Sport

10km de Tours : l’angoisse du fan

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Cher Bernard Coupez,

Je te vénérerai (tu permets que je te tutoie ?) jusqu’à la nuit des temps et sache que le jour où la Ville de Tours fera ériger une statue de bronze à ton effigie pour services rendus à la nation tourangelle, j’irai la saluer régulièrement en faisant mon jogging et que je chasserai les jeunes et les chiens qui d’aventure auraient l’irrespect de faire pipi dessus ou d’y apposer des tags ratés.

Car, oui, mon vieux Coucou (tu permets que je t’appelle mon vieux Coucou ?), je suis un gros fan des 10km de Tours. La preuve : je les fais depuis trois ans, dans des temps honorables (entre 54 et 56 minutes en moyenne, ce qui me place dans le premier tiers des participants). J’ai même écrit des trucs dessus (ici et ) et je rameute des potes et des collaborateurs tous les ans (même des Parisiens) pour faire une petite équipe. On était 12 cette année. Bon je sais que ça ne représente que 0,006 % de ton chiffre d’affaires, mais je fais ce que je peux pour te soutenir.

J’adore ta manifestation, Nanard (tu permets que je t’appelle Nanard ?), parce que c’est un événement populaire qui fait sortir des milliers de Tourangeaux dans la rue et que même les gens qui ne savent pas vraiment courir peuvent participer et être encouragés par des inconnus sans se prendre la tête ni passer pour des cons.

Tu vois Bébert (tu permets que je t’appelle Bébert ?), je me sens donc un tout petit peu légitime pour te dire que pour la première fois cette année, je suis un peu déçu.

Déçu parce que j’ai attendu 45 minutes sur la zone d’arrivée, tassé comme un poulet de batterie, au milieu de milliers de congénères suants et haletants, en plein soleil et sans eau.

Déçu parce que certains de mes amis ont dû s’arrêter 20m avant la ligne d’arrivée et se retrouvent avec un temps officiel totalement faussé, après, pour couronner le tout, que des motards les eussent gentiment écartés pour que les premiers du marathon puissent terminer leur course sans gêne.

Déçu parce que pendant ces 45 minutes d’attente et d’odeurs de sueurs diverses et avariées, j’ai entendu un commentateur beugler que les marathoniens étaient géniaux alors que l’année dernière encore j’entendais toutes les 30 secondes des félicitations pour les concurrents anonymes du 10km qui n’en finissaient plus d’arriver.

Le doute m’habite, Pépez (tu permets que je t’appelle Pépez ?) : avec l’arrivée et le développement du marathon, ta manifestation jusque là (très très) populaire serait-elle en voie de starisation massive ? Les 10.000 participants au 10km (contre 2000 pour le marathon, donc principaux pourvoyeurs de fonds) seraient-ils en passe de devenir des coureurs de seconde zone, oubliés du speaker et parqués comme du bétail assoiffé à l’arrivée pour ne pas perturber l’arrivée de quelques marathoniens ?

Evidemment, je serai malgré tout encore au départ l’année prochaine car en tant que Tourangeau je suis accro à ta course à peu près autant qu’aux rillettes, au Sainte-Maure et au Vouvray demi-sec, mais j’ai comme une petite boule dans la gorge quand même.

Grosses bises du 2800e en 54’13’’

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