Société

Campement de demandeurs d’asile à Tours, la mairie réagit.

Par voie de communiqué de presse, la ville de Tours a réagi hier au campement de demandeurs d’asile qui s’est monté avec le soutien de Chrétiens Migrants vendredi au Sanitas.

Directement mise en cause par l’association, la mairie de Tours précise dans son communiqué que l’accueil des demandeurs d’asile n’est pas de son ressort, mais que cette question est gérée « au niveau régional et la préfecture d’Orléans, seule compétente… ».

« La ville ne peut se substituer à l’Etat » écrit le maire de Tours tout en précisant que « ces dernières années le nombre de places d’accueil a été augmenté sur la Ville de Tours pour atteindre 528 places dont 167 pour les demandeurs d’asile ».

Du côté des bénévoles associatifs, le point de vue était différent quand nous les avons rencontré. S’ils reconnaissaient que ce n’était pas du ressort premier de la municipalité, les militants pointaient également les possibilités qu’a la mairie de Tours pour héberger ces personnes à la rue, notamment par le biais « des nombreux logements vides qui existent » nous faisait-on savoir.

Que dit la loi ?

Depuis 2009, l’admission au séjour des demandeurs d’asile est régionalisée. Ainsi lorsque le ressortissant d’un État tiers souhaite demander l’asile en France, il doit effectuer ses démarches administratives dans une préfecture. Cette préfecture est en principe une préfecture chef lieu de région.

Sur son site internet, le Ministère de l’Intérieur écrit :

Le droit d’asile symbolise l’une des valeurs auxquelles notre tradition républicaine est particulièrement attachée. A ce titre, toute personne qui souhaite solliciter la protection de notre pays doit être certaine que sa demande sera examinée dans des conditions conformes aux engagements internationaux, en bénéficiant d’un accueil, d’un hébergement et d’une prise en charge optimaux.

Le dispositif public de prise en charge des demandeurs d’asile bénéficie aux personnes qui ont déposé une demande d’asile auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) jusqu’à l’intervention d’une décision définitive sur cette demande. Pendant toute cette période, les demandeurs d’asile peuvent bénéficier de prestations spécifiques.

Ces prestations spécifiques comportent notamment les CADA (Centres d’accueil pour demandeurs d’asile). Le parc de places de CADA est complété par un dispositif d’accueil d’urgence, d’une capacité variable en fonction des besoins et des disponibilités budgétaires. Ce dispositif est destiné à accueillir, à titre transitoire, des demandeurs d’asile préalablement à leur admission éventuelle en CADA. Il permet, en outre, de prendre en charge des demandeurs d’asile ne pouvant pas bénéficier d’un hébergement en CADA.

Dans ce maillage qu’est l’hébergement d’urgence, il faut ajouter les relais pris par les mairies  ou encore par les associations comme l’Entraide Ouvrière pour ne citer qu’elle. L’ensemble de ce dispositif s’avère malheureusement insuffisant et comme le répètent les familles hébergées dans les tentes au Sanitas, les appels au 115 restent soir après soir, sans réponses adaptées et doivent rester à la rue.

Du square à la rue, il y a moins d’un pas que ces familles devraient malheureusement être contraintes de franchir prochainement, Tours Habitat ayant envoyé un huissier pour constater le squat du square lui appartenant. Un constat qui amène généralement une procédure d’exclusion rapide derrière. Celle-ci pourrait avoir lieu dès aujourd’hui. Les demandeurs d’asile ont fait savoir par ailleurs qu’ils appelaient à un rassemblement le 24 juin à 16h devant la mairie de Tours, « Nous ne resterons pas invisibles » écrivent-ils dans un communiqué.


Un degré en plus : Le site La Rotative dresse un compte-rendu en direct de l’évolution de la situation.

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