Politique

L’union à Droite, condition nécessaire pour une victoire en mars 2015

Alors que le PS et ses partenaires de gauche sont en phase de désignation de leurs candidats, à droite les accords UMP – UDI se font attendre. Dans un rapport du genre « je t’aime moi non plus », les ententes sur des candidatures uniques entre le centre et la droite républicaine en Indre-et-Loire sont encore loin d’être validées. L’UMP, coutumière de campagnes-éclairs pour des élections telles que les élections cantonales risquent de laisser dans le flou son partenaire jusqu’à début janvier. Une échéance qui ne fait pas l’affaire de tous.

« Ni UMP, ni UDI ne peuvent gagner seul ! ». Cette affirmation d’un élu de l’agglomération de Tours résume la volonté de certains pour que les deux familles de la droite et du centre fassent au plus vite alliance. Afin de donner un signe fort et clair à leur électorat. « La question est de savoir si l’on veut gagner ou pas le département » s’interroge un adjoint au Maire de Tours. Question légitime au moment où la gauche est donnée perdante dans bon nombre de départements, dont l’Indre-et-Loire. L’élection de mars prochain aura un nouveau visage car elle verra son mode de désignation et ses cantons profondément bouleversés. Un binôme homme-femme sur 19 cantons (au lieu de 37 aujourd’hui) seront à choisir pour notre département. Ainsi, 38 nouveaux conseillers (19 hommes et 19 femmes) seront élus le 30 mars au soir. Ces élections arrivant dans la deuxième moitié du quinquennat de François Hollande seront pour l’une des rares fois dans l’histoire du scrutin départemental marquées par la politique nationale. Autrefois élections de proximité, elles risquent de devenir, à nouveau, des élections sanctions pour la gauche. Et cela, la droite l’a bien compris, à Tours comme ailleurs.

Dans les années 2000, certains se plaisaient à commenter que la France avait « la droite la plus bête du monde ». Un élu socialiste s’amuse en rappelant l’ambiance à droite en Touraine : « Messieurs Bouchet et Briand se montrent leurs biceps ! Mais pour l’instant on ne voit pas l’union à droite… ». Car d’union, il en est question dans l’esprit des militants. Ils n’ont pas oublié les résultats des dernières élections municipales qui ont vu des listes de rassemblement gagner et reconquérir les grandes villes du département. Question aussi dans l’esprit des « sortants » ou des futurs candidats.

Une partie de l’équipe municipale de Tours sera candidate

A Tours, il n’y a plus que quatre cantons : Tours Nord, Tours Ouest, Tours Est et Tours Sud. Le Canton de Tours Centre a été absorbé. De même, pour Tours Nord Ouest et Tours Val de Cher. Le maire de Tours, Serge Babary, conseiller général de feu Tours-Centre ne se représentera pas comme il l’avait indiqué pendant la campagne des Municipales. A Tours Nord, plusieurs candidats se sont fait connaître. Xavier Dateu, Brice Droineau et Lionel Bejeau, tous trois membres de la majorité municipale et adjoints de S. Babary. Xavier Dateu tiendrait la corde pour être investi au nom de l’union UMP-UDI, dans le cas d’accords bien évidemment. Il pourrait choisir comme binôme Françoise Amiot, adjointe aux finances à Tours. A Tours Ouest, se murmure la possibilité d’une candidature de Céline Ballesteros, adjointe au Commerce dans l’équipe de Serge Babary avec un binôme UDI dont le nom semble être choisi. Sur le canton de Tours Est, Louis Alluchon, adjoint de quartier UDI dans l’équipe municipale, aurait fait connaître ses envies d’en découdre sur ce canton gagnable pour la droite. A Tours Sud, deux candidats potentiels sont en lice : Olivier Lebreton et Julien Alet, respectivement adjoint à la sécurité de Tours et adjoint de quartier. Tous deux UMP. Ici la commission d’investiture interne à l’UMP devra trancher. Le nom de Sylvie Bourbon, conseillère municipale UDI, revient aussi dans les discussions pour les cantons de Tours Sud ou Tours Ouest.

Les quatre cantons de la ville de Tours pourraient, au regard d’une estimation du rapport de force, des personnalités et d’une répartition cohérente des formations politiques dans la ville, voir l’élection de quatre binômes de droite composés de 5 élus UMP et 3 UDI. Se pose, aussi, la question de connaître les intentions de certaines personnalités à droite et au centre. Quelles sont les intentions de Sophie Auconie, l’ex – députée européenne, que l’on sait active en sous-main ? Que souhaite Christophe Bouchet, le président de l’UDI en Indre-et-Loire ? Thibault Coulon, silencieux sur ses intentions, irait-il aux cantonales pour asseoir une légitimité sur son nom propre ? A voir.

Sur l’Agglo, le nouveau canton « St Avertin – St Pierre des Corps » verra la candidature de Jean-Gérard Paumier, le maire de St Avertin et conseiller général sortant. A n’en pas douter, il pourrait lorgner sur un binôme avec une femme habitant à St Pierre des Corps. La candidature de Mounia Haddad, conseillère municipale d’opposition UDI, pourrait retenir toute l’attention de Monsieur Paumier. Sur le canton de Joué-lès-Tours, la candidature du Maire, Frédéric Augis, serait naturelle et légitime. Pourtant, son premier adjoint pourrait endosser le costume de candidat. Affaire à suivre en Jocondie. Sur le canton de St-Cyr-sur-Loire, Jean-Yves Couteau, conseiller général sortant UDI repart.

Les investitures seront aussi conditionnées par le choix du futur président

Derrière la préparation de ces élections et une probable victoire pour la droite, s’organise aussi l’avenir de la présidence de Conseil Général d’Indre-et-Loire « nouvelle formule ». Le match se jouera entre Jean-Gérard Paumier qui connaît bien la maison et Jean-Yves Couteau qui a l’expérience aussi du Conseil Général du 41 et du 37. Depuis André-Georges Voisin, président de 1970 à 1992, la droite républicaine n’a plus gouverné le CG depuis plus de 20 ans. C’est l’ancienne UDF, en la personne de Jean Delaneau, qui a tenu la boutique départementale entre 1992 et 2004. Le choix risque d’être difficile car tout dépendra du nombre d’élus UMP et UDI en cas de victoire. A n’en pas douter, les états-majors locaux vont faire leurs comptes : qui avec qui dans les binômes ? Quels sortants peuvent repartir ? Nouvelles figures ou « expériences » ? Car les investitures seront aussi conditionnées par le choix du futur président. Il faut noter que ces désignations se font par fédérations locales. Pas d’investitures nationales. A l’UMP 37, une commission d’investiture est en place. Composée de Philippe Briand, Fabrice Boigard, Serge Babary, Frédéric Augis, Jean-Gérard Paumier et Dominique Leclerc, elle devra discuter avec ses partenaires. Au regard aujourd’hui du rapport de force, l’UMP pourrait remporter la mise. Tout dépendra des sortants dans les cantons ruraux où l’UDI est en force.

Les prochaines semaines seront décisives pour la droite et le centre en Touraine. La stratégie de conquête devra l’emporter sur les egos et les luttes intestines. Pour ces élections départementales, les alliances seront un enjeu pour les deux camps. A droite, les investitures uniques seront un atout majeur, à gauche un salut afin d’éviter une déroute électorale.

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