« On en veut toujours plus » : comment Beaumont-Louestault compte (encore) réveiller la campagne tourangelle

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Les villages de Touraine sont nombreux à organiser des festivals. On pense spontanément à L’Art en Troglo de St-Etienne-de-Chigny ou Graffeurs au Château à Crissay-sur-Manse, pour ne citer que deux exemples. En 2024, Beaumont-Louestault a rejoint la liste des petites communes qui veulent exister par le biais de la culture avec la création d’un festival d’art de rue baptisé En Rue Libre. Une initiative du Comité des Fêtes qui en appelle d’autres.

Ne pas voit trop grand mais ne pas se contenter de trop peu. Ainsi pourrait-on résumer la philosophie du Comité des Fêtes de Beaumont-Louestault, cette petite commune du Nord-Touraine en dehors des radars mais qui a su attirer 1 500 personnes dans ses rues lors de la première édition d’En Rue Libre, en 2024. Le résultat d’un combo entre propositions artistiques séduisantes, spectacles gratuits et communication originale.

« Cette édition a marqué les esprits et nous a donné envie de continuer l’aventure » commente, un an plus tard, le responsable du Comité des Fêtes, Perig Arnoult. Au fil de l’année, son association organise lotos, apéros ou festivités du 13 juillet, « des événements qui font des bénéfices, on avait donc décidé de les utiliser pour faire de plus grosses manifestations. Avec En Rue Libre, on était même prêts à être déficitaires en perdant 2 000€ de trésorerie… mais on a fini à 0. »

A l’heure où les rendez-vous culturels peinent souvent à boucler leur budget, y compris les plus gros comme récemment terres du Son, la performance est loin d’être anecdotique, de surcroit pour une première édition et en se contenant de recettes annexes venant de la buvette. « On n’a pas vocation à s’enrichir, on veut juste faire de plus beaux événements » assène Perig Arnoult qui veut néanmoins y aller piano : « On a décidé de faire un festival tous les deux ans car c’est beaucoup de travail et on avait besoin de souffler »… jusqu’à ce que germe l’idée d’une soirée bretonne.

« On s’est dit que ce serait cool de faire un petit quelque chose pour dire qu’il ne faut pas nous oublier. Un concert intimiste mais qui prend de l’ouverture grâce aux copains » raconte le Louestaultien. Baptisée Les Interludes d’En Rue Libre, la manifestation est programmée le 30 août au stade municipal avec un concours de palet breton l’après-midi, un concert de bagad en début de soirée, la venue du groupe de rock celtique Digresk, un DJ set, un feu d’artifice… Le tout avec stand de galettes et cidre pour régaler les 500 personnes espérées.

« On veut toujours plus » explique Perig Arnoult pour justifier ce listing à rallonge alors qu’au départ il avait juste envisagé la venue de Digresk. « On s’est rapproche de la Fédération Bretonne de Touraine dont j’ignorais l’existence malgré mon prénom breton. Le feeling est bien passé donc on a pu travailler avec eux » explique le responsable du Comité des Fêtes de Beaumont-Louestault qui prouve donc une fois de plus que la débrouille peut permettre d’animer une commune bien plus que ce qu’on pourrait imaginer… le tout gratuitement, encore une fois, « parce qu’on veut diffuser la culture ».

L’association regroupant une quinzaine de membres actifs peut néanmoins compter sur un terreau de soutiens allant de la subvention annuelle municipale à la mise à disposition de la scène par la communauté de communes en passant par l’aide technique des équipes de la Scénoféérie de Semblançay « qui nous met à disposition ses lumières et a promis un truc grandiose pour Digresk » selon Perig Arnoult qui se félicite aussi d’avoir reçu plusieurs demandes pour rejoindre l’équipe de bénévoles appelée à monter la 2e édition d’En Rue Libre annoncée en 2026 (et dont la date est encore indéterminée).

« Nous sommes en train de créer une association dédiée avec des gens au-delà de nos frontières, venant de Rennes ou de Paris, on gagne en compétences » se félicite Perig Arnoult qui a déjà quelques idées en tête pour la programmation et se prépare à multiplier les demandes de subventions pour gonfler le budget de cet événement. « Il y a une émulation » ajoute-t-il, ravi d’avoir vu des gens d’Amboise, Tours voire Poitiers dans les rues de Beaumont l’an dernier, « un rayonnement au-delà des frontières qu’on s’était fixés, des gens attirés par les compagnies ou le bouche-à-oreille ainsi que la solidarité d’événements comme le festival des Kampagn’Arts de Saint-Paterne-Racan. »

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