Politique

Cédric de Oliveira : « Les maires sont garants des intérêts et de l’équilibre du territoire. »

Elu la semaine dernière comme président de l’Association des Maires d’Indre-et-Loire, Cédric de Oliveira débute son mandat sur fond d’inquiétudes des élus locaux face aux efforts demandés par le gouvernement et le Président de la République.

A 30 ans, Cédric de Oliveira, maire de Fondettes et Vice-Président de Tours Métropole (en charge des équipements culturels) depuis 2014, vient de franchir un cap dans sa jeune carrière d’élu. Elu avec plus de 20 voix d’avance sur son challenger, Jean-Luc Dupont, le maire de Chinon, le nouveau président de l’Association des Maires d’Indre-et-Loire se fait une place de choix à la table des élus qui comptent en Touraine.

Une élection qui n’est pas due au hasard pour le maire de Fondettes qui voit en cette fonction, plus qu’une simple belle ligne sur le CV. « C’est la première fois qu’un candidat avait indiqué clairement une feuille de route et un projet pour l’association ». Souhaitant dépasser le clivage urbain/rural qu’il juge d’un autre temps, Cédric de Oliveira a fait une campagne de proximité auprès de ses collègues maires du département, en jouant la carte de l’équilibre territorial.

Et Cédric de Oliveira nourrit des ambitions pour l’association des maires. Des ambitions qu’il détaillera lors du congrès départemental qui se tiendra le 30 novembre prochain mais dont il a déjà dévoilé les grandes lignes. « L’association des Maires doit être un soutien pour les élus, je souhaite mettre en place plus de rencontres et d’échanges autour des pratiques du quotidien. Dans les petites communes ce n’est par exemple pas toujours évident pour les maires parce qu’ils ne sont pas forcément entourés de services pouvant les aider et ils se retrouvent souvent seuls face à des décisions à prendre ». Et toujours dans le but de les aider dans l’exercice de leur fonction, Cédric de Oliveira souhaite également faire éditer un guide de formation étoffé pour les élus, « qu’ils soient maires ou élus municipaux », précise-t-il.

Cédric de Oliveira est ainsi entré rapidement dans le costume de président des maires d’Indre-et-Loire. Un nouveau statut qui lui a permis de faire partie des 1500 maires invités par Emmanuel Macron hier à l’Elysée, en marge du Congrès des Maires de France. Un congrès en guise de baptême, qui se tient sur fond de fronde donc des élus locaux, inquiets et en colère des mesures du gouvernement d’Edouard Philippe depuis l’été (baisse du nombre d’emplois aidés, suppression de la taxe d’habitation…).

« La baisse des dotations de l’Etat depuis plusieurs années devient insupportable pour les maires et les communes. Il y a de l’exaspération parce qu’on demande toujours plus aux communes, on leur donne de nouvelles compétences, mais les moyens baissent. Les maires sont conscients des besoins de réformes mais le problème c’est que les économies se font sur le dos des collectivités territoriales, alors même qu’elles ne peuvent pas voter de budgets déficitaires sous peine d’être mises sous tutelle ».

Pour le nouveau président des maires d’Indre-et-Loire, « Il y a un véritable risque d’effondrement de l’investissement local et par conséquent un affaiblissement de l’économie locale, des entreprises et donc des emplois. » Une inquiétude qui rejoint celle de nombreux maires en Indre-et-Loire comme ailleurs. Une inquiétude qui cache un malaise et une crise morale entre l’Executif et les élus locaux également : « Quand le Président dit qu’il y a trop d’élus locaux, cela blesse certains élus, parce que dans les petites communes, les élus municipaux sont quasiment bénévoles et s’investissent énormément pour leur commune et l’intérêt public. Il y a un décalage entre les discours et la réalité ».

Et d’Emmanuel Macron qui tiendra un discours lors de la clôture du Congrès des Maires ce jeudi, Cédric de Oliveira attend un geste envers les communes : « Quand on est dans le passage en force, il en ressort rarement quelque chose de positif.  Le Président de la République doit faire confiance aux élus locaux, parce qu’ils sont garants des intérêts et de l’équilibre du territoire. »

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