Sport

Alexandre Bertrel : le couteau suisse du TFC

Tout le mois d’août nous vous proposons un Best-of des articles publiés depuis septembre dernier. Aujourd’hui retrouvez ce portrait d’un homme de l’ombre du Tours Football Club.

Quadragénaire dynamique et barbu, ce phénomène 100 % local a déjà eu plusieurs vies en une. L’heure de la retraite ou même de la stabilisation n’ont pourtant pas encore sonné, loin de là. C’est en contactant le TFC pour un reportage que nous l’avons découvert et c’est en le « Googlant » que nous avons découvert qu’il avait d’autres cordes à son arc. Puis c’est en le rencontrant qu’on a découvert son CV long comme La Loire. Un parcours passionné et passionnant !

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Une enfance dans le cyclisme

«J’ai été cycliste de haut-niveau, puis j’ai dû arrêter en raison de problèmes physiques. Nous sommes une famille bretonne et le cyclisme est une passion qui s’est transmise de génération en génération. J’étais destiné à faire une carrière dans ce domaine, mais j’ai finalement repris des études.»

Des études courtes… sauf pour lui !

«Dans ma famille, la tradition c’est plutôt les métiers manuels et une entrée précoce dans le monde du travail. Mon père est mort quand j’étais encore jeune, je suis le dernier, mes deux frères se sont plutôt tournés vers des métiers manuels et des études courtes, ma sœur aussi, même si elle a repris des études par la suite. Pour ma part, j’ai fait un DUT Tech de Co, puis un BTS Informatique à Tours.»

13 ans à Saint-Cyr chez SKF.

« J’ai ensuite intégré SKF où je suis resté environ 13 ans. Au départ j’ai été technicien informatique, puis je me suis vite retrouvé d’abord Responsable des Achats, puis Directeur des Achats informatiques pour SKF France. J’ai pas mal voyagé d’ailleurs… Et puis en parallèle j’étais responsable de la communication informatique auprès des utilisateurs. J’ai commencé à mettre le nez dans la com’ et dans internet, à une époque où ça démarrait vraiment ».

Des créations de sites internet à ses heures perdues.

« Cet attrait pour internet m’a conduit à créer des sites pour des potes, comme le groupe As de Trèfle par exemple, et pour d’autres structures, bénévolement. Et c’est comme ça que j’ai fini par me retrouver au TFC en 2006. Ils n’avaient pas de site, tout simplement, donc je leur ai proposé de faire un site, gratuitement. A l’époque un journaliste travaillait ici en permanence et comme il n’y connaissait rien en informatique et internet, mon arrivée et ma proposition l’ont intéressé ».

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Une formation sur le terrain… mais pas sur la pelouse

«Petit à petit ils se sont mis à me confier différentes missions ponctuelles, rémunérées. Des photos, des vidéos, du rédactionnel… J’ai peaufiné mes différentes compétences au club, cela a été une très bonne école. On m’a confié de plus en plus de choses. L’année dernière une nouvelle direction est arrivée, avec une nouvelle stratégie en communication qui signifiait notamment ma participation à plein temps. J’ai alors franchi le pas et j’ai été embauché à temps complet au TFC en novembre 2013.»

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Photo et vidéo : amateur éclairé de longue date.

«Mes compétences dans ces deux domaines remontent à pas mal d’années aussi. Avec des amis nous avons fait pas mal de courts-métrages, en tant qu’auteurs, réalisateurs et même acteurs, au sein d’une association. Là aussi je me suis formé sur le tas et je me suis acheté mon matériel, que j’ai encore aujourd’hui et que j’utilise pour le club.»

«Attaché de presse, webmaster, Community Manager…» Une carte de visite trompeuse ?

«C’est vrai qu’il manque le montage et l’habillage vidéo, le rédactionnel, la banque d’images photos du club et pas mal d’autres choses. Là par exemple, je suis en train de préparer cette campagne de pub avec un fast-food, je viens de dessiner la future mascotte du club qui devrait être présentée prochainement, j’organise des concours, je me déplace sur tous les matches en extérieur où je fais des reportages en interne…»

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Une marge de manœuvre dans la fonction d’Attaché de Presse

«J’organise surtout les conférences de presse et parfois les relations presse, mais j’aimerais que cette partie-là évolue. Nous y travaillons car il est important que tout le monde ne s’exprime pas séparément, nous allons avoir une stratégie mieux rodée dans les mois à venir…»

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La bande dessinée : une passion tardive, mais une expérience intense

«Comme pas mal de gens, j’ai beaucoup lu les Tintin et les Lucky Luke. Je m’amusais à redessiner des planches, ça me plaisait bien, mais ce n’était pas une passion. Des années plus tard, vers 24/25 ans, j’ai vécu avec une femme qui m’a vraiment fait aimer la bande dessinée, j’ai découvert cet univers particulier, on a fini par se faire une grosse collection à deux. J’ai eu envie de faire partie d’une association locale. J’en ai trouvé une qui était en train de se casser la gueule et on l’a remontée à plusieurs. Du Festival du Off du Vendredi 13 est ensuite né le festival A Tours de Bulles, dont j’ai été président pendant 10 ans, jusqu’à cette année. »

L’école d’illustration Yellowkid : un projet avorté

«J’avais un projet d’école à Blois qui était très bien lancé; mais au dernier moment la Ville de Blois nous a plantés : nous avions organisé des master classes de bon niveau, tout était sur les rails… Malheureusement, tout s’est arrêté brutalement.»

Un petit tour en politique

«Dans ma famille je suis le seul à gauche ! Et le seul à avoir eu une expérience d’élu aussi. J’ai été militant PS à l’époque de la première candidature de Jospin en 1995, puis j’ai quitté ce parti qui ne me convenait pas du tout, les jeunes n’y étaient pas du tout écoutés. Par la suite je suis allé chez les Verts, vers l’âge de 29 ans. J’ai été candidat aux Cantonales très vite, j’ai fait 9 %, c’était une belle surprise pour moi. Ensuite, j’ai été Adjoint à la Culture de Fondettes avec l’équipe Garrido, jusqu’à cette année. Une nouvelle fois les Cantonales entre-temps en 2008 avec un meilleur score encore, près de 12 % ! Là j’ai arrêté et j’ai quitté les Verts. Des désaccords et envie d’autre chose… Je pense que j’y reviendrai. Mais pas forcément ici. Un jour il faudra bien que je bouge de la région, pour changer un peu d’air.»

The Future is Now!

«Je dois rencontrer prochainement la commission culture de Ville de Tours pour un nouveau projet de lieu d’exposition ouvert sur les arts graphiques et numériques et les jeux vidéo. C’est un projet global avec des acteurs locaux, des ateliers et pourquoi pas l’installation de studios de création à Tours dans les années à venir. Mais ce n’est pas une idée fixe, je vais proposer un dossier sérieux et si ça ne marche pas, je serai déçu, mais tant pis…»

 

 

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