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[La bouteille du week-end] Vouvray brut, Domaine du Tartemain

Comme un bon vin ne s’apprécie que s’il est partagé, chaque vendredi dans [La bouteille du week-end], Guillaume Lapaque vous fait part de sa rencontre avec un vin ligérien et vous en parle avec passion et délectation.

Comme chaque année à pareille époque, j’étais début février au Salon des Vins de Loire à Angers, lieu incontournable du petit monde des vins du Val de Loire. On y goûte pas mal de vins, on y serre beaucoup de mains, mais surtout, on refait le match : on se perd dans d’interminables débats dont on sort toujours en désaccord. Plus on aime le vin, et plus on aime en parler, et disserter éternellement sur les qualités et les défauts des vins, les méthodes de culture, les stratégies commerciales… Nos conversations dans le « mondovino » ressemblent à peu près à celles des supporters de foot : je n’en connais pas deux capables de tomber d’accord sur l’importance d’Olivier Giroud au sein de l’équipe de France !

Cette année, j’ai eu une très longue conversation avec l’un des meilleurs vignerons de Vouvray. Je lui ai raconté avoir récemment goûté un Vouvray destiné au rayon promo de la grande distribution.  C’était « de la merde » pour reprendre l’expression chère à Jean-Pierre Coffe. J’ai raconté à mon ami vigneron comme j’étais triste qu’on puisse vendre ça sous une étiquette « Vouvray », alors que cette grande et belle appellation mérite tellement mieux…

Je ne crois pas qu’il était en désaccord avec moi, mais ça ne lui a pas tellement fait plaisir : il a bien raison de défendre son appellation.

Mais le plus grave pour moi, c’est que ces « merdes » vendues 5 à 6 €, parfois moins en promo, déboussolent le consommateur, annihilent les repères et déstabilisent le marché.

Un excellent Vouvray, ça vaut 15 à 20 €, soit nettement moins qu’un mauvais champagne, et un bon Vouvray, ça ne peut pas valoir moins de 8 € : en-dessous de ce prix, c’est très suspect ! Et en dessous de ce prix, le consommateur ne pourra pas faire croire qu’il s’étonne que le terroir soit excessivement dopé de glyphosate et autres produits chimiques…

Tout cela étant dit, j’avais envie de vous proposer, à vous chers lecteurs, un bon Vouvray, pas une bouteille d’exception, mais un bon Vouvray, bien fait, sans vice et sans reproche. Heureusement, il en existe de plus en plus, et les cavistes sauront vous en conseiller !

Le Vouvray brut du domaine du Tartemain s’est d’abord présenté à moi avec sa jolie robe dorée et sa bulle fine. La robe dorée témoigne de raisins mûrs et la bulle fine révèle que ce vin a pris le temps d’être élevé de longs mois en cave : c’est bon signe !

Le premier nez, joliment fruité, évoque la poire. En agitant le verre, on gagne un peu en complexité avec des notes beurrées et briochées et un soupçon de noix. Tout ça est assez plaisant.

En bouche, il se confirme tout de suite que la bulle est particulièrement fine. Ça chatouille agréablement la bouche et les joues.

On retrouve les arômes de poire accompagnés d’une note briochée. Et l’ensemble se termine sur une note fraîche, citronnée, bien équilibrée.

Par son effervescence et sa finale citronnée, c’est un vin qui réveille la bouche et les papilles : il sera donc idéal à l’apéritif.

* De bons Vouvray brut, bien faits, à des prix équitables, il y en a plein chez les cavistes. J’avais remarqué par exemple le Vouvray brut 2011, Cuvée Clément, Domaine de la Galinière ou le Vouvray méthode traditionnelle brut, Domaine Vigneau-Chevreau.

* Vouvray brut, Domaine du Tartemain

218, rue Neuve
37210 Vernou sur Brenne
Tél : 02 47 56 55 19

* 10 € à la cave 22 sur vins
22, rue Néricault Destouches, 37000 Tours,
Tél. : 02 47 66 10 16
Sur Facebook : Facebook.com/22survins/

 

 

 

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