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[La bouteille du week-end] Coteaux du Layon 2018, Domaine du Petit Val

Comme un bon vin ne s’apprécie que s’il est partagé, chaque vendredi dans [La bouteille du week-end], Guillaume Lapaque vous fait part de sa rencontre avec un vin ligérien et vous en parle avec passion et délectation.

Coteaux du Layon 2018, Domaine du Petit Val

N’ayant pas le « bec sucré », je choisis, pour cette chronique, trop peu de vins sucrés. Et pourtant quelle magie !

Quelle incroyable diversité aromatique ! Plus encore que les autres, les vins à sucre résiduel, illustrent tout le mystère du vin. Comment un petit grain de chenin, qui au moment des vendanges a seulement goût de raisin, peut nous proposer, après vinification, une telle palette de saveurs : il pourra nous donner des notes citronnées dans un vouvray brut, des notes de fleurs blanches dans un Montlouis-sur-Loire sec, et dans les vins moelleux, il proposera une infinité d’arômes ! C’est la magie de la fermentation : comme le vin, la bière ou le fromage peuvent, à partir d’un seul ingrédient simple, produire une étonnnante diversité d’arômes.

Illustration avec ce joli coteaux du Layon 2018, né en Anjou sur les schistes, ces roches métamorphiques qui forment les contreforts du massif Armoricain.

La jolie robe couleur or, très caractéristique de l’appellation, traduit la grande concentration des raisins surmûris au moment de leur récolte.

Le nez est très puissant. Il distille des arômes intenses d’abricot, de pêche, de coing, de poire…

En bouche, on retrouve ces saveurs fruitées. Mais elles sont complétées par une note plus chaude. Ça évoque la torréfaction, le grillé, le fruit sec… A bien y réfléchir, c’est surtout très proche des odeurs qui sortent de la bassine de cuivre pendant que la confiture se prépare.

Le sucre, bien sûr, est bien présent ! La bouteille ne contient pas moins de 120 g de sucre par litre ! Mais en réalité, l’acidité du chenin tamponne bien cette quantité de sucre pour nous proposer un équilibre très agréable.

Pour comprendre cette richesse en sucre, une explication technique s’impose : au moment de la fermentation alcoolique, les levures transforment 17 g/l de sucre en un degré d’alcool. Ce vin titrant à 13 degrés, cela signifie donc qu’au moment des vendanges, le jus de raisin contenait 340 g de sucre/litre : les 220 g qui ont été transformés en alcool, et les 120 g de sucres résiduels qui sont restés après fermentation ! Aucun autre fruit que le raisin n’est capable d’accumuler autant de sucre. Et c’est bien cette étonnante richesse qui permet de produire ce pur nectar.

En fin de dégustation, cette jolie cuvée se termine sur une note saline très agréable, qui contribue à renforcer la fraîcheur de l’ensemble. Et vous conserverez longtemps en bouche l’intensité aromatique des saveurs fruitées et chaudes.
Les amateurs se régaleront à l’apéritif ou sur un dessert. Moi, aucun accord ne me séduit plus que d’associer le coteaux du Layon avec de la fourme d’Ambert. Si vous êtes aventureux, testez cet audacieux mariage. Vous ne serez pas déçus !

Coteaux du Layon 2018, Domaine du Petit Val

Le Petit Val
Chavagnes

49380 Terranjou

Tél. : 02 41 54 31 14

https://domainedupetitval.com

* 13,60 € chez Cavavin

rue Paul Langevin
37 170 Chambray-lès-Tours
Tél. : 02 47 25 20 14
Sur Facebook : https://www.facebook.com/Cavavin-Chambray-152068941561088/

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