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Stéphane Coursier, le nouvel homme fort de la SNCF dans la région

Stéphane Coursier est directeur régional de SNCF Mobilités en Centre-Val de Loire. Arrivé en avril 2017, il a pris la succession d’Yvon Borri qui était en poste depuis 2013. Un nouveau directeur qui connaît bien le fonctionnement de la SNCF avec ses trente années d’ancienneté au sein de l’entreprise publique, d’abord comme directeur d’établissement, puis directeur régional en Midi-Pyrénées et à Paris Rive-Gauche (Montparnasse et Austerlitz) et enfin comme directeur des opérations au Centre National des Opérations où il avait notamment la charge de la gestion des crises.

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Les lignes Intercités vont passer sous gestion régionale. Qu’est-ce que cela va changer concrètement ?

Stéphane Coursier : Le réseau Intercités représente une cinquantaine de trains par jours pour trois lignes (Paris-Orléans-Tours, Paris-Bourges et Paris-Nevers qui passe dans le Loiret) concernées par le transfert entre l’Etat et la Région. De notre côté nous allons travailler à les intégrer pertinemment dans notre réseau avec une logique de proximité en lien avec les TER mais aussi de plus longue distance. Nous allons notamment travailler sur les correspondances. Il y a des projets de rénovation du matériel également.

En parlant des TER, quelles sont les perspectives d’évolution du réseau à court et moyen terme  ?

Stéphane Coursier : Les TER représentent 350 circulations par jour. Nous avons modernisé le matériel ces dernières années et nous avons aujourd’hui une double gamme avec à la fois des trains thermiques et électriques. Cette politique d’investissement est importante pour le confort des voyageurs. Il y a aussi des investissement faits sur les voies qui sont relativement anciennes ce qui conduit à des ralentissements pour raisons de sécurité.

L’autre évolution est l’intégration des usagers. Je prends un exemple, sur la ligne Tours Chinon, nous avons mis en place des QR Codes qui permettent aux voyageurs de signaler un problème, du matériel abîmé…

On entend parfois des voyageurs évoquer leurs craintes d’un remplacement des trains par des bus, par exemple sur les lignes Tours-Loches ou Tours-Chinon, que leur répondez-vous ?

Stéphane Coursier : Le véritable sujet c’est le le transport de bout en bout. Je n’oppose pas personnellement les modes de transport. Avec la Région nous travaillons sur la multimodalité avec une position majeure pour le train mais pas seulement. Notre objectif est surtout qu’il n’y ait pas de rupture de transport et pour cela nous essayons de mettre en place le mode de transports le plus adapté.

Pouvez-vous nous parler plus particulièrement de la ligne Tours-Loches ?

Stéphane Coursier : C’est une ligne qui a besoin de travaux considérables. Ces derniers doivent entrer dans le Contrat Plan Etat Région (CPER) actuel, qui est renégocié dans le cadre des assises de la mobilité.

Dans les projets en cours ou à venir, on parle également beaucoup de la modernisation des gares et la mise en place de services annexes comme les casiers pour récupérer ses colis, des distributeurs d’histoires courtes ou des services commerçants…

Stéphane Coursier : Les gares ont beaucoup évolué ces dernières années et sont devenues des pôles d’échange multimodal. Elles sont un élément important de notre réussite. Leur équipement est important parce qu’il répond à une qualité d’accueil du public, cela va des casiers pour colis aux services commerçants en effet.

En parlant de gare qu’en est-il de votre stratégie sur les guichets dans les gares ?

Stéphane Coursier : Sur les guichets, il faut comprendre qu’aujourd’hui 1/3 des billets sont achetés en digital pour le réseau TER et plus de 50% pour le TGV. Les guichets sont importants parce qu’ils permettent le dialogue avec les usagers. A Tours il y aura toujours un espace de vente. A Saint-Pierre-des-Corps nous sommes arrivés à une situation satisfaisante aujourd’hui avec le double guichet ouvert l’après-midi. Dans les petites gares, des automates peuvent suffire. Cependant rien n’est figé et tout cela évoluera encore parce que nous nous adaptons à la société.

Le sujet de la navette entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps revient régulièrement comme sujet d’actualité. Quelles est votre position dessus ?

Stéphane Coursier : On a aujourd’hui 60 trains en Aller-retour entre ces deux gares et la quasi-totalité des correspondances TGV entre les deux gares n’excède pas 15 minutes. Nous pensons que c’est satisfaisant. Construire une voie supplémentaire pour une navette reviendrait à 35 millions d’euros d’investissement. Or, il y a déjà un problème de saturation du nœud ferroviaire avec 500 circulations par jour à Saint-Pierre-des-Corps. Maintenant si la question c’est de savoir quelle sera l’évolution dans 10 ou 15 ans, je ne sais pas. Mais si on veut aller plus loin dans la réflexion il faudra mettre en place un cahier des charges précis avec les collectivités.

Pour aller plus loin sur le sujet, lire sur Info Tours l’article : Navette Tours-St Pierre : la SNCF traîne des pieds

Il est évoqué également régulièrement l’idée d’une halte au carrefour Verdun à Tours ou encore à Fondettes ou La Riche.

Stéphane Coursier : Pour cela il faut faire des études. Il faut rappeler qu’une halte supplémentaire équivaut à un arrêt supplémentaire et donc revoir l’ensemble des horaires et du trafic. Je comprends l’intérêt du transport périurbain, mais sur ce sujet je pense qu’il faut mettre en place un comité technique.

A lire également sur Info Tours : Un effet LGV à Tours et St-Pierre-des-Corps

Propos recueillis par Mathieu Giua et Olivier Collet