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A Tours, le squash rend accro

Midi ou soir, été comme hiver, les 4 cours de squash de l’ASPTT ne désemplissent pas sur le site du club à Rochecorbon. Nous avons rendu visite aux joueurs…

11h-22h du lundi au vendredi, 9h-17h le week-end : les horaires d’ouverture du club de squash de Tours-Rochecorbon sont XXL et ce n’est pas de trop : « on a des joueurs qui viennent s’entraîner midi et soir, les 4 cours ne désemplissent pas » nous expliquent Delphine Clémenceau (la présidente) et Juan Salvo (le coach). Ce lundi-là, certains sont en mode décrassage : le tournoi du week-end a laissé quelques traces mais la motivation est là, et les balles tapent vite et fort contre les murs. Entre deux oppositions, les appareils de massage offrent un break bienvenu.

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Arrivé en 2011 dans le giron de l’ASPTT sur les bords de Loire, le squash est en pleine expansion (il y a aussi des clubs à Fondettes, Joué-lès-Tours, Notre-Dame-d’Oé et Loches). Aujourd’hui, près de 300 personnes sont inscrites (dont une vingtaine d’enfants bienvenus dans 5-6 ans). Les adultes ont entre 20 et 56 ans, et dans le lot une cinquantaine d’hommes et femmes font de la compétition (il y a 4 équipes masculines, dont une évoluant depuis cette année en 3ème division nationale – la N3 – et deux équipes féminines).

Rapidité et stratégie

« L’objectif, c’est qu’au bout d’un an ou deux ceux qui font des cours collectifs entament la compétition » explique Juan qui encadre 20h de cours hebdomadaires et accompagne cette année la création d’une 4ème équipe d’hommes évoluant au niveau Régional 4 (sûrement Régional 3 l’an prochain). Avantage : le championnat se déroule seulement sur 4 week-ends en octobre, novembre, mars et avril, l’organisation est donc simple. Actuellement 5ème de son championnat, l’équipe une en Nationale 3 jouera le maintien le 7 avril avec deux matchs. Une seule victoire lui suffit pour garder son rang. Chez les femmes, l’équipe N°1 est leader de sa poule régionale mais pas encore à un niveau suffisant pour franchir une étape après les play-off.

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Pour celles et ceux qui n’ont pas trop l’habitude, c’est le moment de faire un point Wikipedia : le squash est un sport de raquette dans lequel les deux adversaires partagent le même espace, à savoir un terrain de 10m x 6m entouré de 4 murs. Les lignes en sol délimitent seulement la zone pour servir, ensuite tous les déplacements sont libres (ce qui nécessite une grande attention pour éviter les collisions entre joueurs, la balle bougeant très vite, environ à 150km/h) : « si on ne fait pas attention, on a vite fait de se prendre un coup de raquette. » Aie (c’est d’ailleurs pour ça qu’en match officiel, l’arbitre est de l’autre côté du mur, pour bien tout voir, et pour sa sécurité).

Jusqu’à 3h par jour pour les plus assidus

Un match se joue en 3 jeux de 11 points gagnants, avec minimum 2 points d’écart. A chaque point, la balle doit toucher le mur du fond de court, mais elle peut aussi rebondir partout ailleurs. Seule contrainte : ne pas dépasser les lignes rouges, « et si la balle sort du court, le responsable paie sa tournée » note Delphine Clémenceau. Il semble que ça n’arrive pas si souvent, même si il parait que l’arrivée des joueurs de squash a permis de faire progresser le chiffre d’affaire de la buvette.

« Ce qu’il faut ce n’est pas forcément taper fort mais mettre l’autre en difficulté, jouer des balles collées au mur, les plus longues possibles. Si vous emmenez votre adversaire au fond du court, une balle devant sera plus difficile à rattraper car il devra tout traverser » explique Juan. Hyper physique, faisant autant travailler les muscles que le cardio, le squash nécessite une tension constante : pas question de faire des pauses trop longues sous peine de refroidir le corps.

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Delphine Clémenceau et Juan Salvo

« Idéal pour se défouler »

« Le squash, c’est parfait pour se défouler après le boulot » raconte Delphine. Elle en sait quelque chose : elle est adepte depuis une dizaine d’années… « Je suis arrivée un peu par hasard. Mon mari faisait du tennis, j’ai vu qu’il y avait une équipe de filles qui s’entraînait et qu’elles avaient l’air de se marrer. J’ai essayé et j’ai tout de suite adoré, je me suis amusée. Comme on joue avec les murs c’est ludique, et puis il y a un côté stratégique avec plein de combinaisons possibles en fonction des murs : on peut attaquée en volée, en lobe, en double-mur… »

Tout transpirant, Julien sort du court pour une pause interview : « j’ai commencé à 19 ans, je cherchais une activité assez physique, un bon exutoire et le squash ça a tout de suite été très intéressant, c’est un paradis. J’ai commencé par une petite demi-heure, maintenant je viens par sessions de 2h, c’est très addictif, on a tendance à ne pas trop se ménager. Il y en a qui en font 3h par jour. » Pour les curieuses et les curieux, l’ASPTT organise régulièrement des initiations ainsi que 2 tournois annuels. Le rêve du club, même si ça ne dépend pas directement de lui : « que le squash arrive aux JO » lance Delphine Clémenceau. Pour Paris en 2024, peut-être ?

Photos : Pascal Montagne

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