Les résultats du 1er tour des élections municipales à Tours auront été relativement conformes à ce que donnaient les sondages du mois de janvier. C’est déjà un premier enseignement de ce scrutin, les forces en présence auront bien été celles attendues.
En tête à l’issue du 1er tour, on retrouve le maire sortant écologiste Emmanuel Denis avec 33.84%, Christophe Bouchet (union de la droite et du centre) est second avec 23,69%. Suit Aleksandar Nikolic du Rassemblement National (11.62%). Marie Quinton (LFI) obtient 11.39%. En dessous des 10% (et donc non qualifiés), Benoist Pierre (divers centre) arrive 5e avec 9.82%, Henri Alfandari (Horizons) suit avec 7.54%. Thomas Jouhannaud (LO) obtient 1.35% et Claire Delore (PT) 0.75%.
On devrait avoir logiquement droit à une triangulaire pour le second tour dimanche prochain. Dès le milieu de soirée, Marie Quinton, capable de se maintenir au second tour, ayant obtenu plus de 10% des voix, appelait en effet à un rassemblement avec la liste d’Emmanuel Denis : “C’est la première fois qu’une femme se qualifie au second tour à Tours. On s’est engagé pour un projet de fusion avec la liste du maire sortant Emmanuel Denis. Nous allons discuter dès ce soir sur une base de représentation sur la base des résultats mais aussi sur un accord programmatique car on défend des projets forts comme la cantine gratuite” expliquait-elle ainsi à Info Tours et 37 degrés.
Vers une fusion Emmanuel Denis-Marie Quinton
De son côté, Emmanuel Denis n’aura pas donné son point de vue, ne s’étant pas montré publiquement dans la soirée. Les résultats définitifs n’étant tombés que tardivement, vers 23h30, il a d’abord attendu de connaitre les derniers scores précis, avant d’entrer directement dans les négociations avec celle qui était une de ses adjointes dans la mandature qui s’est achevée. Le maire sortant se sait observer à ce sujet, il a notamment été attaqué par ses opposants tout au long de la campagne, sur cette éventuelle alliance avec LFI. Pas question donc de sortir une phrase trop rapidement à chaud, on se doute qu’il pèsera des mots clairement choisis dès ce lundi pour évoquer la suite. Et puis, avec plus de 11% LFI a un poids électoral qu’il met à n’en pas douter dans la balance des négociations. Marie Quinton a d’ailleurs été clair, l’accord sera aussi programmatique et il n’est pas question de céder sur certaines mesures avancées. Emmanuel Denis lui, devra jouer l’équilibriste, tendant la main à la gauche radicale, mais aussi en veillant à ne pas froisser ses amis du premier tour, socio-démocrates comme Place Publique et le Parti Socialiste. Car qui dit fusion, dit forcément des personnes à enlever de la liste et là encore, il faudra le faire en veillant à respecter les équilibres et susceptibilités des mouvements partenaires. Quoi qu’il en soit, l’accord devrait rapidement être scellé (dès ce lundi).
Christophe Bouchet en embuscade
Reste qu’en cumulant le score des deux listes, la gauche peut l’emporter, mais l’addition ne se fait pas automatiquement. Surtout que Christophe Bouchet, bien que distancé de plus de 10 points sur ce premier tour, reste en embuscade. L’ancien maire entre 2017 et 2020, a en effet remporté la bataille du centre-droite lors de ce premier tour, puisque ni Benoist Pierre, ni Henri Alfandari ont réussi à passer le seuil des 10% et donc d’être en mesure de se qualifier. Henri Alfandari le premier a annoncé son plein soutien à Christophe Bouchet, tandis que Benoist Pierre a longtemps cru pouvoir réussir à obtenir ces fameux 10%, échouant de peu. Christophe Bouchet est donc assuré d’être le seul représentant du centre et de la droite au second tour, ce qui lui fait dire : « On est là où on s’attendait à être, le verdict de ce premier tour est qu’il y aura match dimanche prochain, avec un duel clair ». Christophe Bouchet peut ainsi espérer un report de voix conséquent des électeurs de Benoist Pierre et Henri Alfandari qui comme lui ont fait une campagne très marquée contre la politique menée par Emmanuel Denis. Et le rapport de force à l’issue du premier tour est au final serré (environ 45% environ pour la gauche et 41% pour le centre-droite/droite).
Le RN ne réussit pas à capitaliser sur sa tête de liste
En revanche malgré la main tendue du candidat RN (11,62%) Aleksandar Nikolic, Christophe Bouchet la rejette frontalement : « J’ai toujours dit que je ne m’allierai pas avec les extrêmes ». Pour le candidat du RN, le résultat n’est clairement pas à la hauteur de ses attentes. Débarqué à Tours l’an passé avec sa casquette de porte-parole du parti d’extrême-droite et de candidat médiatique, Aleksandar Nikolic ne fait finalement pas mieux que son prédécesseur Gilles Godefroy en 2014 qui avait dépassé lui les 12% à l’époque, envoyant pour la première fois des candidats du FN au conseil municipal. Clairement un échec pour Aleksandar Nikolic donc. Le voilà donc contraint de se contenter d’un second tour avec au mieux l’ambition de faire le plus de voix possibles pour envoyer plusieurs élus siéger dans l’opposition municipale au prochain mandat…










