Extrême droite et identitaires rendent hommage à Quentin Deranque à Tours

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5 jours après la mort du jeune Quentin Deranque, l’extrême-droite tourangelle rendait hommage au militant de ses rangs, place Jean Jaurès. Après une semaine de cristallisation des débats et localement des tags sur la façade de la fac des Tanneurs ou la dégradation de la permanence de campagne de la candidate LFI aux Municipales Marie Quinton, la tension était palpable place Jean Jaurès. 

Près de 100 militants d’extrême-droite étaient présents. Mobilisés par la cocarde étudiante, liée au Rassemblement National, rejointe par le groupuscule identitaire “des Tours et de Lys”, les militants présents tenaient le pavé sans concurrence, mobilisés pour rendre hommage à Quentin Deranque. Les militants antifa se faisant pour l’occasion plus que discrets, tandis que la police veillait à éviter le moindre incident, fouillant systématiquement le moindre passant un tant soit peu suspect. 

Un hommage respectueux 

Théo et Eléonore, deux responsables de la cocarde étudiante ont dressé un portrait qui se voulait élogieux du jeune Quentin : fervent catholique, militant associatif en faveur des défavorisés, au service de la cause nationaliste. Le drame semblait soulever des questions importantes : tandis que Théo interrogeait la violence politique “un désaccord idéologique ne peut justifier des coups… Allons nous répondre ? Allons-nous rentrer dans la spirale de violence ?”, Eléonore dénonçait “la déshumanisation par l’extrême gauche, l’aboutissement d’un climat”, tout en “espérant que la haine ne gagnerait pas”. Des réflexions qui interrogent, au regard du parcours du jeune Quentin, qui fit partie notamment de l’action française, et qui avait participé à un défilé néo-nazi.

Les militants de Des Tours et des Lys en nombre

Prenant le relais pour un discours plus musclé, Alexandre Boumediene, figure montante de l’extrême droite tourangelle et leader du groupuscule des Tours et des Lys, dénonçait les “racailles gauchistes, les ordures” faisant scander plusieurs fois “LFI assassin, justice pour Quentin”. 

Mobilisant les militants en rappelant la mort de Charlie Kirk aux Etats-Unis, louant le combat nationaliste de Quentin, réclamant “que les responsabilités soient établies jusqu’au sommet de l’Etat”, Alexandre Boumediene rappelle que “la mort de Quentin doit être un moteur d’engagement”. Des propos qui laissent songeur quand on connaît le CV du laudateur : en effet, Alexandre Boumediene est entre autres, un des organisateurs du “Comité du 9 mai”, groupe aux références néo-nazies, ou encore de la marche aux flambeaux du 7 novembre dernier.

Un discours et des actes contradictoires

Une manifestation calme, mais des slogans musclés. Des militants qui regrettent le climat de violence, mais la pratique dans d’autres manifestations. A l’instar de Raphaël Arnault faisant mine de découvrir dans ses proches des militants violents, c’était là toute la contradiction que devait gérer l’unique responsable désignée pour parler à la presse, Eléonore Ranchin. Celle-ci confiait “condamner toute forme de violence”, affirmant qu’il n’y avait “pas de groupe présent ce soir qui pratiquent la violence politique”, concédait ensuite qu’il n’y avait “aucune personne condamnée pour violence” dans ses rangs, et qui enfin rejetait sur “l’ultra-droite” (objectivement présente à quelques mètres) les violences documentées dans la presse, notamment les assassinats de Clément Méric ou Federico Martín Aramburú… Un costume de chevalier blanc difficile à porter pour des militants qui tenaient ce soir un hommage respectueux au jeune Quentin, mais qui étaient visiblement pris d’amnésie face aux 59 morts attribués à leurs rangs en France, selon l’historien Nicolas Lebourg…

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