Société

Erotisme à Rochepinard : un show à haute température

Ce week-end, « 37 degrés » a posé son thermomètre au salon de l’érotisme. Entre stands de lingeries osées, sextoys et shows d’actrices X ou de performeuses, de nombreux couples ont franchi les portes de ce salon pas comme les autres. Immersion entre plaisirs et business.

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Alors que ce dimanche après-midi, il fait beau et tempéré sur la Touraine, certains ont fait le choix d’aller chercher la chaleur sous les bâtiments du parc des expositions de Rochepinard. Exit la balade familiale dans un jardin de la ville ou la compagnie de Michel Drucker et son « Vivement dimanche », ce dimanche sera réservé à la visite du salon de l’érotisme à Tours. En arrivant sur le parking situé entre les deux virages du circuit Nascar, on peut voir de nombreuses plaques minéralogiques des départements limitrophes de l’Indre-et-Loire. Beaucoup de véhicules viennent du 41, 49, et 86.

Le premier filtre de contrôle fait penser à l’entrée d’une discothèque. « Votre carte d’identité, s’il vous plaît » demande le vigile d’1,80 m à un jeune garçon et sa copine. Quant aux journalistes, ils font l’objet d’un traitement particulier. Ils ne peuvent rentrer au salon s’ils n’ont pas, au préalable, fait une demande d’accréditation auprès des organisateurs. La société Eropolis fait attention à l’image de ses salons et demande les motivations qui poussent les médias à franchir les portes de ses shows.

Des sextoys actionnés par smartphone

Une fois passée la porte de ce paradis pour les hommes, femmes, couples, échangistes, actrices amateurs ou stars du X, l’ambiance est un mélange de bruits et de musiques annonçant les shows en cours dans les différents endroits de salon. De nombreux stands sont réservés à la lingerie coquine pour mesdames et pour messieurs et aux tenues tendances. Robes sexy et transparentes, mini-jupes cuirs, hauts pour formes généreuses mais aussi strings, bas et boxers sont légion parmi les couloirs du salon. Mélangé à ce maelström de couleurs et de matières, en bonne place, les sextoys qui ne sont plus un mystère pour la clientèle. Du premier prix au haut de gamme, les marques font œuvre d’imagination innovante. Le « 2.0 » a fait son entrée dans l’univers de la sexualité des couples. « Ce jouet ? Vous pouvez l’actionner depuis votre smartphone où que vous soyez, à côté de votre conjointe ou depuis New York ! » nous montre, tout fier, l’un des vendeurs d’un imposant stand de jouets intimes. D’autres proposent de nombreux gels intimes pour pimenter ses soirées au goût de banane, fraise ou vous procurant des sensations d’extrêmes chaleurs ou « effet glaçon ». Cette première partie du salon est une concentration du business du sexe.

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« Les week-ends, je suis une autre et cela me va bien. Je suis un peu exhibitionniste… »

Au milieu, Axelle et Chris font du « shooting » sensuel avec leur photographe professionnel. Venues de Rouen, elles ne sont pas professionnelles à temps plein. Axelle est, la semaine, secrétaire de direction. Elle a 35 ans, mariée, et ressemble à Béatrice Dalle dans « 37°2 ». « Je suis venu par hasard dans le monde des « performeuses » », nous raconte Axelle. Et quand on lui pose la question si pense devenir un jour actrice de films X, elle n’est pas intéressée. « Les week-ends, je suis une autre et cela me va bien. Je suis un peu exhibitionniste… » nous confie-t-elle. Chris a 45 ans, cette femme blonde aux yeux très clairs est femme de ménage le reste de la semaine. Elle affiche une certaine assurance et va à la rencontre du badaud. Le but ? Inciter les clients hommes et femmes à venir prendre des photos avec Axelle et elle sur un sofa de couleur pourpre à la forme ronde.

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Patricia, femme de 50 ans, se laisse aller et décide de s’allonger sur le dos. Au-dessus d’elle, Chris et Axelle lui font face en face à quatre pattes. Elles prennent la pose. Les regards et les expressions sont automatiques et sensuels. Pour Patricia, c’est la première fois qu’elle vient au Salon. Au prix de 10 euros la photo, le stand ne désemplit pas. Eric* le photographe est content du salon de Tours : « Les gens sont vraiment sympas ici et nous renvoient beaucoup de choses ». Lui aussi, est photographe de charme le weed-end, et la semaine, photographe pour la presse quotidienne régionale en Normandie.

Le « service après vente » d’une durabilité dans le X passe par les salons et bien sûr Internet

Si les amatrices de charmes sont légion dans l’univers de l’érotisme et du X et présentes à Tours, plusieurs stars du X ont fait le déplacement. Julie Valmont, actrice depuis 2 ans venant du monde libertin accueille les visiteurs en sous-vêtements sexy. Présente avec son sponsor, elle se fait photographier sans sourciller. « Ma présence, ici ou sur les autres salons, c’est pour venir à la rencontre de mes fans » dit, avec un grand sourire, la star en devenir, originaire de la Manche.

8U6A1478Julie Valmont

Il faut dire que les carrières d’actrice X tiennent en partie par le buzz qu’elles et leurs films font auprès de leurs fans. Le « service après vente » d’une durabilité dans le métier passe par les salons et bien sûr Internet. Mais dans le monde du cinéma érotique aussi, certaines stars se font prier et peuvent paraître capricieuse. Lola Rêve, très jolie blonde aux longs cheveux, star du X aux nombreux films n’est pas très aimable et ne semble pas apprécier les journalistes. Ce jour, à Tours, elle fait des shows en privé pour des hommes et des femmes (seuls ou accompagnés).

« Quand on est libertin, l’harmonie et la confiance dans le couple sont très importants »

Le salon de l’érotisme, c’est bien sûr l’univers du sexe, mais c’est aussi le moment pour monsieur et madame tout le monde, de s’offrir un instant loin des préjugés et du regard conventionnel du monde du travail ou de ses proches. Catherine et Rémi sont de passage en Touraine. Originaires de Clermont-Ferrand, ils ont choisi de venir au salon pour la lingerie et les vêtements qui pimenteront leurs soirées avec un autre couple. Les deux Auvergnats sont échangistes. Agés de 34 et 35 ans, ils sont en couple depuis 4 ans et sont libertins depuis 2. Quand on leur pose la question d’avoir fait ce choix au bout de deux ans de vie commune, ils répondent « que cela s’est imposé comme un épanouissement. Nous n’allons jamais dans les clubs et préférons deux soirées privées par an ». Rémi et Catherine aiment le « porno chic « . Soirée dans un bel appartement avec lingerie et dessous de grande classe. Catherine aime aussi des rapports sensuels avec d’autres femmes. « Quand on est libertin, l’harmonie et la confiance dans le couple sont très importants » rappelle Rémi. Catherine ajoute « qu’en aucune façon, c’est une addiction mais une recherche de plaisirs et de sensualité hors des normes et de certaines conventions ».

Eropolis

Déambuler dans ce lieu de l’interdit pour certains mais de liberté totale pour d’autres, c’est aussi une leçon de sociologie. De l’homme seul venu découvrir les stars qu’il vénère le samedi soir sur les chaînes cryptées, à la bande de copains et copines venus en « touristes », nombreux sont aussi les couples de tout âge, hétéro ou homo. Qu’ils soient libertins, échangistes, SM, ces couples ne représentent pas le gros du bataillon. Ce jour- là à Rochepinard, c’est surtout des gens plutôt « ordinaires » que l’on croisait dans les travées du salon.

Agés entre 25 et 55 ans, la clientèle cohabite dans une ambiance soft. Ici pas de regards, de jugements ou d’a priori. Seulement un moment un peu « hors du temps »…

(*) le prénom a été changé

Crédits photos : Arnaud Roy pour 37°

 

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