Société

Signes des Temps #18 : Amour communal rue Jules Simon

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Il est loin le super sexy «I love New York» qu’on ne trouvait que sur des mugs ou des T-shirts sur place et qui prouvait qu’on y était allé, vraiment. Voici la version française et interchangeable, donc mille fois moins glamour et surtout très curieuse : pourquoi donc ma «commune» ? Pourquoi pas «J’aime ma ville» ? Ce serait donc la version rurale ou froidement administrative de cette célèbre série ?

Alors demain quoi ? «J’aime ma communauté de communes» ? «J’aime mon agglo» ? «J’aime ma communauté urbaine» ? «J’aime mon conseil départemental» (bien plus sexy que «mon département») ?

Ah l’amour… Il est beau quand il est dans la rue, crié gratuitement et anonymement comme ça. Un peu maladroit, déplacé, énigmatique, apolitique (peut-être), interdit mais moins dégradant qu’un tag, discret mais visible quand même, moins éphémère qu’un message à la craie ou qu’un visage d’Aline dessiné sur la plage.

Et si on n’avait rien compris finalement ? Si «ma commune» était un nouveau joli nom pour dire «ma moitié» ? Celle avec qui j’ai tellement en commun, une déclaration forcément dédiée à une femme (oui, hein, «J’aime mon commun» ça le ferait beaucoup moins).

Le rationaliste rabat-joie (un journaliste, tiens, par exemple) qui n’aura pas pris la peine de lire jusqu’ici, s’empressera de commenter cet article, ici ou sur Facebook : «Pfff, mais n’importe quoi, renseignez-vous, c’est juste la nouvelle campagne de l’Association des Maires de France !».

On aura préféré pour notre part cesser de se renseigner, de tout vouloir savoir, pour laisser place à notre imagination. Qu’est-ce que ça fait du bien !

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