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Signes des Temps #145 : Puissance 4 urbain à Joué-lès-Tours

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Rouge… Jaune… Rouge… Jaune… Non, on n’est pas en train d’écrire les premiers ver(t)s d’un poème en hommage aux célèbres mascottes d’une marque de bonbons à la cacahuète enrobés de chocolat… Ce n’est pas non plus une ode aux professeurs d’art plastique qui – décidément – n’ont jamais compris notre fibre créatrice.

Aujourd’hui, c’est un retour en enfance que cette image nous inspire… Cette époque où l’on jouait assis sur notre petite chaise en plastique devant la table basse du salon, table que l’on a toujours trouvée super stylée et qui a perdu beaucoup de sa superbe à l’âge adulte, quand on apprit au détour d’une conversation banale qu’elle avait été achetée chez un grand fabricant de meubles scandinaves (aujourd’hui, elle est planquée dans un coin, recouverte d’une plante un peu malade, d’une platine vinyle et d’un porte-bougie en cristaux de sel, merci de ne pas juger).

Le meuble étant toujours à portée de vue, comme un totem sauvé des affronts du temps, concentrons-nous sur ces souvenirs d’une époque insouciante, celle où l’on empilait des jetons rouges et jaunes le dimanche matin dans l’espoir secret d’en aligner 4 à la verticale, à l’horizontale ou en diagonale. Cette mission ponctuellement réussie face à papa ou maman (théoriquement plus adroits, essentiellement au bénéfice de l’âge), entraînait automatiquement une vague de fierté qui traversait tout notre corps. Subitement, quel que soit la saison et la température extérieure, notre cerveau nous intimait l’ordre de courir dans le jardin en criant à toutes berzingues, le tout coursé par le chien qui trouvait ça diablement amusant, lui aussi, même si ce sacré cocker croisé épagneul ne devait pas y comprendre grand-chose (paix à son âme).

Alors quand – par hasard, sur le chemin d’une conférence de presse à Joué-lès-Tours – on tombe sur ce cageot qui ressemble un peu au cadran en plastique de notre enfance, les souvenirs reviennent, la nostalgie guette. On se demande bien ce qu’elle a pu devenir cette boîte de jeu de société. Jetée lors d’un déménagement parce que jugée trop poussiéreuse et abimée ? Ou, mieux, donnée à d’autres enfants pour perpétuer la tradition ? Ainsi elle serait toujours rangée bien en évidence quelque part dans un placard d’où elle aurait la possibilité de sortir de temps au temps au grand jour ? On l’espère sans trop y croire…

Ça nous travaille tellement cette histoire de Puissance 4 qu’on a cherché sur notre smartphone s’il y avait « une application pour ça », selon la formule consacrée (spoiler : oui, et même plusieurs). Et puis la conscience revient : pourquoi céder à cette sirène du jeu sur écran quand on pourrait simplement aller chercher des cailloux, des noix ou des pommes de pain dans le jardin pour jouer avec ce cagot abandonné sur le sol ? Quand l’esprit de la récupération rencontre celui des jeux d’enfant, l’imagination n’a plus de limites, l’audace et le rêve prennent le dessus et tout devient possible. Il nous manque juste un(e) partenaire pour remonter le temps. Si jamais ça te tente, tu sais qui appeler.


Un degré en plus

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