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Ce qui attend le futur maire de Tours

Alors que la majorité municipale se réunit dans quelques jours (le 12 octobre) pour désigner son candidat au poste de maire de Tours (pour rappel c’est le Conseil Municipal qui désignera le futur maire le 17 octobre), ils sont deux à avoir fait part de leurs ambitions : Christophe Bouchet, adjoint au rayonnement et au tourisme et Xavier Dateu, actuel adjoint aux sports. Si ces dernières semaines, les regards se sont surtout tournés vers le nom du successeur de Serge Babary, cette élection interne revêt avant tout une importance pour la ville de Tours, avec à la clé des enjeux majeurs pour les années à venir.

Xavier Dateu
Xavier Dateu
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Il serait réducteur de résumer cette élection à une formalité, une simple passation de pouvoir entre l’ancien maire et son successeur. En effet, la tâche qui attend le nouveau maire ne sera pas aisée. Les trois premières années de mandat ont eu du mal à séduire les Tourangeaux qui attendaient mieux du renouveau annoncé après 18 ans de Germanisme. Le départ de Serge Babary au Sénat est également mal vu par les Tourangeaux alors que Sege Babary avait déclaré vouloir être « 100% maire ». Enfin le nouveau maire devra composer avec une majorité hétéroclite qui a montré ces dernières années qu’elle pouvait être compliquée à gérer.

Le prochain maire devra redorer le blason d’une majorité qui a peiné à convaincre, mais aussi politiquement porter une droite aujourd’hui mal en point. Si l’élection récente de trois sénateurs de droite ou du centre a pu redonner un instant le sourire à la droite tourangelle, cela n’efface pas les tempêtes traversées ces dernières années. Entre la défaite aux Régionales, la défaite au 1er tour des législatives, une première à Tours, et surtout une droite qui doit composer comme beaucoup de vieux appareils politiques avec la poussée d’En Marche, ces trois dernières années auront fait tanguer les certitudes les plus sûres et cela ne semble pas fini. Il se murmure en effet que certains actuels adjoints de Tours pourraient rejoindre le mouvement du président Macron dans les prochains mois, de quoi brouiller un peu plus les cartes.

Le prochain maire va donc devoir convaincre et prouver que l’élection de la droite en 2014 n’était pas due seulement à un rejet de Jean Germain. Et pour cela, il ne faudra pas perdre de temps car derrière il y a déjà les prochaines municipales qui se préparent. Ces trois prochaines années (ou 4 si les Municipales sont décalées à 2021) vont donc être cruciales avec une relance des grands projets à l’arrêt, mais aussi une attention portée à une politique de proximité qui a été mise à mal (location des salles aux associations, hausse des impôts en 2015, etc…)… Il faudra pour cela une stratégie politique précise avec comme enjeu la définition d’une vision claire et compréhensible qui puisse séduire les Tourangeaux.

Quelle place pour Tours au sein de la Métropole ?

Et puis il y a un autre enjeu de territoire. Le maire devra faire le poids face à ses homologues de la Métropole. Depuis 2014, il ne fait illusion à personne que Philippe Briand, le président de Tours Métropole, est devenu le véritable maître du jeu, d’autant plus que face au poids grandissant de l’Agglomération devenue Métropole, on a eu à l’inverse une ville de Tours en perte de vitesse avec notamment ses grands projets arrêtés. Pourtant pour l’avenir de Tours mais aussi pour l’équilibre du territoire, la ville centre doit être moteur non seulement de son propre développement, mais aussi de celui de la Métropole et redevenir la locomotive qu’elle n’est plus aujourd’hui.

Aux élus de la majorité de trancher pour savoir qui de Christophe Bouchet ou Xavier Dateu semble le plus armé pour répondre à ces défis…