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TVB : « On veut gagner un maximum de titres »

La saison 2016 – 2017 du Tours Volley-Ball a fini en apothéose après avoir remporté la CEV Cup. Ce qui nous ferait presque oublier son élimination en quart de finale des play-off du championnat de France. Pour cette nouvelle saison, les compteurs sont remis à zéro. Avec sa toute nouvelle équipe et son nouvel entraîneur, le club tourangeau place la barre très haute et veut rafler tout ce qu’il pourra. Premier match ce soir face au Tourcoing Lille Métropole Volley-Ball.

15 avril 2017. La salle Grenon est pleine à craquer. Le public bouillonne. Quand soudain, la délivrance. Le TVB remporte la CEV Cup face à Trente, l’une des meilleures équipes d’Europe, au terme d’une finale qui semblait pourtant bien mal embarquée. Depuis, les joueurs ont repris l’entraînement et c’est dans une salle beaucoup plus calme que nous retrouvons Pascal Foussard, directeur général délégué du club tourangeau, pour aborder la saison à venir.

Une préparation encourageante

Depuis le 21 août, la majorité des joueurs ont commencé leur phase de préparation, qui prendra fin aujourd’hui avec le début du championnat. Seuls quatre membres de l’équipe tourangelle sont arrivés avec quelques jours de retard puisqu’ils participaient aux championnats d’Europe. « On a donc eu une préparation complète avec quasiment 70% de nos joueurs, ce qui est quand même assez rare dans le monde du volley », se réjouit Pascal Foussard.

Une longue période durant laquelle les Tourangeaux ont pu se tester face à des équipes telles que l’Asseco Resovia (Pologne), Poitiers ou Saint-Nazaire. Et, si après huit matches de préparation le manager du TVB se montre optimiste, il appelle tout de même à la prudence. « Il y a eu des matches intéressants mais ce ne sont que des matches amicaux. On ne sait jamais ce que cherche l’équipe adversaire. Maintenant, on sait que l’on doit faire mieux. On a gagné les quatre derniers matches et on avait perdu les premiers. Mais, l’équipe a beaucoup changé donc il va falloir encore du temps pour qu’elle trouve un rythme de croisière, qu’elle n’a pas encore aujourd’hui. On attend avec impatience que le championnat commence parce qu’il n’y a que la vérité des matches couperets qui donne à peu près le niveau de l’équipe. »

Une équipe remaniée

Cette phase de préparation a aussi contribué à confirmer les choix faits par le staff quant aux nouvelles recrues. « Notre pointu Hermans Egleskalns est à la hauteur de ce qu’on espérait. On a Nathan Wounembaina qui vient lui aussi d’arriver et qui est le joueur que l’on souhaitait », assure Pascal Foussard. Certains joueurs ont même surpris : « On a un jeune joueur allemand, Moritz Reichert, qui est au-delà de ce que l’on avait vu. Il a beaucoup progressé cet été. »

Durant l’été, le TVB a aussi dû composer avec le départ du réceptionneur-attaquant canadien Ryley Barnes pour la Russie. « On l’a remplacé par Ziga Stern. Ce n’est pas trop ce qu’on voulait faire mais parfois, dans le sport de haut niveau, il y a des joueurs qu’on n’arrive pas à retenir et lui on n’a pas pu le retenir », regrette le directeur général délégué.

Toujours est-il que chacun doit à présent trouver sa place auprès de ses nouveaux coéquipiers. « Il faut trouver ses marques dans l’organisation de notre collectif et ça, ça prend un peu de temps. Tout n’est pas encore au point. On a un premier match à Tourcoing qui va être plus que difficile donc on aimerait être un peu plus en place mais, de temps en temps, il faut être patient », admet-il. Avant d’ajouter : « C’est un groupe qui travaille bien, qui est humainement riche. Il n’y a qu’en gagnant des matches que les choses se caleront encore mieux. Parce que gagner des matches ça veut dire évoluer dans une sérénité. En plus, on est une équipe qui doit gagner, parce que Tours doit toujours gagner. À un moment donné, il faut que la pression s’inverse et que les joueurs la mettent sur l’adversaire. »

(c) Pascal Montagne
(c) Pascal Montagne

Une rentrée sans David Konecny

Et si l’équipe a été remaniée suite à de nombreux départs comme celui de Levi Cabral, d’Adam White ou de Philipp Collin, il y a une absence qui se fait remarquer plus que les autres. Celle de David Konecny. Après neuf ans de bons et loyaux services au sein du club tourangeau, le pointu tchèque a tiré sa révérence. « Cela faisait neuf ans qu’il était là, il fallait bien que ça s’arrête un jour. Neuf ans c’est déjà exceptionnel dans une carrière professionnelle. Il s’est arrêté sur un titre de champion d’Europe, on ne peut quasiment pas espérer mieux dans une carrière sportive. C’est surtout ça que l’on retiendra. »

Un départ auquel il fallait s’attendre mais qui laissera malgré tout un vide, du moins dans les premiers temps. « C’était un leader de jeu donc maintenant la place est libre. Il faut que les joueurs prennent le leadership de notre équipe. Pour l’instant, ça met un peu de temps à se concrétiser mais on sait que l’on a des joueurs qui sont capables de le faire à l’image de Nathan Wounembaina, de Jasper Diefienbach ou de Guille Hernan. Il faut seulement que les choses se mettent en place », assure Pascal Foussard.

Un nouvel entraîneur expérimenté

Et pour que les choses se mettent en place, les joueurs peuvent aussi compter sur le nouvel entraîneur du club, Cédric Énard. Un entraîneur de choix, qui devrait réussir à faire ressortir le meilleur de ses joueurs. « Il a entraîné Toulouse pendant plusieurs années, il est entraîneur adjoint de l’équipe de France donc il a déjà un vécu important. Pour lui c’est une étape importante, il change de standing de club. Ce sont des choses nouvelles pour lui. Avant il jouait pour faire de bonnes saisons, ce qui est d’ailleurs arrivé, mais maintenant il joue pour gagner. C’est un peu différent. »

Un club plein d’ambitions

Tout semble alors réuni pour que le TVB soit une nouvelle fois sur le devant de la scène. Ligue A, Coupe de France, Challenge Cup… Cette année encore, le club aux vingt-deux titres – l’un des plus beaux palmarès du sport français – a de hautes ambitions et ne s’en cache pas. « Notre président veut qu’on gagne un maximum de titres. On va essayer mais le plus important pour nous c’est peut-être de retrouver le titre de champion de France. Ce qui n’est, bien entendu, pas le plus simple. On a beaucoup d’ambition mais il faut toujours commencer une saison en ayant des ambitions, c’est important. Il va maintenant falloir qu’elles se confirment par la qualité du jeu et le nombre de matches que l’on gagnera. »

Après avoir déjà remporter la Ligue des champions et la CEV Cup, l’équipe tourangelle rêve également de remporter la dernière coupe d’Europe qui lui manque. « On serait le seul club français à gagner les trois coupes d’Europe qui existent. Ce sont des challenges assez excitants parce que quand on a gagné la coupe d’Europe en 2005, on se disait toujours “on ne sait pas si on arrivera à en regagner une” et on a réussi finalement réussi en 2017, qui plus est à Tours, dans des conditions extraordinaires. Donc chacun a envie de revivre ça parce que ce sont des moments tellement rares. »

Un premier match piège

Pour reconquérir le titre de champions de France, les Tourangeaux devront dès ce soir montrer ce dont ils sont capables face au promu, le Tourcoing Lille Métropole Volley-Ball. Un adversaire que le TVB prend très au sérieux : « Ils sont sur une très bonne dynamique. Ils n’ont pas perdu de matches amicaux. C’est une équipe qui sera compliquée à manœuvrer chez elle. Ce sera vraiment difficile pour nous là-bas », reconnaît celui qui a aussi été manager de l’équipe de France.

Comme pour le TLMVB, le TVB se méfiera de tous ses autres adversaires. Dans un championnat où le niveau s’est nettement resserré, « il n’y a aucun match qui est sûr d’être gagné d’avance ».

(c) Pascal Montagne
(c) Pascal Montagne

Le public pour tout changer

Et puis, il y aura une semaine plus tard, le premier match à domicile face à Nice. Un match qui signe le retour des champions à Grenon. « Ce sera une ambiance particulière parce qu’on revient, parce que David n’est plus là, parce que c’est une nouvelle aventure. Il faudra être prêt, il faudra séduire les gens, il faudra apporter ce qu’on fait depuis longtemps : du spectacle. »

À n’en pas douter, le fidèle public du TVB sera encore au rendez-vous cette saison. C’est en tout cas le souhait de Pascal Foussard : « J’espère que les gens vont venir en force comme ils sont venus pour la finale l’année dernière et pendant tout notre parcours européen. J’espère que ça sera toujours la même chose. »

Pour cela, les joueurs devront répondre aux attentes des amateurs de volley. Des attentes – dues à un palmarès bien étoffé – auxquelles il est parfois compliqué de répondre. « C’est un éternel recommencement parce que, le plus dur à haut niveau, c’est d’y rester, de perdurer et de toujours gagner », assure-t-il. Avant de poursuivre, en riant : « Ça fait quinze ans que l’on gagne des titres. Les gens pensent que c’est normal mais c’est tellement dur ! »