Sport

Un milliardaire belge s’intéresse au TFC

Alors que le TFC a refait surface suite à sa victoire 2-1 devant Ajaccio, le club est toujours dans le bas du classement de Ligue 2 et les problèmes financiers restent l’épine dans le pied de ses dirigeants. Récemment, Jean-Marc Ettori, le président du club, rappelait tenir la barre du bateau « TFC » coûte que coûte. Une position qui ne fait pas l’unanimité dans le landerneau tourangeau.

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Avant-dernier du classement, le Tours Football Club est un club au bord du gouffre. Mais est-il prêt à tomber ? Pas si sûr. Il se murmure ici et là l’intérêt grandissant d’un ressortissant du « plat pays », et non des moindres, pour le club tourangeau. Son nom : Roland Duchâtelet.

Un milliardaire pas inconnu du monde du football

Ce milliardaire Belge de 68 ans a fait fortune dans les composants électroniques. Son CV rappelle certaines figures du monde politique et footballistique français. Avec une fortune avoisinant le milliard d’euros, Roland Duchâtelet n’est pas un novice dans le monde du ballon rond. Cet ancien sénateur de Belgique (entre 2007 et 2010) est déjà propriétaire de cinq clubs en Europe. Propriétaire du célèbre Standard de Liège, cette 14ème fortune de Belgique possède en plus, le club de St Trond (club de 2e division belge, dirigé par sa compagne), celui du Charlton Athletic (Ligue 2) en Angleterre, celui du Carl Zeiss Iéna en Allemagne (3e division) et de l’AD Alcorçon (D2) en Espagne. Son fils est propriétaire d’un club en Hongrie, à Budapest et qui évolue en 1ère division hongroise. En 1997, il fonde le parti politique « VIVANT ». Dix ans plus tard, il rejoint le parti libéral flamand « OPEN VLD ».

Deux propositions et une venue à Tours

Selon une source proche du dossier, « avec un homme comme Roland Duchâtelet, on pourrait être en Ligue 1 dans les deux ou trois ans !… ». Le milliardaire est venu à Tours très récemment mais pour y rencontrer qui ? Mystère. De son côté, Jean-Marc Ettori ne semble pas enclin à céder à n’importe quel prix le TFC et encore faut-il qu’il soit désireux de vendre. Les prochaines semaines seront déterminantes tant en terme de résultats sportifs que d’équilibre financier. Les dettes du club sont importantes. Celles dues aux fournisseurs seraient au-delà du million d’euros et celles dues au titre de la fiscalité autour des 900 000 euros. Le président corse du club aux couleurs bleu et noir aura-t-il le choix ? Récemment, chez nos confrères de la Nouvelle République, Jean-Marc Ettori rétorquait à une question sur son éventuel départ « J’y suis, j’y reste ! » et de rappeler qu’il avait eu « une offre hyper-intéressante ». Mais cette offre ne semble pas être celle du milliardaire belge. Début juillet 2014, Roland Duchâtelet fait appeler l’avocat de Jean-Marc Ettori à qui on propose de racheter le club pour 1 € symbolique. « C’est une histoire belge et du foutage de gueule ! » clame alors le président corse. Quelques semaines plus tard, toujours d’après Jean-Marc Ettori, le milliardaire le rappelle et améliore son offre : 2,5 millions d’€ pour racheter le club avec Andy Delort. Il refuse et ne répondra pas à cette offre.

A regarder les protagonistes du rachat du club et de la vente du joueur-star du moment, nous avons d’un côté, un milliardaire propriétaire du Standard de Liège, de l’autre un joueur, Andy Delort, et surtout son agent, Roger Hentoray, un ancien footballeur belge et ancien directeur général du même Standard de Liège. Les propositions du Belge arrivent au moment de la cession d’un joueur qui pouvait rapporter gros au club tourangeau et surtout au moment d’une situation financière délicate annoncée. Alors hasard ou coïncidence ?
Pour Jean-Marc Ettori, « on peut se poser des questions ! ». Le joueur et son agent ont même eu des discussions avec le club anglais Charlton Athletic, propriété également de Roland Duchâtelet. Finalement, le joueur est vendu au Wigan FC pour une somme avoisinant les 4 millions d’euros.

Jean-Marc Ettori : « A la fin 2016, toutes les dettes seront payées « 

Mais le trépidant président du TFC aura-t-il le choix encore longtemps ? Suspendu à une décision très proche de la DNCG de recruter ou non et à l’attente de résultats, le président Ettori devra mesurer l’ampleur de ses positions. Quand on lui pose la question de remettre au pot pour consolider sa trésorerie, ce dernier répond : « On va sortir un bilan positif de 2,5 millions d’euros pour la saison 2014-2015. Cette année sera la plus difficile pour nous. Les perspectives pour la saison 2015-2016 sont bonnes…On doit passer le cap de cette année charnière ». Pourtant aujourd’hui, les doutes sont permis. Le TFC est 19ème du classement général de Ligue 2 et une relégation en National serait fatale au club. « Nous allons rester en Ligue 2 !!! Et à la fin 2016, toutes les dettes seront payées » nous répond Jean-Marc Ettori. « Il nous reste un an et demi pour payer toutes les dettes. Nous aurons à terme une trésorerie consolidée et supplémentaire et une masse salariale qui aura baissée ».

Il est aussi question de céder des joueurs à terme. « On dit le plus grand bien de notre gardien. Il y a des offres que l’on ne refuse pas » ajoute le président du TFC. Et quand on évoque, avec lui, la revente éventuelle du club : « Si demain, on me fait une proposition à 10 millions d’€. Je réfléchirai bien sûr ! ». A bon entendeur…

Pendant ce temps, à plus de 600 kilomètres de là, un homme semble attendre de pouvoir investir dans un sixième club. Pour le milliardaire liégeois, ce serait aussi un moyen supplémentaire de rapporter, à terme, de l’argent dans son empire et d’étoffer son offre de joueurs entre les pays où il est implanté. Car l’homme d’affaire belge a fait de la revente de joueurs un business lucratif. La possession de plusieurs clubs en Europe lui permet une rotation de ses joueurs et une montée en puissance et en compétences des jeunes footballeurs.
D’autant que le milliardaire ne fait pas les choses à moitié. Il ne se contente pas seulement de racheter un club mais investit aussi dans le rachat du stade qu’il modernise et développe autour un business florissant (hôtellerie et business center).

A dix-huit mois de l’Euro 2016, l’avenir du TFC est important. Son rayonnement nécessaire pour la ville candidate à recevoir l’équipe du Portugal serait un atout supplémentaire. Et pour la ville retrouver les ambiances de la Ligue 1, ce serait mettre un terme à trente ans de marasmes et de rebondissements au sein de son club de football.

Crédits photos : Laurent Geneix pour 37°

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