Traditionnel rendez-vous du début d’année, la première cérémonie des vœux de la ville de Tours avait lieu ce mardi 6 janvier au Centre de Vie du Sanitas. Une soirée que l’on savait par avance sans annonce spécifique, car le maire doit respecter un droit de réserve dans le cadre de la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars. L’événement et son discours méritent tout de même d’être analysée.
Affluence comparable aux autres années dans la grande salle du Centre de Vie du Sanitas. La plupart des chaises sont prises et il y a du monde debout. Beaucoup d’élus font partie de l’assistance. Des membres de la majorité évidemment, de l’opposition aussi. Christophe Bouchet, Marion Nicolay-Cabanne et Olivier Lebreton par exemple pour la liste Tours pour Tous, principale adversaire de la majorité sortante. Barbara Darnet-Malaquin aussi, pour représenter la candidature du centriste Benoist Pierre. Claude Bourdin, futur partenaire d’Emmanuel Denis après des candidatures indépendantes en 2014 ou 2020. Mais aussi Marie Quinton, à la fois adjointe au maire de la majorité et candidate de son côté sous l’étiquette de La France Insoumise.
Ces présences c’est pour se montrer et pour écouter. Même si le discours d’Emmanuel Denis n’est pas officiellement un propos de campagne, il s’agit d’une tribune gratuite pour s’exprimer face à la population. Et il ne s’en est pas privé, avec un propos déployé pendant plus d’une heure, tentant parfois des envolées lyriques pour chauffer la salle… récoltant cependant des applaudissements plutôt polis que réellement enthousiastes.
C’est par le sujet du logement que le maire a débuté son intervention. Thème centrale au Sanitas, en pleine restructuration pour y augmenter la mixité sociale. Et Emmanuel Denis en a parlé longtemps du logement… Les HLM inaugurés ces derniers mois (281), ceux qui le seront bientôt (une centaine). Aux Casernes, à Ste Radegonde. Le plan Logement d’Abord, aussi, pour soutenir les plus modestes. Les rénovations de passoires thermiques. Tout cela sans citer Marie Quinton, seulement l’adjointe à l’urbanisme Cathy Savourey.
L’élu a ensuite embrayé sur la culture se félicitant du record de fréquentation des musées de Tours en 2025 (plus de 200 000 entrées, dont quasi 40 000 rien que pour l’exposition Obey au Château de Tours) avant de se vanter d’avoir affronté le mur de la dette de la commune tout en augmentant fortement les investissements : là, comment ne pas y voir un message de campagne. Emmanuel Denis a aussi assumé pleinement sa hausse des impôts locaux, en profitant pour rappeler que ses prédécesseurs de droite avaient fait pareil sur le mandat 2014-2020. « Et on ne matraque pas par rapport aux autres villes de même strate » insiste-t-il également.
Vantant un slogan qui dit « A Tours, cultivons le plaisir » en écho clair à ses idées écologistes, Emmanuel Denis a attendu la fin de son discours pour aborder le sujet qui fait sûrement le plus polémique, et qui devrait grandement rythmer la campagne à venir : celui des mobilités, et notamment la multiplication des pistes cyclables. Il a annoncé +20% de vélos depuis que la Rue Marceau a été équipée d’une piste à double sens (aménagement très critiqué par les commerçants, mais aussi pour sa dangerosité après un accident mortel).
Ces vœux qui se répèteront 5 fois d’ici le 20 janvier (+ une soirée pour les institutionnels à l’Opéra) ne donnent pas d’indication précise sur ce que sera la campagne d’Emmanuel Denis mais on sent quand même poindre les sujets qui lui sont chers et là où il prépare du terrain (sur les écoles « on a encore du boulot » glisse-t-il par exemple). Ce n’est qu’en février qu’on pourra davantage l’entendre sur les projets envisagés en cas de réélection, et surtout répondre aux attaques et critiques des autres listes. Ce sera alors la fin des phrases policées. Et on sait qu’il peut être tranchant. Au risque de cristalliser certains ressentiments. C’est un des aspects qu’il faudra surveiller.








