St-Pierre-des-Corps va-t-elle rester à droite après les élections municipales de mars 2026 ? C’est l’un des principaux enjeux du scrutin dans le département. En 2020 la droite l’avait emportée grâce à la multiplication des listes à gauche. Cette année, elles seront moins nombreuses mais restent tout de même au nombre de 4 avec celle de Lutte Ouvrière menée par Anne Brunet, celle « Vivre Ensemble Solidaires » et sa tête de liste Nabil Benzaït, ainsi que celle issue de l’alliance des socialistes, communistes et écologistes derrière Michel Soulas, et enfin la candidature La France Insoumise de Thomas Delplace. Nous avons rencontré le représentant du parti de Jean-Luc Mélenchon.
C’est lui qui a ouvert le meeting de Jean-Luc Mélenchon à St-Pierre-des-Corps le 16 novembre dernier. Ce jour-là, Thomas Delplace n’avait pas le droit de parler de sa candidature pour les élections municipales, au risque que le coût de l’événement soit répercuté sur ses comptes de campagne. Mais la venue de l’éternel candidat à l’élection présidentielle lui a offert une tribune sur laquelle il espère bien capitaliser dans le cadre de la course à la mairie.
C’est un fait : La France Insoumise réalise de très bons scores lors des élections nationales à St-Pierre-des-Corps. Mais jusqu’ici c’est plutôt aux communistes que le pouvoir local a été confié. Et c’est aussi la liste PCF-PS-Les Ecologistes qui a la meilleure dynamique dans la campagne de 1er tour grâce à l’union des partis. Thomas Delplace le reconnait lui-même.
Pour autant, pas question d’être défaitiste : « Je pense que c’est largement possible d’être premier au soir du 1er tour. » Dans tous les cas, il espère un rassemblement au second tour : « On fera tout ce qu’il faut pour la fusion, nous serons toujours dans la responsabilité en proposant une répartition des sièges et de l’exécutif à la proportionnelle des résultats. »
Mais alors pourquoi ce qui serait possible en quelques heures après le 15 mars était inenvisageable plus tôt ? « Leur programme ne nous suffisait pas. Leur méthodologie non plus. On s’est vus la première fois en décembre 2024, en avril 2025 on était toujours en train de faire des réunions et de revenir sur des virgules, cela ne nous paraissait pas pertinent et ça nous a fatigués. Leur ambition politique n’allait pas assez loin » explique Thomas Delplace, également très sceptique sur la proposition de maire tournant proposé par le duo Michel Soulas-Cyril Jeanneau pour sceller leur union (le 1er commence le mandat en tant que maire puis démissionne pour être remplacé par le second). « Trop casse gueule » tranche le candidat LFI.
Malgré ces gros écueils, « je pense que la leçon de 2020 a été retenue et qu’on fera le nécessaire pour le second tour. Je fais confiance à Michel Soulas et Cyril Jeanneau. A St-Pierre-des-Corps c’est plus facile qu’ailleurs avec le PS, on n’est pas comme ailleurs sur un parti qui refuse toute union. On peut travailler » souligne Thomas Delplace.

Plutôt confiant, posé, le leader de la liste a débuté sa carrière en politique en s’investissant pour la campagne législative de Roxane Sirven en 2022, mais il a commencé les combats dès les années 2007-2008 contre les réformes Darcos (il était alors au lycée). Passé par la fac de droit et le monde du spectacle, il a poursuivi par 8 années au volant d’un camion et envisage aujourd’hui une reconversion dans le numérique ; On l’a connu aussi comme coprésident du Centre LGBTI de Touraine.
Thomas Delplace se sent bien dans son parti, en accord avec ses codes, même si ceux-ci sont souvent très critiqués (encore plus après l’agression et la mort du militant nationaliste Quentin Deranque qui manifestait en marge de la conférence de l’élue LFI Rima Hassan à Lyon). « Je suis quelqu’un d’intransigeant sur beaucoup de choses et je me retrouve dans cette forme de droiture et de véhémence. Dans une société qui se droitise, on ne peut pas être de gauche sans ça. Beaucoup de gens nous reprochent d’être violents, mais c’est juste un discours fort et véhément. On observe une inefficacité des autres partis qui en manquent » estime le trentenaire.
« Je ne tente pas d’être dans l’opposition mais au pouvoir » annonce clairement Thomas Delplace qui résume le mandat passé de St-Pierre-des-Corps en un mot : « compliqué ». « C’est mieux avec Olivier Conte, mais Emmanuel François (qui a démissionné en cours de mandat) a fait des choses sans aucun plébiscite, une partie de la population a été oubliée, les équipements publics sont vieillissants, la Rabaterie c’est désastreux avec un projet de rénovation à côté de la plaque. Il n’y a aucune transparence et un manque d’écoute, avec aussi aussi des histoires obscures comme avec le départ de sa directrice de cabinet » résume-t-il, accordant seulement un bon point sur la gestion financière.
Le candidat LFI, qui embarque avec lui membres du parti et citoyens non encartés, tente donc de se placer dans une position de rupture. Sur la sécurité, « il faut retirer les caméras de surveillance qui coûtent trop cher pour rien et observent les jeunes quand ils s’ennuient. Ça les touche que le seul investissement dans leur quartier ce soit pour les surveiller. Je préfère renforcer les effectifs de la police municipale. » Pour le commerce ? Il envisage de devenir propriétaire de locaux Place Thorez pour accueillir une friperie, un magasin de vêtements ou un café « avec un bail indexé sur le chiffre d’affaires ».
« On veut rendre cette ville attractive » plaide Thomas Delplace qui veut plus de végétalisation, un miroir d’eau à la Rabaterie, trouver des solutions pour faire venir plus de médecins, créer un festival d’art de rue, favoriser les représentations d’artistes locaux, créer un tremplin municipal… « Faire venir les gens ce n’est pas compliqué, il suffit de leur dire qu’on va faire une grande fête » assure-t-il.
Sur le plan budgétaire, « le but n’est pas d’augmenter la dette mais de ne pas se freiner au crédit si quelque chose traîne. On n’a pas de grand chantier qui viderait les caisses de la mairie. » Sur le projet de construction d’une nouvelle piscine, il préfère l’idée d’ajouter des fontaines, de planter des arbres ou de construire un parcours dédié aux motos cross afin d’endiguer le phénomène des rodéos urbains. « Il y a probablement une négociation à faire avec la Métropole mais si ça bloque, la mairie le financera. » Le candidat promet en prime de payer des formations de premiers secours pour des réactions efficaces en cas d’accident.
« On ne veut pas être trop ambitieux, on veut surtout refaire ce qu’il y a à refaire » résume Thomas Delplace au sujet de son programme. Il promet la cantine gratuite pour tout le monde, davantage de temps périscolaires dans les écoles, un plan annuel de rénovation de l’éclairage public, des travaux de voirie… L’avenir du Magasin Général ? Pas sa priorité. L’entrée sud la gare ? « Dangereux pour le rayonnement commercial du centre ». Le tram ? « On aimerait bien mais c’est une promesse qu’on ne peut pas faire. » En revanche il veut plaider pour plus de bus à l’Est après 20h pour éviter « le message qui dit que quand tu rentres du boulot soit tu restes chez toi, soit tu prends ta voiture. »








