Société

On a testé pour vous… les panneaux d’affichage de la Fac des Tanneurs

Autres temps, autres murs

Même pas peur. Alors que la rédaction de TMV s’emmerdait à se priver de téléphone portable, nous on a décidé de partir dans un autre genre d’aventure puis on s’est déguisé en étudiant de lettres-sciences humaines pour passer incognito et on est parti explorer de très près les panneaux d’affichages qui décorent les nombreux couloirs de la Fac des Tanneurs

DSC_0373

Quitte à tout de suite passer pour un vieux con nostalgique, force est de constater que l’avènement des réseaux sociaux et de Le Bon Coin ont fortement appauvri ce qui fut naguère dans le temps jadis autrefois à notre époque une mine d’or pour n’importe quel sociologue, voire n’importe quel étudiant en première année de sociologie. Oui, mesdames et messieurs, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître : celui où sans panneaux d’affichage la vie d’un étudiant n’avait aucun sens.

Plus de rouge que de bleu

DSC_0368

Malgré cet appauvrissement, il reste quand même des choses à voir et à lire et, n’étant pas sociologue moi-même, mais juste un (très) vulgaire journaleux (produit dérivé cheap du «cultureux», comme chacun le sait), je vais pouvoir y aller de ma petite analyse à deux balles. Contrairement au futur nouveau logo de la Ville de Tours, le rouge est la couleur dominante des panneaux d’affichage de la fac des Tanneurs.

DSC_0316

Si vos enfants ne savent pas ce que c’est le communisme, le Front de Gauche et les différents courants et groupuscules trotskistes/anarchistes/libertaires/anti-capitalistes, une petite visite pédagogique par ici s’impose : bienvenue dans un monde à part, où l’UMP, les Verts, le PS, le FN et la Reine d’Angleterre n’existent pas.

DSC_0318

Côté slogans, ça sent un peu le renfermé. Entre le «seul on ne va nulle part» qui ferait bien rire Lucky Luke et Jean-Jacques Goldman, et dessous le «Ensemble tout est possible» qui frôle le «Ensemble tout devient possible» de Sarko, l’appel au Grand Soir de Solidaires fait un peu flop flop.

DSC_0338

Un peu d’humour quand même (mais pas trop)

Si vous pensiez que les étudiants de droit ou de médecine étaient chiants comme la pluie, vous pourriez descendre de quinze étages en découvrant le peu d’humour qui garnit les murs des Tanneurs. Car hormis un étudiant voulant sous-louer ton appartement quand tu pars en Erasmus et qui clame «je suis réglo», le département de latin/grec qui tente de nous faire croire qu’il est sexy avec des affiches colorées et des slogans qui tuent, le nom de certaines associations étudiantes (par exemple la SHAT pour les historiens de l’art, vous voyez le niveau) et la dégaine de la nana qui fait semblant de lire la NR pour dire aux étudiants qu’elle leur est offerte chaque vendredi (la NR, pas la nana), je dois dire que je n’ai pas beaucoup ri pendant cette exploration, contrairement à ce que me promettait mon rédac chef. #grossearnaque.

DSC_0351

DSC_0344

DSC_0329

Des housses de portable médiévales

Par contre, j’ai quand même fait quelques sympathiques trouvailles.

DSC_0340

Alors que je venais de lire des menaces sur les bourses («Pas d’absence aux partiels sinon on vous les coupe»), je tombe sur une annonce vantant des «bourses médiévales» faites main, avec un numéro de téléphone à détacher. Il y en avait plein de détachés, ça m’a étonné autant d’intérêt, je me suis dit que je devais être complètement à la ramasse et que ça devait être un code pour des parties fines.

DSC_0353

Il y a aussi les cours de guitare pas chers, dont celui-ci qui annonce déjà les morceaux que vous allez jouer si vous vous inscrivez et une forte présence des boîtes de nuit du coin qui sucent les maigres finances des étudiants jusqu’à l’os avec des soirées «open capotes» ou «interfac» qui excitent d’avance le puceau boutonneux de lettres s’imaginant pécho les bombasses des autres sections (c’est toujours mieux ailleurs), mais là je m’égare, pardon.

DSC_0315      DSC_0350

Pour tout vous dire, les panneaux officiels où tout est propre et bien rangé ont largement pris le dessus et l’étudiant étant un animal plutôt discipliné, il n’y touche pas : pas même un geste de rebellion type feuille rageusement déchirée, ni dessin de quéquette, ni tag géant «le prof de littérature comparée est un gros connard !»

DSC_0380

Peut mieux faire, donc.

Crédits photos : Laurent Geneix pour 37°

Print Friendly, PDF & Email