En marge du rassemblement jeudi dernier, de l’extrême droite tourangelle, place Jean Jaurès, pour rendre hommage à Quentin, militant nationaliste tué dans une bagarre à Lyon, des militants de gauche et notamment le Parti Communiste tourangeau, dénonce des agressions de la part de militants d’extrême-droite.
Agression vers 21h, quelques heures après le rassemblement
Lors de ce rassemblement qui comptait des sympathisants du Rassemblement National, de nombreux membres du groupe “Des Tours et de Lys” et de la cocarde étudiante, plusieurs membres s’interrogeaient tout haut devant leurs militants. On a pu entendre notamment à propos de la mort de Quentin : “un désaccord idéologique ne peut justifier des coups… Allons nous répondre ? Allons-nous rentrer dans la spirale de violence ?”. Une militante dénonçait notamment “la déshumanisation par l’extrême gauche, l’aboutissement d’un climat”, tout en “espérant que la haine ne gagnerait pas”.
Pourtant vers 21 heures, deux personnes présentes dans le Vieux-Tours, habitués des manifestations de gauche, ont été suivies jusqu’à la fac des Tanneurs par une petite dizaine de personnes. D’après des vidéos fournies par le TAF (Tours AntiFa) et consultées par 37 degrés, une des victimes a été suivie et frappée, l’autre menacée verbalement et physiquement, tandis qu’on entend une des personnes filmées crier « Quentin présent » en poursuivant un autre individu.
Parmi ce groupe d’hommes qui tentent devant la caméra de dissimuler leur visage, cinq personnes sont apparentées plus tôt par le TAF à des militants présents dans la soirée au coeur du rassemblement hommage au militant nationaliste lyonnais et lors de rassemblements précédents du groupuscule identitaire “Des Tours et des Lys”.
4 agressions signalées
Selon les MJC (Mouvement des Jeunes Communistes), une autre agression se serait déroulée dans la soirée, dans le même quartier, contre deux individus, identifiés comme “gauchistes” et “rouges” par leurs agresseurs pour la plupart masqués ou cagoulés. Quelques heures plus tard, vers minuit, une autre personne, racisée, indique avoir été agressée alors qu’elle passait à vélo, subissant des propos racistes. Un dépôt de plainte aurait été effectué selon les jeunes communistes, sans que les agresseurs aient pu être identifiés pour le moment. Enfin, samedi 21 février, un militant revendiqué de gauche, indique avoir été suivi par un individu en voiture. Monté dans un bus, une voiture l’a suivi jusqu’à sa descente, pour ensuite le plaquer au sol et la menacer, demandant de “donner le nom de son pote noir”, indique-t-il.
Une montée de la violence
Ces agressions ont été relayées et dénoncées par différents groupes politiques de gauche (parti communiste, jeunesses communiste mais aussi les écologistes). Pour Nina Douet, secrétaire fédérale des jeunesses communiste d’Indre et Loire, s’inquiète : “ces violences ne viennent pas par hasard, mais de la banalisation des idées d’extrême-droite et plus largement de l’idéologie fasciste”.
Et quant à la violence réciproque dont certains militants de gauche, particulièrement la mouvance antifa, sont en ce moment accusés, Nina Douet est très claire concernant les jeunes communistes : “Nous nous interdisons toute violence, car celle-ci n’a pas de sens dans notre combat politique. Nous agissons en déposant plainte à chaque agression, en organisant des contre-manifestations”.
Image à la Une : capture d’écran de la vidéo indiquée dans l’article









