Politique

Législatives : dernière ligne droite pour les candidats

Dans trois jours, les Tourangeaux vont à nouveau se déplacer aux urnes. Plus d’un mois après avoir choisi leur président de la République, ils vont décider ou non de lui donner une majorité. Si les projections sont très favorables au parti d’Emmanuel Macron, quid des deux grands partis comme les LR et le PS ? Beaucoup de nouveaux députés fouleront les couloirs de l’Assemblée Nationale dès le 19 juin.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette campagne « éclair » comme en 2012 n’est à nul autre pareil. D’abord parce qu’elle succède à l’élection présidentielle puis avant à des primaires qui ont révélé leur lot de surprises. Ensuite parce qu’elle voit s’éteindre les dinosaures de la politique telle qu’elle se concevait dans un affrontement droite / gauche. Exit le Parti Socialiste mode Epinay, fini l’ancien RPR devenu UMP puis « Les Républicains », celui-là même qui pensait qu’en phagocytant les centristes, le grand rassemblement de la droite et du centre aurait du sens. Seulement voilà, c’était sans compter sur une lame de fond qui venait de loin, celle du ras-le-bol d’une grande partie du corpus électoral. Au bipartisme façon Vème République, les Français ont opposé leur nouvelle conception du vote, le « dégagisme ». Phénomène silencieux, insidieux que les partis traditionnels n’ont pas voulu voir venir. Touchés par une certaine outrecuidance mais aussi par un fourvoiement renvoyé par une base militante aveuglée et aficionados d’une manière de faire de la politique d’un autre temps, le Parti Socialiste et Les Républicains ne sont bientôt plus. En tout dans leur forme actuelle.

Pour le PS, il sera nécessaire de faire un stage de survie en milieu très hostile. Pour les LR, une séance de coaching des egos démesurés mais aussi et surtout reprendre des cours de stratégies électorales. Il y a un an, les mêmes en difficultés aujourd’hui, s’amusaient de voir un ancien ministre du budget être en marche vers une victoire dont personne ne voulait croire. Amusés, blagueurs voire pour certains cyniques, ceux qui se moquaient ont vu le cœur serré, le marcheur devenir président. On a tout entendu sur les raisons de cette victoire. Mais, le constat est là. Ce sont les Français qui ont tranché.

Alors demain, ils vont retourner dans l’isoloir pour lui donner une majorité à l’Assemblée Nationale, condition nécessaire pour que le presque quadra président puisse mettre en œuvre son programme. Certains revanchards à deux sous aimeraient déjà le voir englué dans une cohabitation qui n’aurait aucun sens au regard de la volonté d’une grande partie des français et des tourangeaux.

C’est dans ce contexte que les électeurs d’Indre-et-Loire iront ce dimanche et pour les plus motivés dès potron-minet. Puis dimanche soir, les résultats tomberont sur l’ensemble de la sphère médiatique et des réseaux sociaux. Dans les cinq circonscriptions d’Indre-et-Loire, difficile, aux vues des bouleversements de la sociologie électorale de faire un pronostic fiable. Bien évidemment, les résultats de Marisol Touraine et de Laurent Baumel sont attendus. L’une socialiste se revendiquant de la « Majorité Présidentielle », une antinomie qui en a fâché beaucoup et l’autre frondeur d’un socialisme tendance Jaurès assumé. Puis, le focus se portera sur les candidats marcheurs d’Emmanuel Macron. Nous ne lisons pas dans le marc de café, mais il est convenu déjà que La République En Marche aura un ou plusieurs représentants tourangeaux au Palais Bourbon. Quant aux candidats PS, plus dure sera la chute. Et peut-être celle de Jean-Patrick Gille, député PS sortant de Tours qui n’aura pas démérité en tant que parlementaire. Mais dont les hésitations lors de la loi « travail » et de la fronde n’ont pas donné un signe clair de sa position. Les Tourangeaux douteront peut-être. Puis en ruralité, le Front National vivra sa vie de parti des oubliés. Enfin la multitude de petits candidats viendront bouleverser le jeu de certains. A l’instar de Marc Lelandais des « 577 » dans la 2ème circonscription qui pourrait venir siphonner quelques voix nécessaires à la député sortante LR, Claude Greff. Même scénario éventuel dans la 5ème circonscription où l’adoubé Fabrice Boigard , héritier de Philippe Briand qui ne se représente pas, pourrait avoir quelques difficultés sur sa droite avec la candidature d’Augustin Chazal (« 577 ») mais aussi avec celle de Daniel Fraczak, le candidat FN très implanté. Puis, à l’absence de stratégie à gauche est venue s’ajouter la stupidité. Celle pour la gauche de la gauche de ne pas avoir fait œuvre commune. Fort d’un résultat historique aux présidentielles, la fière « France Insoumise » a rejeté les mains tendues de leurs camarades communistes. Ils sont importants les 1.42€ par voix et par an remportés par la place du Colonel Fabien. Pas d’élus, mais les bourses pleines. Les électeurs de la gauche de la gauche trancheront. Tout comme ceux qui croient encore au socialisme. Oui mais lequel ? telle est la question… Puis, au milieu de ce maelström électoral post-traumatique, les candidats « Verts » cherchent leur place. Eux qui ont cru dans un homme au 6%, Benoit Hamon. Difficile d’être audible au niveau national. Mais les Ttourangeaux ont toujours eu la main verte.

Dimanche nous donnera beaucoup de leçons. Et lundi matin, présagera des cinq années à venir… Celle d’un bouleversement assurément.

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