« Les gens voulaient que ça change » : à St-Pierre-des-Corps, le maire Olivier Conte espère conserver son siège

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Après 100 ans de communisme, la gauche peut-elle perdre deux fois de suite les élections municipales à St-Pierre-des-Corps ? Si l’on en croit les résultats des autres élections organisées depuis, c’est peu probable. Mais l’équipe du maire sortant Olivier Conte espère bien faire mentir ce pronostic avec sa liste St-Pierre Autrement. Interview.

« Ce n’était pas une évidence de devenir maire » reconnait Olivier Conte. Mais depuis la démission d’Emmanuel François, et sa nomination pour terminer le mandat, l’homme a pris goût au rôle. « Au vu du travail qu’on réalise en ce moment et de la dynamique qu’on a c’était une évidence de repartir » dit-il. Pas question donc d’aller chercher une « personnalité » comme ce qui a été fait en 2020, entraînant l’arrivée d’un maire pas forcément bien préparé, iconoclaste par sa manière de gérer la ville, impliqué dans des imbroglios (le départ sous haute tension de sa directrice générale des services et de membres de l’équipe) et même agressé à plusieurs reprises. Découragé, acculé, Emmanuel François avait fini par jeter l’éponge.

L’épisode a laissé des traces, notamment un climat très tendu lors des conseils municipaux. Olivier Conte essaye de relativiser : « Au niveau national, 2 600 maires n’ont pas été au bout de leur mandat. Emmanuel avait sa personnalité, j’ai la mienne » tranche-t-il, vantant par exemple ses qualités d’écoute – ce qui lui est, d’ailleurs, plutôt reconnu dans l’opposition.

L’engagement politique qui était, en 2020, un investissement pour la commune, devient aujourd’hui une ambition personnelle. « J’aime le contact avec les personnes, cette sensation d’être utile, de faire avancer les choses » plaide Olivier Conte précisant néanmoins qu’il travaille « toujours dans un esprit collectif, car seul on ne peut rien faire. J’essaye de répondre au quotidien des gens. Les visions pour l’avenir ne parlent pas, ce qu’on nous demande c’est du concret pour le quotidien ».

Parmi la trentaine de personnes engagées sur la liste St-Pierre Autrement, on ne trouve qu’une dizaine de membres qui repartent. Tout le reste ce sont de nouvelles têtes, avec par exemple un nom connu au-delà de la commune : Benoit Sanchez, qui a été maintes fois primé pour ses burgers, jusqu’à décrocher un prix aux Etats-Unis (ses restaurants sont désormais fermés).  Aussi sur la liste : Cécile Bichon en N°2, Alain Delanchy en 3, Eloise Drapeau, Stéphane Audusseau, Mickael Chapeau, Laurence Lefevre…

« Je n’ai pas eu de mal à constituer cette liste, ils sont venus car ils sont convaincus de ce que l’on fait » explique la tête de liste qui tente toujours d’éviter qu’on lui donne le rôle du « candidat de droite » : « On n’est pas là pour un parti politique. Nous on est sans étiquette. Dans l’équipe on a toutes les tendances, sauf les extrêmes. La cantine à 1€ ce n’est pas une politique libérale et accroître les missions du CCAS non plus ». On lui rétorque qu’à Tours, la liste se revendiquant de droite de Christophe Bouchet promet une mutuelle municipale ou d’autres mesures sociales tout en assumant son positionnement. « Nous on est pragmatique. Quand on a 20% de taux de pauvreté, il faut s’occuper de ces gens-là » répond Olivier Conte, rôdé.

Pour appuyer son discours, il liste ses mesures : aides à l’obtention du permis de conduire ou à l’achat de vélos, accompagnement des aînés, ouvrir une maison des associations, installer une maison de santé pluridisciplinaire à la Rabaterie, avoir plus de bus à l’Est de la commune (notamment pour se rendre au travail dans la zone industrielle), rénover totalement deux nouvelles écoles… Des propositions parfois très proches de celles de ses concurrents. Olivier Conte se différencie néanmoins quand il fait de la sécurité sa première priorité (un étendard de la droite). Ses projets : passer de 5 à 10 policiers municipaux et assumer l’augmentation de la vidéosurveillance avec une vingtaine de caméras opérationnelles. Mais aussi nommer davantage de médiateurs sur le terrain.

Alors que le mandat qui s’écoule a été marqué par beaucoup d’annonces majeures mais peu de grandes réalisations concrètes, le maire sortant espère qu’une réélection lui permettra de concrétiser enfin des chantiers comme la réouverture du Magasin Général, ancien site SNCF promis à l’installation d’une entreprise (« il va sortir, c’est sûr, n espère une signature dans les prochains mois ») ou la requalification de la Place Maurice Thorez (« Il faut qu’on change notre cadre de vie pour plus d’attractivité, je ne désespère pas par exemple de remettre une brasserie en face de la mairie »).

Olivier Conte assure que St-Pierre-des-Corps est en train de monter en gamme et n’est plus « la grande oubliée de la Métropole ». « Il y a des choses qui se passent » assène-t-il, citant le projet d’ouverture Sud pour la gare, la restructuration du centre commercial de la Rabaterie (avec des changements « visibles dès 2027 ») ou encore le projet de nouvel échangeur sur l’A10 du côté des Atlantes. Et l’homme de ne pas trop vouloir s’appesantir sur ses opposants : « Ils ont leurs idées » se contente-t-il de lâcher.

« Aujourd’hui je ne pars pas vainqueur, on verra les urnes. Mais on fait les choses avec sincérité » résume le candidat qui reconnait que sur un prochain mandat il devra réaugmenter la dette en passant par l’emprunt, après plusieurs années de réduction des crédits de la commune. Mais en même temps, rappelle-t-il, « pour rénover nos bâtiments il faudrait une enveloppe de 60 millions d’€ ». De l’argent qui n’est pas dans les caisses. Chantiers progressifs et recours aux financements extérieurs semblent donc indispensables.

« St-Pierre-des-Corps, on dit que c’est une ville de gauche mais les gens voulaient que ça change. On s’aperçoit que ça râlait, et aujourd’hui les gens voient que nous savons faire. La meilleure campagne que je peux faire c’est en montrant le travail qu’on fait actuellement pour améliorer le quotidien » disserte Olivier Conte en citant, par exemple, la refonte des fêtes municipales en 2025 : « la population n’attendait que ça, et on a aussi la guinguette d’hiver Le Soleil qui rayonne bien » (soutenu par la ville qui loue les locaux, le projet reste néanmoins une initiative privée). Son prochain défi : développer un musée du ferroviaire dans le hangar autour de la loco à vapeur en rénovation, dans la zone des Grands Mortiers.

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