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Tours Evénements : Les regards ambitieux de Christophe Caillaud-Joos

Arrivé à l’automne à la tête de Tours Evenements, société d’économie mixte contrôlée à 83% par la ville de Tours et gérant le Vinci et le Parc des Expositions, Christophe Caillaud-Joos, le nouveau directeur général, s’est déjà fixé des priorités pour faire franchir un cap à Tours dans le domaine événementiel. Entretien.

Son parcours :

Agé de 53 ans, Christophe Caillaud-Joos a un CV bien fourni. Après avoir travaillé dans le milieu du marketing et de la publicité, puis dirigé une agence de publicité appartenant à grand groupe anglais, le nouveau directeur général de Tours Evénements a occupé la fonction de directeur marketing et commercial pour le groupe Neptune (St Yorre, Vichy Célestins,etc.).

C’est à Nantes que sa carrière va faire la transition avec le monde de l’événementiel. Entre 2003 et 2010 il y est en effet directeur général du Centre de communication de l’Ouest (CCO), basé au sein de la Tour Bretagne et y mène la rénovation du lieu.

Il rejoint le groupe GL Events Paris en 2011 pour assurer la direction du Palais Brongniart à Paris où il reste jusqu’à son arrivée à Tours à l’automne dernier.

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Christophe Caillaud-Joos est un directeur-général qui arrive de région parisienne, avec forcément un regard neuf et extérieur. Et s’il a trouvé en arrivant une structure qui tourne bien avec de nombreux atouts, le nouveau directeur-général a également pleins d’idées pour faire monter d’un cran Tours Evénements au niveau national, voire international.

Son regard sur Tours

« C’est une ville que je ne connaissais pas bien avant d’arriver. Je me rends compte que c’est une ville dans laquelle il faut vraiment pénétrer pour en découvrir le charme. Rien quand on passe par l’A10 n’incite vraiment à la découvrir. Pourtant une fois qu’on y entre, on se dit qu’elle a énorméments d’atouts, peut-être mal exploités. Pour moi, Tours c’est un peu la synthèse de la France avec à la fois un côté moderne et un côté historique. C’est valorisant de travailler pour un territoire comme celui-ci ».

Son regard sur Le Vinci et le Parc des Expos

« La structure possède deux beaux outils complémentaires avec le Palais des Congrès et le Parc des Expositions. Nous avons deux petits avantages : nous avons de beaux et grands lieux et l’accessibilité est remarquable. Ils mériteraient une modernisation parce que les infrastructures ont un peu vieilli mais il y a tout pour travailler sereinement et se faire plaisir.

Concernant le Vinci, je pense que si on veut que cela parle en national ou à l’international il faut changer son nom parce que Vinci ça ne parle pas en événementiel. Il faut un nom qui marque tout de suite comme Palais des Congrès. »

Son regard sur l’entreprise Tours Evénements

« C’est une structure qui tourne. Il y a 80 personnes employées permanentes qui sont investies dans leurs missions.

Je pense qu’on peut amener Tours Evénements à avoir des standards nationaux. Cela passe par exemple par la mise aux normes environnementales. Je suis très attaché à la responsabilité sociétale des entreprises. Il faut par exemple que nous travaillons à l’obtention de normes ISO. Cela passe par des gestes simples comme le traitement des déchets, la gestion des flux… C’est long à mettre en place, parce que cela prend un an minimum, mais nous devons être exemplaires à ce niveau ».

Son regard sur la concurrence

« Nantes est en avance, c’est la ville qui doit servir de modèle. Ce qui a fait la force de Nantes et sa différence c’est qu’ils ont su mettre en avant des animations particulières un peu différencientes. En marge des événements on propose des visites de l’Eléphant ou encore des soirées cocktails aux hangars à bananes… La concurrence se fait entre villes et pour se différencier il faut proposer des choses originales. Aujourd’hui nous faisons des choses très propres, très carrées. Demain il faut aller plus loin et réinventer les salons et les événements. Il faut le faire dans un esprit start-up, en cherchant à innover. On peut imaginer un travail sur les jardins fleuris en ville au moment du concours des fleuristes, afin de mettre en avant l’image de Tours comme jardin de la France. Nous avons une zone de chalandise de 100-150 km, mais il faut aller chercher la clientèle parisienne, lui donner envie de venir passer un moment à Tours. »

Son regard sur le tourisme d’affaires

« C’est la priorité parce qu’on a besoin d’argent pour pouvoir réinvestir et se moderniser derrière. Le tourisme d’affaires est aujourd’hui embryonnaire et nous devons le développer y compris à l’international. Nous travaillons déjà à faire venir des grands congrès d’affaires dans les 2 ou 3 ans et des conventions d’entreprises l’an prochain. C’est important parce que ces rendez-vous bénéficient au tissu économique local. »

Son regard sur les événements organisés

« Certains perdent de l’argent, nous les avons donc arrêtés comme Les Fourchettes Soniques ou le Games Tours Festival. On réfléchit en fait à réduire et regrouper le nombre de manifestations organisées afin qu’elles soient plus importantes et qu’elles aient plus d’impact. Il faut voir par exemple si on peut pas regrouper le Japan Festival avec les activités du Games Tours ? Cela n’empêche pas de réfléchir à de nouvelles manifestations. Il pourrait y avoir par exemple un rendez-vous autour des livres. »

A lire sur Info Tours :

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son regard sur le Nascar et l’American Tours Festival

Son regard sur le tissu et les acteurs locaux

« Avant d’arriver j’ai pu lire que c’était parfois un peu compliqué… Je suis un homme de consensus et il est primordial de faire attention aux acteurs du territoire. Nous ne sommes en concurrence avec personne et nous devons travailler intelligemment ensemble. »

Propos recueillis par Olivier Collet et Mathieu Giua

Photos : Pascal Montagne