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Wilfried Schwartz : élu en colère

Alors que le congrès des maires se tient cette semaine, la colère des élus des collectivités locales n’en finit pas de grandir. En cause : les décisions jugées arbitraires du gouvernement, les baisses de dotations, les efforts demandés, la baisse des emplois aidés, ou encore la suppression de la taxe d’habitation… Autant de raisons qui cristallisent la colère des élus locaux. Ainsi si le discours d’Emmanuel Macron devant les maires ce jeudi est attendu, celui-ci pourrait se dérouler dans une ambiance froide face aux 15 000 élus locaux présents.

Parmi les élus qui ne cachent pas leur colère, on trouve Wilfried Schwartz, le maire de La Riche qui en tant que membre du comité directeur de l’AMF (Association des Maires de France) a été en pointe depuis cet été de la contestation des élus locaux. Signataire la semaine dernière, avec 150 élus de gauche d’un appel « Les territoires en colère », Wilfried Schwartz évoque un « sentiment profond d’un manque de respect de l’Etat ». Et c’est par crainte de voir « le rôle des élus locaux remis en cause » que Wilfried Schwartz entend continuer à se faire entendre. «Il y a une véritable inquiétude, parce qu’on voit que les décisions sont prises de Paris sur une vision purement comptable, en totale méconnaissance de ce qui se passe sur le terrain ».

« Le pacte de confiance est rompu avec l’Etat »

Et avant de partir au Congrès des Maires, l’élu larichois ne se montrait guère optimiste : « Toutes les annonces de cet été ont fait que le pacte de confiance est rompu avec l’Etat ». Parmi les griefs, citons la baisse des emplois aidés ou encore la suppression de la taxe d’habitation que l’Etat a promis néanmoins de compenser. « On l’a déjà vu par le passé, ces compensations ne tiennent généralement qu’un temps et sont la première variable d’ajustement quand il s’agit de faire des économies » explique le maire de La Riche.

Ce dernier se montre ainsi plus que sceptique sur la politique voulue par Emmanuel Macron. « Autant le Président a une vision sur la politique internationale, autant il y a une absence de cohérence dans la politique intérieure et une absence de stratégie pour les territoires. » Un sentiment partagé par beaucoup d’élus locaux dont les collectivités subissent depuis plusieurs années les baisses de dotation de l’Etat, alors que dans le même temps, leur champ de compétences tend à augmenter. Et certains d’y voir un risque pour l’équilibre du territoire avec une augmentation des inégalités entre ceux qui pourront s’en sortir et les autres.

Dans ce contexte particulier, le Congrès des Maires s’annonce ainsi houleux pour le gouvernement et Emmanuel Macron qui devront faire œuvre de persuasion sur le bienfait de leur politique. Les mots ne suffiront d’ailleurs certainement pas face à des élus qui attendent des actes. « C’est au gouvernement de faire un pas vers nous et de nous envoyer des signaux concrets » conclue ainsi le maire de La Riche.