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A La Grange David, nos actions pèsent 18 000 tonnes

Ce mois-ci dans le dossier du mois, nous vous proposons un focus sur le pôle environnemental de la Grange David. Un endroit stratégique de la Métropole où se joue un enjeu majeur : la gestion des déchets, leur tri mais aussi le traitement des eaux usées.

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Bientôt la vue sera cachée aux milliers de véhicules qui passent sur le périphérique longeant la Grange David. Ces dernières semaines, des arbres ont en effet été plantés pour rendre un peu plus paysager cet espace.

Ici, on est au cœur du pôle environnemental de Tours Métropole. Un site situé à La Riche et créé au départ par la ville de Tours pour ses services avant d’être transféré progressivement à Tours Métropole (anciennement Tour(s) Plus) à partir de 2001 et la création de l’intercommunalité.

Si la station d’épuration (à lire notre zoom à ce sujet jeudi sur 37°) est la partie la plus visible de ce « bio-pôle » de la Grange David, c’est ici également qu’est gérée la plus grande partie des déchets provenant de l’agglomération.

Le site de la Grange David regroupe pas moins de cinq types d’infrastructures liées aux déchets :

• la station d’épuration des eaux usées
• la déchèterie
• le dépôt des camions de collecte
• le centre de transfert des ordures ménagères
• et le centre de tri des déchets

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Si le tri est confié à un prestataire sur appel d’offres (remporté depuis 2003 par l’entreprise CODEV), la collecte se passe elle en régie directe. De la Grange David partent ainsi chaque jour 50 camions bennes pour ramasser les déchets dans l’agglomération tourangelle sur une zone de couverture correspondant grosso-modo à l’espace entre le Cher et la Loire. Ailleurs, d’autres dépôts de collecte prennent le relais comme ceux de la Milletière au nord ou de Joué-lès-Tours au sud. En revanche la quasi totalité de la valorisation des déchets se passe à la Grange David.

« Sur la métropole, le service de la collecte des déchets est géré à environ 80% en régie directe », nous explique Alexandre Travers, le responsable du service à la Grange David. « Quelques prestataires privés interviennent également dans certaines zones moins densément peuplées comme au nord-ouest du côté de Saint-Etienne de Chigny ou Luynes ou encore sur la zone de la Confluence, pour des raisons de coûts moins importants notamment ».

Pour gérer cette collecte, environ 150 agents sont en poste à la Grange David (sur les 274 que compte le service de la collecte au sein de Tours Métropole). Ces derniers se relaient dans deux équipes : une du matin qui débute dès 5h30 et une d’après-midi avec un service se terminant à 21h30. Chaque jour, les tournées sont organisées depuis la console, la cabine de pilotage du dépôt, nichée dans le bâtiment principal et son mur végétalisé. (photos ci-dessous)

Le poids des déchets :

224 kg de déchets ménagers résiduels par an et par habitant

65 kg d’emballages, cartons, journaux et magazines triés par an et par habitant

30,3 kg de verre triés par an et par habitant

48% des déchets produits sur l’agglomération sont valorisés

18 406 tonnes par an de déchets ménagers collectés et recyclés.

Une collecte parfois ingrate également avec son lot de plaintes quand un camion bloque une rue, les klaxons d’automobilistes un peu trop pressés… les habitants râlant à cause de passages jugés trop matinaux… « C’est le lot du métier, mais à Tours cela ne se passe pas trop mal dans l’ensemble » juge Alexandre Travers. « On essaye de faire comprendre aux habitants que si on décalait l’heure, cela engendrerait un passage plus tôt ailleurs par exemple. Il n’y a pas de solutions miracles ». Ingrat et parfois moqué, le métier de ces agents est pourtant indispensable au quotidien et à un cadre de vie agréable. La grève des agents de la métropole début février, pour des questions de reconnaissance de leur statut, est venue le rappeler à ceux qui auraient pu encore en douter.

Sécurité et hygiène

Un métier difficile et usant physiquement également nous explique-t-on avec des problèmes au niveau du dos qui peuvent se manifester après plusieurs années de service. « Chez nous les agents ne sont pas cantonnés à une seule tâche, les rippeurs peuvent être conducteurs et inversement par exemple. Cela permet d’éviter une trop grande répétitivité » poursuit le responsable du service qui prend en exemple également l’obligation de port de casque ou de bouchons d’oreilles pour ceux travaillant au tri des verres. Un poste particulièrement bruyant il est vrai.

La vigilance est importante également en terme de conditions d’hygiène pour les agents, nous dit-on, avec notamment une douche obligatoire à chaque fin de service et des vestiaires individuels pour chacun d’entre eux. Des agents, tous masculins nous explique Alexandre Travers en raison de la configuration des locaux. « Nous n’avons pas la possibilité d’accueillir du personnel féminin comme cela peut être le cas ailleurs parce que nous n’avons pas de double vestiaire. J’espère que cela évoluera à l’avenir ».

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On comprend à écouter notre interlocuteur que l’hygiène est un élément primordial dans le travail au quotidien, pour le personnel donc, mais aussi pour le parc matériel. Les camions-bennes sont en effet lavés quotidiennement par les agents, non seulement pour une question d’image, mais aussi pour leur entretien. « Une benne à un coût de 200 000 euros environ, pour une durée de vie de 8 à 10 ans, nous essayons donc d’en prendre soin ». En 2012, le parking a par ailleurs était réaménagé et couvert pour mieux protéger les véhicules qui sont sensibles aux variations climatiques, notamment avec les commandes électroniques qu’elles possèdent.

Depuis 2010, Tours Métropole possède deux types de bennes principales, celles pour la collecte traditionnelle en porte-à-porte, et celles pour les collectes en PAVE (Points d’apports volontaires enterrés), les conteneurs enterrés qui ont commencé à être déployés dans l’agglomération et notamment à Tours depuis quelques années. Des PAVE au nombre aujourd’hui de 670 (pour 1190 conteneurs) et qui ont permis de limiter les actes d’incivilités comme les incendies de poubelles. Revers de la médaille, ces PAVE sont parfois vus comme de mini-dépôts sauvages. « Il faut que l’on fasse de la pédagogie auprès des habitants » reconnaît Alexandre Travers qui loue cependant ce système. Un problème qui est pris au sérieux à la municipalité de Tours qui a annoncé le déploiement d’agents de surveillance de la voie publique (ASVP) avec une verbalisation à la clé pour les contrevenants (amende forfaitaire de 68 €).

Le parcours des déchets à la Grange David.

Une fois collectés, les déchets sont amenés à la Grange David. Ceux provenant des poubelles jaunes partent au tri. Celui-ci est géré par la CODEV. Un centre de tri d’une capacité de 20 000 tonnes à l’année qui arrive presque à saturation avec près de 19 000 tonnes traitées l’an dernier. « Nos actions ont du poids » clame un slogan de Tours Métropole en matière de tri, ce chiffre confirme la bonne évolution en ce sens et Tours Métropole peut s’enorgueillir aujourd’hui de valoriser 48% des déchets.  « C’est grâce aux services, aux machines de plus en plus performantes, mais aussi à la population » précise Jean-Luc Galliot, vice-président à Tours Métropole en charge des questions environnementales (développement durable, collecte et valorisation des déchets, propreté urbaine…). , Un chiffre en hausse constante et qui devrait encore augmenter avec la construction du nouveau centre de tri à Parçay-Meslay qui aura une capacité de tri de 50 000 tonnes par an.

Autre bon chiffre : A la Grange David, les refus de tri (déchets sur la ligne de tri ne pouvant être recyclés) sont de l’ordre de 10%. Un chiffre qui monte ailleurs dans des centres similaires à 23%. Une fois triés, les déchets sont mis en balles et envoyés vers des centres de valorisation. D’autres types de déchets sont valorisés également comme le verre, collecté ici avant d’être envoyé à l’usine Saint-Gobain de Cognac.

Quant aux ordures ménagères « classiques » non triées (celles que l’on met dans les fameux sacs), elles sont acheminées et versées dans de grandes bennes avant d’être emmenées au centre d’enfouissement de Sonzay. Un processus qui devrait évoluer dans les prochaines années, la métropole lançant un projet de centre de méthanisation.

A LIRE DEMAIN sur 37° :

Les enjeux futurs pour Tours Métropole en matière de gestion des déchets

Crédits photos : Pascal Montagne pour 37°

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