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On a testé pour vous la Loire en bateau

Cette année, les cartes des vacances ont été redistribuées et les destinations réinventées. L’été a commencé mais l’organisation s’est fait tardivement pour bon nombre d’entre nous tant la période est incertaine. Alors que faire ? Où partir ? Et par quels moyens de locomotion ?
 Pourquoi pas découvrir les paysages de notre région en se mettant quelques jours au rythme du courant du fleuve royal. Beaucoup découvrent la Loire à vélo, certains par le chemin des châteaux, nous avons fait le choix du bateau ou plus précisément du canoë.

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C’est parti pour un périple de 4 jours et 3 nuits dans ce fleuve majestueux que nous pensions connaître, à tort. Duvets, tente, bouteille d’eau, réchaud, briquet, bidons, trousse de secours et sacs étanches, tout est dans l’entrée prêt à partir. Muides-sur-Loire, situé au nord de Blois, sera notre point de départ. Sur la route, nous feuilletons La Loire vue du fleuve, un guide de randonnée nautique écrit par Jean-François Souchard que nous avions rencontré l’an passé. A l’inverse d’un trajet en voiture, le parcours est tout tracé et nous ne risquons pas de nous perdre. Les châteaux de Blois, Chaumont-Sur-Loire, Amboise, et le pont Wilson de Tours, feront office de points de repère. Cependant, La Loire n’est pas le fleuve Congo mais un guide est toujours utile en particulier pour passer les ponts, se renseigner sur la biodiversité observée et les points de ravitaillement existants.. Après avoir passé en voiture le village de Mer, nous voilà sur l’eau en canoë.

3, 2, 1, Partez. Un coup de pagaie à droite, un coup à gauche, le canoë navigue doucement sur le fleuve, si calme dès les premiers kilomètres, silencieux, presque méditatif. Nous admirons les rives, le fond de l’eau, les reflets, les oiseaux, les vaguelettes, les poissons… Notre embarcation semble minuscule sur cette Loire si vaste. En l’espace de quelques minutes, le temps s’est coordonné au rythme du courant. Nous descendons à la vitesse de petits escargots ce qui laisse le temps d’admirer tous les recoins du fleuve. Nous sommes immédiatement enchantés de découvrir à quel point la déconnection se fait en quelques minutes. Un arrêt de quelques minutes à Blois nous permet de récupérer de l’eau et de profiter d’un peu d’ombre. Il fait chaud dans le lit du fleuve, le soleil tape et reflète sur nos bras enduits de crème solaire.

Le soir arrive doucement, il est temps pour nous de trouver une île où planter notre tente sans déranger les sternes qui trouvent refuge sur les plages de galets. A l’abordage! Nous voilà sur une toute petite île proche de Chaumont. Une fois la tente installée (en presque 3 secondes) et les bouteilles (pas que) d’eau rafraîchies par le courant, nous allons chercher du bois mort pour faire le feu. Au menu : magret de canard, pommes de terre à la braise, taboulé et petit verre de vin (on ne se refuse rien !). Rassasiés, le feu crépite, les grenouilles coassent et le soleil disparait derrière les arbres de la rive laissant place à une lumière fascinante. Les étoiles (et les moustiques) font leur apparition et Ziiip, la moustiquaire est fermée, au lit.

Outre les trois levers pour vérifier le niveau d’eau, la nuit fût bonne, un peu caillouteuse nous devrons dès ce soir repenser l’emplacement de la tente, c’est le manque d’expérience des aventuriers du dimanche qui parle. Le soleil se lève et se faufile derrière les nuages. Lavage « nature » dans une eau pas si froide, brossage de dents (grâce à quelques fournitures éco-responsables) nous plions bagage direction Chaumont puis Chargé, un petit village en amont d’Amboise où nous avions repéré un point de ravitaillement, Volupia ! Une fois le canoë et les quelques marches de la rive grimpées, place aux bières artisanales et agapes locales. Un petit coin de paradis pour les aventuriers indolents.

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Batteries rechargées pour pagayer jusqu’à Amboise. Le vieux pont qui relie l’Île d’Or aux deux rives est difficilement franchissable sans expérience, enfin nous n’avons pas voulu tenter par peur de retrouver le réchaud et nos slips dans l’eau. C’est ici qu’intervient le portage du canoë. Petits muscles ou gros muscles, un canoë chargé pour 4 jours pèse son poids et les 300 mètres pour franchir le pont par la rive gauche ne sont pas les meilleurs du séjour (à ajouter aux 300 mètres du Pont Wilson tout aussi éprouvants). La petite île trouvée pour bivouaquer la deuxième nuit à rapidement fait oublier l’épisode du portage. Amboise au loin, feu de bois et grillades, les lumières sont magiques et les grenouilles moins présentes.

Nous passerons les deux jours suivants à pagayer encore plus lentement pour profiter des paysages. Nouvel arrêt à Montlouis-sur-Loire pour crapahuter dans la ville puis grimper sur un arbre sur l’île de la Métairie et accrocher un hamac pour un après-midi de sieste. Pause suivante pour grignoter des éperlans à la guinguette de Rochecorbon, dormir au coin du feu pour cette dernière nuit sous les étoiles, puis le lendemain faire un saut de puce pour trinquer à la Plage de Tours. L’arrivée à Tours par voie fluviale laisse une image totalement inédite. Tours vue du fleuve, c’est à voir. Le pont Mirabeau semble gigantesque, le Pont Wilson infranchissable. Les fonds sont bas mais le canoë frôle le sable et continue son chemin jusqu’à Berthenay, point d’arrivée.

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Nous n’avons descendu qu’une centaine de kilomètres sur 1006 mais la Loire réserve bien des surprises (et des belles, en plus !). Le fleuve est calme, et l’expression « se mettre au vert » prend tout son sens. Mis à part deux familles Allemandes croisées en canoë, seules les mouettes rieuses, les carpes et les libellules étaient nos compagnes de voyage. Partir prendre l’air à moins de 100km de chez soi était, il y a quelques semaines, une obligation qui s’est transformée, hier, en un réel délice.

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