Société

La Barque : un charmant café pour personnes à la dérive

Au 118 rue Colbert à Tours se trouve un café particulier. Son nom : La Barque. Ce café associatif a pour spécificité d’être un lieu accessible à tous, mais surtout tourné vers les personnes précaires en grande difficulté sociale. Rencontre avec Barbara Demcak, salariée à La Barque depuis 4 ans.

Café associatif La Barque à Tours
Au premier abord, La Barque a tout l’air d’un café traditionnel avec son comptoir, ses tabourets, ses tables, un petit côté branché en prime avec une bibliothèque, des tables basses ; un côté café de centre ville qu’ on pourrait croire destiné à une clientèle étudiante. Pourtant la ressemblance s’arrête là, comme nous l’explique Barbara Demcak : « La Barque est un café associatif qui est ouvert à tous avec une attention particulière au public en grande précarité, que ce soit des personnes en foyer d’hébergement d’urgence, à la rue, en squat ou isolées ». Créée et gérée par l’association Au fil de l’eau, La Barque est une petite structure avec trois salariés qui fonctionne essentiellement grâce à des financements publics venant des collectivités (ville, agglomération, département et région) ou de l’Etat via la DDCS (Direction départementale de la cohésion sociale). Une structure ouverte toute l’année du mercredi au dimanche et qui accueille 60 à 70 personnes par jour l’hiver et une trentaine en moyenne l’été, dont beaucoup de jeunes « qui ont un parcours institutionnel ou en famille d’accueil et se retrouvent à leur majorité sans prise en charge, avec des parcours de vie compliqués ».

Café associatif La Barque à Tours

« Les aider à rebondir et à trouver l’énergie »

Une association qui accueille donc essentiellement des personnes en difficulté qui viennent y passer du temps « pour trouver un lieu convivial » nous explique Barbara Demcak, une des trois salariés de l’association. La Barque est ainsi un lieu qui entend aider les personnes à se remotiver : « On ne veut pas que ce lieu soit permanent pour les personnes. C’est un lieu de passage qui doit les accompagner dans leur parcours de vie ».

Une aide souvent bienvenue pour ces personnes, « le fait d’être à la rue est souvent vécu de manière très violente, c’est dur de pouvoir rebondir, de trouver l’énergie pour retrouver un statut social ». Une volonté de recréer des repères sociaux qui correspond également à la situation du lieu : « Notre spécificité est que l’on est situé rue Colbert, dans une rue passante, alors que beaucoup de structures se trouvent dans des rues excentrées, cela permet aux personnes qui viennent de ne pas se sentir rejetées ».

Café associatif La Barque à Tours

Un lieu d’accueil et d’activités

Dans le fonctionnement, La Barque propose des boissons payantes « pour responsabiliser les personnes qui viennent » et sans alcool « car certains sont dépendants », mais n’oblige pas à la consommation : « on peut venir ici juste pour passer un moment au chaud ». Outre le côté bar, La Barque propose aussi des activités comme des jeux, met à disposition une bibliothèque, mais aussi un ordinateur pour des démarches administratives ou de la détente. Une cuisine est également accessible avec des ustensiles à disposition ainsi qu’un four, des plaques chauffantes… pour que les personnes accueillies puissent se préparer des repas.

Café associatif La Barque à Tours
Les membres de La Barque aident également ces personnes en difficultés à se tourner vers les services publics, les acteurs sociaux, les aident dans les démarches administratives. Des aides sont possibles également dans la rédaction de lettres, de CV… Pour autant, La Barque ne se substitue pas aux acteurs sociaux, mais se définit comme un relai : « L’essence du lieu est de permettre aux personnes de redevenir acteurs de leur propre vie, de se prendre en main ».

Pour les aider à s’échapper un peu de leur quotidien, mais aussi de retrouver un accès aux activités de la société, La Barque propose également des activités extérieures, que ce soit du théâtre ou du cinéma grâce au dispositif Cultures du Cœur, mais aussi une fois par semaine des ateliers sportifs en partenariat avec l’UFOLEP. « Des activités indispensables pour permettre aux personnes concernées de reprendre confiance en soi et les aider à recréer de nouveaux liens ».

Crédits photos : Mathieu Giua pour 37°

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