Culture

Olivier Coiffet : la Touraine en bonne voix…

Notre belle Touraine et notre ville regorgent de talents de tous horizons et de tous répertoires. Pop, Rock, Soul, Rap, Jazz,… autant de styles musicaux aux artistes prolixes et talentueux que l’on peut découvrir sur la scène tourangelle et ailleurs. Moins connus du grand public sont ceux qui font vibrer les âmes avec leurs instruments à vents ou à cordes ou leur voix. Oui, la musique classique a une place privilégiée dans le cœur des Tourangeaux. Les nombreux festivals ou concerts sont la plus preuve de cette vigueur qui ne se dément pas. Alors, quand un ténor de talent installé dans notre belle cité rayonne aux quatre coins de France, on lui rend visite et on découvre la passion d’un homme pour la musique. Olivier Coiffet nous ouvre la porte de son univers.

Installé dans le jardin d’une maison d’après-guerre juste à côté des Tourettes, Olivier Coiffet, ténor professionnel nous reçoit chaleureusement sur sa terrasse. Cet ancien diplômé de Science Po Paris (promotion 2004) a fait ses études à Lyon. Passé par la case « prépa », une Khâgne dans un lycée jésuite, Olivier Coiffet s’aperçoit rapidement que sa vie ne sera pas celle d’un diplomate, d’un homme politique ou d’un manager dans une grande entreprise. « J’ai été petit chanteur de Saint-Marc à Lyon. Je chante depuis toujours ! ». Olivier rayonne quand il parle de musique. Chanteur à la basilique de Fourvière dans la chorale qui va être rendue célèbre par le film « Les Choristes », Olivier va faire de la musique une raison d’être, un moteur de sa vie. Alors quand il rentre à Sciences-Po cela lui paraît comme un accident de parcours. Il fini brillement ces études dans le sacro-saint de la rue des Saint Pères à Paris. « J’ai été malheureux à Paris mais je suis allé jusqu’au bout de sciences-po quand même ». Pour lui, « la musique c’est la moitié de ma vie » dit-il. « J’ai toujours fait de la musique, je joue au piano depuis l’âge de cinq ans ». C’est pourtant sa prestigieuse école qui va lui permettre de mettre le pied à l’étriller. A l’occasion d’un stage à Bruxelles, aux palais des beaux arts, Olivier renoue avec le chant et le répertoire lyrique. « C’est à mon retour de Paris que j’ai approché un cœur sans avoir l’idée d’en faire véritablement mon métier ».

 

Olivier Coiffet est doué. Ce ténor n’est pas passé par la case conventionnelle du Conservatoire, passage quasi obligé pour prétendre à une carrière professionnelle. « Ma seule formation ? C’est ma famille !  C’est mon père professeur, maître de cœur et musicien qui m’a donné l’envie de faire de la musique et de continuer… ». Après un premier rôle dans un opéra de Giovanni Pagliardi, Caligula delirante, Olivier se produit sur différentes scènes. Son répertoire est large. De l’enterrement de Mozart, œuvre très contemporaine de Bruno Mantovan à l’opéra romantique d’Offenbach, les contes d’Hoffmann, le ténor tourangeau aime aussi les œuvres religieuses. Germanophone et sensible à la culture d’outre-Rhin, le chanteur visite aussi les rôles dans des œuvres de Bach ou Keiser. Il consacre également une grande partie de son temps au lied, privilégiant Mozart, Schumann ou Brahms. Si l’Allemagne le passionne, il aime descendre plus au sud pour chanter régulièrement la musique sacrée de Monterverdi, Sances ou Caccini. Olivier Coiffet, au répertoire si éclectique donne sa vie à la musique. Quand on voit l’homme, ça se sent, ça se voit…

Pour cet intermittent du spectacle, « la liberté de ce statut n’a pas de prix ». Pas question pour lui d’avoir une permanence dans un ensemble lyrique. Pourtant en mars de cette année, la maison Sony Music va lui donner l’occasion de collaborer avec deux autres ténors pour la sortie d’un disque revisitant tous les classiques de l’opéra avec l’un des ensembles à vent les plus prestigieux de la planète, l’orchestre de la Garde Républicaine.

Mais le choix de Sony n’est pas le fruit du hasard. « Nous sommes trois amis dans la vie. On a travaillé ensemble dans différents ensembles. Généralement les ténors se tirent dans les pattes, nous on est amis ». Pour David Lefort, Robert Getehell (américain) et Olivier Coiffet, ce projet « s’est fait grâce à David » reconnaît Olivier. « On a espoir de faire une tournée après la vente de ce disque qui va être pressé à 15 000 exemplaires ». Ce tirage exceptionnel dans un monde de la musique en crise montre les ambitions de cette major du disque.

On ne peut pas s’empêcher de penser qu’à l’écoute, la voix d’Olivier n’est pas seulement l’œuvre du travail accompli mais bien aussi d’une part d’inné. Olivier, lui, a une autre explication : « Cette voix, je l’ai reçue comme ça. C’est un don qui m’a été donné par Dieu mais révélé par mon père et ma mère ». Pour lui, la musique a été un ciment familial. Si les voix de Dieu sont impénétrables, celle d’Olivier Coiffet vous pénètre au plus profond de l’âme. Qu’on se le dise…

Un degré en plus : « Les ténors classiques » sortira début mai chez Sony Classical.

 

 

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