consensus, que certains déplorent pourtant en coulisses. Mais c’est cela aussi la politique, savoir accepter une situation du moins pire, et à ce jeu-là, Frédéric Augis, malgré sa réputation de tempérament parfois impétueux, a su depuis maintenir le bateau à flot, portant à chaque fois une parole d’équilibre et de conciliation.

Un dernier conseil métropolitain en pleine campagne électorale

Ce fut encore le cas de mardi 16 février 2026, date du dernier conseil métropolitain du mandat. Pourtant à moins d’un mois du premier tour des prochaines élections municipales, il était assuré que la campagne allait s’inviter dans les débats et ce fut le cas. Comme régulièrement, c’est du côté de la ville de Tours que les échanges ont été fournis entre actuels élus d’opposition de la ville, par ailleurs en campagne et membres de la majorité d’Emmanuel Denis, eux aussi sur le terrain pour se faire réélire.

Parmi les allumeurs de mèche, on retrouvait Thibault Coulon, porte-voix du groupe politique constituait autour de Christophe Bouchet. Pourtant, en tant que vice-président en charge des affaires économiques, Thibault Coulon avait jusqu’à présent fait attention de ne pas entrer dans des considérations politiciennes au sein de la Métropole.

Le sujet abordé est loin d’être anodin : la question de la CFE, impôt payé par les entreprises sur le territoire, que Tours Métropole avait augmenté en 2023. Depuis, celui-ci a augmenté, doublé dans certains cas, triplé même dans d’autres, entrainant un mécontentement des chefs d’entreprise. Bien qu’il l’ait voté à l’époque, Thibault Coulon, reconnaissant une erreur, a souhaité porter un amendement pour revenir sur l’augmentation de 2023. Si la grande majorité de l’assemblée métropolitaine reconnaissait l’importance du sujet, le timing choisi a fait réagir.

« Je ne sais pas si tu t’exprime au titre de vice-président ou de candidat » a ainsi réagi Patrick Lefrançois, maire de Notre-Dame-d’Oé, tandis que Frédéric Miniou adjoint aux finances de la ville de Tours regrettait que cet amendement soit proposé «  à un mois des Municipales et non pas il y a un an ».

Pendant près d’une heure et demie, les débats ont ainsi tourné à une sorte de passe d’arme mouchetée entre les différents protagonistes.  Et bien que des élus des villes voisines comme le maire de Ballan-Miré, Thierry Chailloux, celui de Saint-Avertin Laurent Raymond ou encore celle de Villandry, Maria Lépine, apportaient rapidement leur avis au débat, celui-ci a tourné essentiellement à des échanges entre élus et candidats de la ville de Tours : De Benoist Pierre (candidat divers centre) à Jean-Patrick Gille ou Alice Wanneroy (sur la liste d’Emmanuel Denis), en passant par Christophe Bouchet ou Marion Cabanne (tous deux sur la liste Tours pour Tous)…

Une situation qui aurait pu achever ce mandat métropolitain par une mauvaise note, mais Frédéric Augis aura finalement réussi à mettre tout le monde d’accord, ou plutôt réussi à repousser la question au prochain mandat en proposant finalement un vœu à la place de l’amendement initial. Un vœu qui propose de fixer les nouvelles bases de la CFE d’ici le 1er octobre 2026. En clair de renvoyer la question aux élus qui formeront le prochain conseil métropolitain, issu des élections municipales de mars…  

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