Municipales à Tours : le RN rallie et drague pour s’ancrer dans la vie politique locale

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En 2020, le Rassemblement National a fait de la figuration aux élections municipales de Tours : 5,67%, alors qu’il avait réussi à faire entrer deux membres de sa liste au conseil municipal de Tours en 2014. Cette performance, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella pourrait bien la rééditer, voire l’amplifier lors du prochain scrutin les 15 et 22 mars. C’est clairement l’ambition de la liste menée par Aleksandar Nikolic. Pour y parvenir, le député européen affine sa stratégie en ralliant des personnalités connues dans le milieu politique local, et en faisant de sérieux appels du pied aux forces en présence.

Ce n’est un secret pour personne : le Rassemblement National a parfois eu du mal à constituer une liste de 55 noms pour les élections municipales à Tours. Mais grâce à ses derniers succès électoraux, le parti d’extrême droite gagne en visibilité et en respectabilité, ce qui le rend attirant. En 2026, ce n’est plus si honteux d’afficher son engagement. Ou la glissade de la droite modérée vers le mouvement au logo à la flamme.

La preuve ce samedi 10 janvier : avec l’Hôtel de Ville pour décor, Aleksandar Nikolic a présenté 3 personnes qui figureront sur sa liste lors du 1er tour le 15 mars. Et on les connait bien : Danielle Oger, ex-adjointe au maire chargée de Tours-Nord à partir de 2014 ; Lionel Béjeau, également adjoint dans l’équipe municipale de l’époque… et surtout Céline Ballesteros, ex-adjointe au commerce sous Serge Babary à partir de 2014, ex-élue LR au Conseil Départemental de 2015 à 2021 et ex-candidate LR aux législatives en 2017.

« C’est intéressant de voir ces ralliements, cela montre notre crédibilité » se félicite la tête de liste Aleksandar Nikolic qui va mettre en valeur ces profils : Céline Ballesteros sera sa N°2, Lionel Béjeau son N°3 et Danielle Oger a également la promesse d’une place assez haute.

Ces annonces font logiquement parler dans le microcosme local. Sont-elles pour autant des prises de guerre ? Pas tant. Lionel Béjeau a quitté l’UMP « dès le début des affaires avec Nicolas Sarkozy » avant de rejoindre Debout la France. Tête de liste tourangelle du RN aux dernières élections régionales, c’est un ami de deux figures du parti : Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé (député du Loiret). « Je suis bien où je suis » commente-t-il.

Pour Danielle Oger, « je suis au RN depuis 3 ans suite à mon expérience d’adjointe de quartier » décrit l’ancienne conservatrice du Musée des Beaux-Arts en décrivant surtout les problèmes d’insécurité (et racontant un caillassage qu’elle a vécue lors de son mandat). « C’est le choix d’un parti qui répond à mes questions » explique aussi celle à qui l’engagement politique « manquait ».

Quant à Céline Ballesteros, elle avait rejoint le mouvement UDR après la scission entre Eric Ciotti et Les Républicains, ce parti étant désormais un allié du RN. « Aleksandar m’a tendu la main et c’est un grand bonheur » affirme-t-elle, évoquant le soulagement de s’être éloignée de la vie publique ces 5 dernières années, mais affichant un certain enthousiasme à « remonter sur le ring ». Elle ne dira pas qui mais elle assure avoir eu « de très bonnes réactions » suite à l’annonce de son engagement.

« La vraie dynamique est vers le Rassemblement National, beaucoup de gens ont un véritable espoir pour cette liste » plaide Aleksandar Nikolic qui assure que ce trio d’annonces ce n’est pas juste du people : « J’essaie que les personnes qui sont dans les premières places de la liste m’apportent des choses dans des domaines très précis, l’économie, la santé et la culture » dit celui qui veut notamment faire de Tours une ville référence sur l’esanté (la santé via le numérique) et envisage la création de Fêtes de la Renaissance (qu’on imagine un peu inspirées des Fêtes Johanniques pour Jeanne d’Arc à Orléans).

On y voit aussi manière pour lui de s’ancrer davantage dans le milieu local alors que l’homme est encore un néo-tourangeau, et qu’il est très occupé par ses activités de député européen, son rôle au Conseil Régional (élu sur la liste d’Eure-et-Loir) ou ses tribunes médiatiques (ses réseaux sociaux parlent davantage de sujets nationaux que locaux). « Ce n’est pas parce qu’on n’a pas grandi dans une ville qu’on est en rupture avec elle » se défend le candidat. « C’est un peu réducteur. Les gens ce qu’ils veulent c’est vivre en sécurité, un bon salaire, qu’on pallie aux problèmes de déserts médicaux… Le politique doit trouver des idées, pas faire de la téléréalité. »

Et pour les mettre en œuvre ses idées, Aleksandar Nikolic use de la stratégie de la porte ouverte absolue, suggérant une alliance avec Christophe Bouchet pour le second tour « car on a des objectifs qui peuvent se rapprocher, notamment sur la sécurité ». Il affirme ensuite avoir « plus de points communs avec Frédéric Augis que lui n’en a avec Emmanuel Denis » pour suggérer que la Métropole serait gérée avec davantage de concorde si il était aux affaires, par rapport à la situation actuelle entre le maire de Joué-lès-Tours et l’élu écologiste. Des affirmations qu’il n’a pas pu vérifier puisqu’il reconnait une absence de contact avec Frédéric Augis, et pas plus avec Christophe Bouchet.

Pour la suite, le candidat RN assure qu’il faut encore s’attendre à voire d’autres personnalités intégrer son équipe, reconnaissant que le parti est bien décidé à affirmer son ancrage local, fruit d’une ambition nationale. Le mouvement a en effet besoin de relais locaux crédibles, médiatiques, pour se constituer une base de relais afin de réaliser son objectif de conquête du pouvoir (Elysée + Assemblée Nationale). Se structurer dans les villes, ne plus se baser uniquement sur des militants qui changent du tout au tout d’une élection à l’autre, faire du lobbying dans les cercles de décisions, sont des missions aussi importantes que de bons scores dans les urnes.

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