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Signes des Temps, #183 : Profiter de la vue

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Notre-Dame de Paris a brûlé lundi soir. En France, et dans le monde, les images de la cathédrale en flammes ont sidéré celles et ceux qui y ont été confrontés. On peut facilement l’expliquer tant ce monument est inscrit dans la mémoire collective. On l’a visité, observé, aperçu… A Paris il suffit de traverser la scène pour qu’il vous saute aux yeux. Combien de cartes postales envoyées dans les boîtes aux lettres de Saint-Branchs, Maubeuge, Mexico et Tokyo avec ces tours, ces gargouilles et ces rosaces au premier plan ? Combien de fans qui fredonnent encore les chansons de la comédie musicale éponyme sur la route des vacances (allez, on leur pardonne) ?

Tant de souvenirs imprimés dans le cerveau ou sur papier que l’on se remémore aujourd’hui. La photo d’un édifice imposant et majestueux. Ce n’est pas nécessairement le site religieux que l’on admire, mais la prouesse architecturale. On peut s’y habituer, mais comment s’en lasser ? Il est temps de lever à nouveau la tête et de profiter de la vue. Partout. Le plus souvent possible. Ici, ce sont la Tour Charlemagne et la Basilique Saint-Martin qui apparaissent. Elles aussi sont symboliques à leur échelle, paraissent éternelles. Pourtant, on le sait, l’une a brûlé et la statue de la seconde a dû être enlevée d’urgence car elle menaçait de tomber.

On évite chaque jour de petites ou de grandes catastrophes, et quand ça dérape on fait tout pour limiter leurs conséquences. Ce serait illusoire de dire qu’on est en capacité de se sortir de toutes les panades. Néanmoins, on peut faire quelque chose. Pour Notre-Dame, pour la Basilique, pour la maison familiale, pour l’ours polaire, pour les abeilles… Pas de hiérarchie. Simplement lever les yeux, prendre conscience de ce qui nous entoure, consacrer le temps nécessaire à une méditation sur l’état de son monde et de la façon dont on peut l’aider à ne pas s’écrouler. Si on ne le fait pas, on devra se contenter de cartes postales et des photos de famille à regarder les yeux humides. Une bien maigre consolation.


Un degré en plus :

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