Société

[Notre feuilleton] Vincent, un Tourangeau à l’X

Le pitch : Mois après mois, nous suivons les aventures d’un jeune élève issu de la prépa Maths Physique (MP) du Lycée Descartes de Tours dans l’une des plus prestigieuses Grandes Ecoles française : Polytechnique Paris, «l’X» pour les initiés. (Episode précédent ici)

Saison 1 Episode 2 «En roûje et jône»»

Vincent S1E2-tenue

Alors Vincent, ces débuts à Polytechnique ?

La première semaine était vraiment super sympa. Encadrés par des deuxième et troisième année, on a découvert les traditions de l’Ecole et appris à se connaître à travers plein d’activités, nocturnes pour la plupart.

Comment ça s’est passé côté logement et organisation avec les «anciens» ?

Sur place, on est ‘logés’ dans les chambres de ‘2A’ (deuxième année). A l’X, les promos sont alternativement rouge ou jaune. Cette année nous sommes rouge, ou plutôt «roûje», et les 2013 sont «jône». C’est donc par rivalité entre les couleurs que les 2A nous mènent la vie dure, nous faisant pomper à la moindre occasion. Cependant les 2012 (3A ; la Kès, le bureau des élèves de l’X, est constituée de 2012) sont «roûje» comme nous et s’unissent donc avec nous contre les 2013. Tout ceci s’effectue dans un bon esprit, on ne nous oblige jamais à rien, et les différends entre couleurs s’effacent lorsque vient l’heure des questions et des conseils.

Et les activités alors ?

En parallèle avec toutes ces activités d' »inkhorpô », s’amorce notre formation militaire. Répartis en section et équipés de treillis, on nous apprend des rudiments de manœuvres, des chants, on nous fait faire du sport, et on nous incite à la cohésion au sein du groupe. En parallèle encore, plein de formalités administratives, comme les assurances, le choix pour la répartition future dans les sections sportives, etc.

Bon, et la suite, c’était comment ?

Après cette première semaine, nous sommes partis au camp militaire de La Courtine (dans la Creuse). Là-bas, c’était du 100%. Du lever à 5h30 à l’extinction des feux à 22h30. A l’ordre du jour : couleurs (cérémonie sur la place d’armes tous les matins), ordre serré (marcher au pas), travaux d’intérêt général (nettoyage du bâtiment le matin), mais aussi des instructions très militaires : parcours d’obstacles, tir, vie en campagne (sortie en campagne et bivouac sur place)…

Heu… jamais de pause pendant trois semaines ?!

Si, une seule coupure le premier week-end (le WED, w-e de désertion, une sortie d’un jour et demi au bord d’un lac, organisé par les 2012), on commence à vraiment s’imprégner des habitudes militaires, et également à se connaître les uns les autres, car on passe le plus clair de notre temps en commun.

Faites-vous autre chose pendant ces trois semaines ?

Oui, durant cette formation, l’accent est mis sur l’importance du choix de stage FH (de formation humaine), qui occupera les 6 mois qui suivront. Nous avions commencé à y réfléchir et à y être sensibilisés à Palaiseau, mais à La Courtine ça se précise.

Stage civil ou stage militaire, que choisir entre air, terre, mer et gendarmerie, et au sein de ces armées, quels types de stages ? Par exemple en armée de terre, on a le choix entre régiments, état-major, lycée militaire et école militaire. Les deux derniers sont des stages d’enseignement, sans responsabilité. Les stages en état-major sont très administratifs, et réputés comme peu ‘exaltants’. Les stages en régiments enfin consistent à nous placer en position de commandement au sein d’une section, dans une arme donnée (comme les paras, la légion, les chasseurs alpins, …).

Peux-tu nous en dire plus sur les stages militaires ?

Pour les stages militaires, les six mois commencent par un certain temps en école, pour une formation militaire où on approfondit ou reprend les bases acquises à la Courtine, de manière plus adaptée à l’armée choisie. Pour l’air, c’est environ 6 semaines à Salon-de-Provence, pour la gendarmerie 6 semaines à Melun, pour la marine 3-4 semaines à Brest, et pour la terre c’est 10 semaines à St-Cyr Coëtquidan.

On rentre nos choix dans un logiciel (surnommé la « Magouilleuse ») qui s’occupe d’attribuer à chacun son stage. Pour les stages en régiments, c’est le classement en sortant de l’école qui compte pour l’attribution du stage à proprement parler, c’est-à-dire de l’arme vers laquelle on se dirige.

Pas facile de choisir… Quel a été ton choix finalement ?

Pour ma part, je voulais effectuer mon stage en gendarmerie (on m’avait vanté le dépaysement, la proximité avec la population, et la variété des activités), mais mon SIGYCOP (profil médical établi par le médecin militaire) ne me le permettait pas. Par chance, j’avais candidaté pour un stage technique, en informatique, au Ministère de la Défense, pour lequel j’ai été retenu. Je sais donc où j’effectue mon stage : à Paris, où je serai dans leurs bureaux, derrière un écran. Mais d’abord, Coëtquidan ! Car oui, on doit pour cela passer par la formation des terriens. Le point positif est que j’ai mon stage garanti, donc les résultats et le classement de Coët ne m’importent pas…

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Nous retrouverons Vincent en novembre, après sa «formation des terriens» !

 

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