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Signes des Temps #178 : « Allô ? »

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Elle doit servir une fois de temps en temps, autant que ma poêle à crêpes. Candes-Saint-Martin dispose encore d’une cabine téléphonique, avec logo France Télécom d’époque. On y trouve aussi le traditionnel combiné chargé en bactéries, les touches de cadran téléphonique potentiellement récalcitrantes et surtout le fameux lecteur de cartes à puces, celles qu’on achetait à l’épicerie du village ou à La Poste pour passer quelques minutes au téléphone avec maman et papa entre deux parties de pétanque et de mini golf.

A une époque, ces cartes, j’ai dû avoir la vague intention de les collectionner, avant d’arrêter pour privilégier les savonnettes des hôtels. Je n’imaginais pas que je tournais le dos à des pièces de musée. Comme les cartes animaux des chocolats Merveilles du Monde. Elles ont dû finir dans une poubelle alors que c’est en partie grâce à elles que j’ai appris à différencier un ouistiti d’un babouin et que le zèbre ne vivait pas en Islande.

Pour satisfaire notre besoin de nostalgie, il reste les Dinosaurus et les rediffusions de Julie Lescaut où les personnages louches passent leurs appels depuis une cabine, pour ne pas être repérés trop facilement. Des gangsters qui se sont adaptés à la vitesse de la lumière aux avancées technologiques tandis que les populations historiques des petits villages pourraient être tentés de se battre pour garder leur cabine, surtout si le réseau mobile est aussi récalcitrant qu’un ado de 14 ans à qui on demande de faire la vaisselle.

Emblèmes d’une époque où le Bigdil faisait des cartons d’audience sur TF1, les cabines téléphoniques sont passées d’outil du quotidien à curiosité touristique. « Ah, ils ne l’ont pas encore enlevée celle-ci ? Ils l’ont oubliée ? » s’est-on surpris à penser en croisant celle de Candes. On n’a pas poussé le vice jusqu’à faire un selfie avec le combiné à l’oreille, mais sûr que ça aurait pu cartonner avec le #vintage sur Instagram.


Un degré en plus :

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