Société

[Notre feuilleton] Vincent, un Tourangeau à l’X

Le pitch : Mois après mois, nous suivons les aventures d’un jeune élève issu de la prépa Maths Physique (MP) du Lycée Descartes de Tours dans l’une des plus prestigieuses Grandes Ecoles françaises : Polytechnique Paris, «l’X» pour les initiés.

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 Saison 1 Episode 3 «Une formation militaire accélérée !»

 Alors, au bout de trois mois, où en es-tu ?

Je viens de terminer mon séjour à Coët Quidan. Ici, c’est l’école qui forme tous les officiers de l’armée de terre. Les vrais élèves (les Cyrards) passent trois ans ici, et nous seulement deux mois-et-demi. Et en ce très court laps de temps, on doit nous former pour qu’à la sortie nous soyons capables de seconder, voire dans certains cas d’être un chef de section en régiment (durant le stage de 3 mois et demi qui suit).

Tu veux dire même pour ceux qui n’iront pas dans l’armée pendant ce stage de 3 mois-et-demi (ce qui est ton cas) ?

Eh oui ! C’est pareil pour tout le monde ! Qu’on enchaîne sur un stage en régiment, en état-major ou même en lycée militaire, c’est la même formation. Mon cas est un peu particulier, car je sors (presque) complètement du cadre militaire, mais je n’ai pas été traité différemment pour autant.

Comment se passe ce stage concrètement ?

La vie sur le camp se compose de cours théoriques plus ou moins utiles (topographie, transmissions, défense chimique, …), de séances de sport plus ou moins violentes (footings, renforcement musculaire, parcours d’obstacles, …), d’activités plus « mili » comme le tir ou le TIOR (techniques d’interventions opérationnelles rapprochées) et de sorties terrain. Les sorties terrain ressemblent à celles de la Courtine (stage de préparation militaire, voir épisodes précédents – NDLR), mais sont plus longues (jusqu’à trois jours), plus dures, et on y apprend les rudiments de la tactique militaire pure et dure, c’est-à-dire comment évoluer au sein d’un groupe, comment gérer une prise à partie, comment mener un assaut, etc.

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Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ? Le plus plu ?

Il est intéressant de découvrir à quel point tout est cadré à l’armée, et notamment en combat. Tout ordre est donné selon un schéma précis, toute réflexion suit un cours prédéfini. Aucune place n’est laissée à l’improvisation, pour que dans le feu de l’action le stress et la peur ne perturbent pas le déroulement des opérations.

La formation est tellement courte que les temps libres sont rares, et le rythme est très soutenu. Heureusement, la promo arrive à respirer. Elle est organisée en commissions. Chaque élève appartient à une commission, et chaque commission a un rôle. Par exemple, la commission communication s’occupe de publier un journal toutes les deux semaines ; la commission détente organise des goûters, des brunch et des « sorties cohèz » (cohésion) : cette année ils avaient réservé un laser game pour nous ! On est logés par chambres de 6, avec un confort bien supérieur à celui de la Courtine.

Peux-tu nous parler de ton stage commando ?

Nous avons passé trois jours-et-demi au fort de Penthièvre (en Bretagne), avec au programme TIOR, différentes pistes d’obstacles, du rappel, de l’escalade, du franchissement (en l’occurrence ramer sur des bateaux sur l’océan), une marche commando et différentes missions nocturnes. A ce séjour a succédé le raid, organisé par la commission raid : une quarantaine de kilomètres de marche, étalés sur 24h, entrecoupés d’activités orientées mili. Très crevant.

Qu’est-ce que tu retiendras de ton passage à Saint-Cyr ?

Je retiendrai de super moments entre amis, à discuter (que ce soit en chambre ou autour d’un verre), à aller taquiner les autres compagnies dans leurs bâtiments, ou bien à fortifier les nôtres contre l’une de leurs attaques !

Cela t’a-t-il donné envie d’aventures… ou de travailler dans l’armée ?

Envie d’aventures, oui ! Les parcours dans le fort étaient vraiment hauts en couleurs. Faire de l’escalade et du rappel à petite échelle donne envie d’en faire plus ! Mais de là à rester dans l’armée, peut-être pas ; pendant les activités militaires plus sérieuses, comme la marche commando, je n’avais pas vraiment le sourire…

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Les derniers jours, presque tout notre temps était consacré à la répétition pour notre baptême. C’est la grande cérémonie qui va officiellement marquer notre entrée dans « la grande famille des officiers de l’armée de terre ». Chacun d’entre nous a un parrain (un officier, qu’il a choisi parmi sa famille ou ses connaissances) qui l’adoube et lui remet son sabre (symbole de l’officier). Et le lendemain, FINEX comme on dit ici, c’est fini ! On plie bagages et on part pour trois mois-et-demi de stage en régiment. Les stages ont été attribués quelques jours avant. Un classement de tous les élèves a permis à chacun de choisir parmi les régiments auquel il pouvait prétendre. Les plus prisés sont les régiments d’outre-mer. Tout cet émoi ne me concernait pas beaucoup, car j’ai déjà mon stage (recrutement externe, hors classement).

Du coup, tu nous racontes ce « baptême » ?

Dans notre belle tenue Terre De France (TDF, voir photo ci-dessous), munis de nos sabres (gravés à nos noms), nous étions alignés sur la grande place des écoles. Là nous avons reçu nos gallons d’aspirant (sur les épaules), nous avons été adoubés (par un officier que nous avions parmi nos proches : notre parrain), la promotion a été baptisée (Promotion Chef de Bataillon Raymond Dronne), nous avons chanté le chant de promo. Ensuite nous avons défilé le long de l' »axe noble » pour déboucher sur la grande place (la Place Rivoli). Ensuite un cocktail, puis le bal.

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Et tu vas faire quoi maintenant en décembre ? Enchaîner ou tu as un break ?

A présent je commence mon stage (stage technique à Paris). Pas de break, mais des horaires plus cool qu’à Coët.

Nous retrouverons Vincent en janvier, pour qu’il nous parle des premières semaines de son stage.

Retrouvez les deux premiers épisodes :

> Episode 1 (septembre)

> Episode 2 (octobre)

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