Il y a quelques jours, les différentes listes candidates aux élections municipales de Tours étaient auditionnées par le MEDEF. Le syndicat des patrons avait des questions à poser sur leurs projets économiques pour la ville. Un rendez-vous important car les chefs d’entreprises installés peuvent voter. Et aussi faire passer un message si une parole les convainc plus qu’une autre. En parallèle, beaucoup d’associations profitent de la campagne pour rappeler leurs priorités et espérer des engagements en cas d’élection.
L’association Utopia 56 a été la première à sortir du bois dès le mois de décembre : un communiqué pour appeler à des engagements en faveur des mineurs isolés à l’approche des élections municipales, même si ce sujet est plutôt géré par le Conseil Départemental. « Notre objectif est clair : obtenir des engagements concrets » des listes lancées dans la campagne en proposant la signature d’une charte.
« Avec cette initiative, notre association souhaite renforcer la transparence démocratique, encourager le vote éclairé et porter une démarche citoyenne constructive, indépendante et engagée pour l’avenir des communes » qui veut aussi « faire entendre la voix » des jeunes qu’elle accompagne.
Donner une possibilité d’expression à des personnes éloignées de la vie politique c’est aussi ce que veut faire Le Secours Catholique de Tours, installé quartier Velpeau. L’association organise ainsi des rencontres avec des personnalités aspirantes à la mairie de Tours : « On veut que les politiques rencontres des personnes en précarité ou isolées, ou tout cas qui ont peu la parole, pour créer un espace de parole » explique la déléguée tourangelle de la structure Ursula Vogt.
« Ces gens sont des fois dans un quotidien tellement difficile que ce n’est pas leur préoccupation première d’aller voter ou de s’adresser aux bonnes personnes dont si on peut leur donner de l’écho, on aura réussi » poursuit-elle. 3 petits déjeuners ont été programmés le dimanche matin à sa Maison Caritas de la Rue de la Fuye. « Leurs questions sont extrêmement concrètes et c’est important pour exprimer leurs besoins, leurs contestations ou leur frustration. Elles ne comprennent pas, par exemple, qu’on laisse des personnes à la rue » détaille Ursula Vogt.
En parallèle, Le Secours Catholique a édité un manifeste à destination des listes candidates à Tours, mais aussi à l’échelle du département. Il plaide pour des actions comme l’augmentation des espaces verts dans les quartiers prioritaires, l’accélération de la rénovation des logements sociaux, la création de tarifs très sociaux dans les cantines ou encore le maintien indispensable de guichets humains pour réaliser les démarches administratives.
Suggérer directement des lignes à ajouter aux programmes c’est aussi ce que fait l’Association pour le Développement des Transports en Touraine. Avec par exemple des prises de position claires dans les grands débats métropolitains sur les mobilités : elle ne veut pas du tout gratuit sur le réseau Fil Bleu, et plaide pour la réalisation intégrale de la 2e ligne de tram, même si elle juge son tracé imparfait. Autre demande, récurrente et jamais vraiment entendue : renforcer le service de navette en Tours et St-Pierre-des-Corps. Elle plaide en prime pour l’accélération des études sur une 3e ligne de tram.
Sans faire un catalogue exhaustif, on peut enfin citer la démarche de l’association animaliste L214 qui s’est fait en plusieurs étapes : d’abord un mail arrivé à la rédaction et titré « Les candidats aux municipales de Tours épinglés par L214 » afin de dénoncer « l’absence d’engagements en faveur de la réduction du nombre d’animaux tués pour la consommation alimentaire de la ville » avec l’annonce d’une manifestation Place Jean Jaurès en mémoire des « 50 millions d’animaux tués pour Tours » depuis le début du mandat municipal en 2020.
Un petit coup de pression qui semble avoir porté ses fruits car, 13 jours plus tard, Emmanuel denis, Christophe Bouchet, Marie Quinton, Bertrand Rouzier annonçaient la signature de la charte Sauvetage du Siècle s’engageant à instaurer deux journées végétariennes hebdomadaires et un plat vegan par semaine dans les cantines ou encore exclure les produits issus de l’élevage intensif des menus. Des promesses qui seront forcément très scrutées par les cercles militants une fois le verdict des urnes rendu.








