« Ne pas être pessimiste quand il ne faut pas » : un budget 2026 plus serein au Conseil Départemental d’Indre-et-Loire

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Ce vendredi 27 mars le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire étudie et vote son budget pour l’année 2026 dans un contexte moins alarmiste qu’en 2025, mais pas sans inquiétudes. La présidente de la collectivité Nadège Arnault a fait le point sur les préparatifs.

Elle ne porte plus le pin’s fabriqué pour alerter sur les difficultés de son institution mais « il n’est pas loin » confie Nadège Arnault. Si elle apparait moins préoccupée qu’en 2025, la présidente du Conseil Départemental d’Indre-et-Loire ne cache pas que son budget « reste toujours aussi difficile à construire équilibrer » et que les prévisions d’aujourd’hui devront sans doute être rectifiées dans le courant de l’année en raison de paramètres variables sur lesquels elle n’a pas la main, ce qui n’est pas pour la rassurer.

Au chapitre des « bouffées d’air » il y a tout de même le versement de 7,9 millions d’€ par l’Etat au titre du fonds de sauvegarde et la garantie de ne pas avoir à participer, cette année, au fonds de réduction du déficit public (soit 2,2 millions d’€ en moins à verser). « Cela permet de maîtriser notre budget de fonctionnement » se félicite Nadège Arnault qui sait que tout cela n’est pas acquis de manière définitive. Elle n’exclut donc pas de faire de nouveau retenir les sirènes en 2027 si ces largesses viennent à disparaître mais en attendant, « je ne vais être pessimiste quand il ne faut pas l’être ».

Du coup, le département d’Indre-et-Loire continue de tailler dans les dépenses. Ou de les maîtriser, dirait-on avec le vocabulaire administratif. Ce sera -4 millions d’€ en 2026. Mais pas tellement des choses en moins, assure l’élue. Plutôt des lignes de crédits réduites car les budgets précédents n’avaient pas été utilisés en totalité. Un appel à la sobriété, en somme. « On ne diminue pas le besoin » assure Nadège Arnault qui répète son mantra : « Depuis 2023 on dit ce qu’on fait, pourquoi on le fait et comment on le fait. »

Ainsi, sur le sujet du Revenu de Solidarité Active, la présidente du Conseil Départemental a adouci sa menace de ne pas financer l’augmentation de l’allocation. Elle a simplement décalé le versement de l’argent réclamé par la CAF en débloquant les fonds sur le mois de janvier 2026 plutôt qu’en 2025. On parle tout de même de 4,5 millions d’€. Une manipulation comptable qui fait que cela n’apparaît pas dans le compte administratif 2025. Aller plus loin et ne pas verser du tout, comme l’ont tenté d’autres départements serait plus cavalier en raison de fortes pénalités encourues. Nadège Arnault refuse de prendre le risque.

En 2026, l’institution risque tout de même de réitérer sa mauvaise volonté pour abonder la CAF dans les temps car son budget alloué au RSA va poursuivre sa progresser : 600 allocataires de plus l’an dernier, et cela ne ralentit pas. Au total plus de 15 000 personnes vivent avec cette aide publique en Indre-et-Loire. « Sans les dépenses sociales, notre budget de fonctionnement baisserait de 0,2% mais au final il augmente d’1,6% » pointe Nadège Arnault.

Ce budget de fonctionnement il est de 752 millions d’€ et à cela s’ajoute le poste des investissements : 65 millions d’€. Enveloppe prudente, « dans la moyenne des trois dernières années » pointe la présidente du Conseil Départemental avec par exemple 11 millions pour les collèges (incluant le début de la reconstruction du collège d’Esvres), 9,8 millions d’€ pour les routes (dont une phase de travaux pour passer la D943 à 2×2 voies près de Loches) ou encore 7 millions d’€ pour la valorisation du patrimoine (des rénovations urgentes sont annoncées sur les remparts de la Forteresse Royale de Chinon et du Logis Royal de Loches).

Malgré son exiguïté financière, le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire dit maintenir son enveloppe de subventions et celle pour aider les communes à financer leurs projets (environ 10 millions d’€) « car même si c’est parfois symbolique cela permet d’assurer du travail aux entreprises et des emplois » plaide Nadège Arnault qui attend maintenant les variables autour des droits de mutation (l’argent venant des transactions immobilières, annoncé en hausse mais plus timide en Touraine que dans d’autres départements) ou encore la potentielle explosion des frais de carburant avec la guerre au Moyen-Orient (1,2 million d’€ en 2025… combien cette fois-ci ?).

Moins inquiétant, mais pas bien rassurant donc la situation de la collectivité qui réfléchit notamment à se tourner vers le mécénat pour financer certains projets, comme sur la préservation du patrimoine. Une solution parmi d’autres pour rogner le moins possible sur l’essentiel.

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