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Soirée de maraude avec la Croix Rouge

Il fait froid, les feuilles tombent et un petit attroupement se crée sur la place en face de l’église du Christ Roi. Trois soirs par semaine, les bénévoles de la Croix-Rouge arpentent les rues de Tours pour venir en aide aux plus démunis. En cette période de crise sanitaire, certaines personnes ont d’autant plus besoin de générosité et ces maraudes prennent une ampleur supplémentaire. 

Quasiment sans revenus, presque tous sans logement régulier, les bénéficiaires de la maraude de la Croix Rouge attendent les 3 camions de l’association dans le froid. Jeunes en rupture familiale, personnes sujettes aux addictions, atteintes de troubles psychologiques ou issus de la DASS (maintenant ASE, Aide Sociale à l’Enfance), ils sont près de 80 ce soir-là à solliciter la Croix Rouge pour subvenir à leurs besoins essentiels. Ils ont tous fait appel au 115, qui les a redirigé vers ce point de rendez-vous.

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Ce mardi soir d’octobre, c’est Rollande, Lionel, Anne, Marc et Tarig qui se sont mobilisés pour leur venir en aide. Dans cette rue déserte, ces personnes en détresse viennent chercher un peu de réconfort. Un petit encas en guise de repas mais également des kits d’hygiène. Certains enfilent un pull et repartent avec un duvet sous le bras pour se préparer aux températures hivernales.

Julien et Potter, après s’être désinfectés les mains au gel hydroalcoolique, prennent volontiers quelques denrées et des chaussures en ce soir froid et pluvieux. “Ca nous réchauffe, ça nous permet de manger, c’est très utile en ce moment où les gens donnent moins et n’osent s’approcher dans la rue à cause du Covid-19” avoue Potter, 23 ans.

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Les maraudes se sont adaptées avec la crise sanitaire

Habituellement présentes sur quelques points fixes, les maraudes de la Croix Rouge ont été bouleversées par le Covid. Au lieu d’être organisée à un seul endroit, l’équipe a dû se diviser et multiplier les lieux de rendez-vous pour éviter les attroupements et les contaminations. Un surplus significatif de travail pour les bénévoles qui étirent de plus en plus leurs tournées.

Malgré le couvre-feu, les bénévoles sillonnent les quartiers de Tours-Centre, Tours-Nord, Saint-Cyr-sur-Loire ou encore Saint-Pierre-des-Corps, entre 18h30 et 01h du matin, afin de ne pas perdre le lien social avec les bénéficiaires. Un couvre-feu qui n’a par ailleurs rien changé au quotidien des bénéficiaires Sans Domicile Fixe, si ce n’est une vie sociale encore plus réduite et des dons plus rares. Du fait de leur précarité extrême, ils bénéficient d’une tolérance des autorités vis-à-vis du couvre feu, à défaut de solution pérenne et adaptée à leur situation.

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7 000 heures bénévoles par an 

Pour pallier les besoins de tous ceux qui ne peuvent pas subvenir aux leurs, près de 60 bénévoles se relaient 3 soirs par semaine.

Anne est professeure des écoles. Emmitouflée dans le camion, elle voit dans son engagement la continuité de son métier d’enseignante et espère ainsi voir les prochaines générations plus solidaires. Marc et Rollande ont décidé de consacrer une partie de leur temps de retraités aux démunis. Tarig, réfugié soudanais et médecin, a voulu occuper son temps libre pour aider les autres, comme il le faisait au Croissant-Rouge Soudanais. Tous se retrouvent autour du principe d’inconditionnalité de la Croix Rouge : aider chacun, sans aucune condition, sans distinction d’aucune sorte.

Un engagement nécessaire aujourd’hui, et probablement encore plus demain, où la crise sanitaire du Covid-19 fait craindre de voir de nouveaux bénéficiaires affluer. Parmi les bénéficiaires, les bénévoles notent déjà une présence de plus en plus accrue de personnes aux minimas sociaux, ayant malgré tout un logement, mais se retrouvant dans une grande précarité dès le milieu du mois.

 

Diaporama

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