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La Renaissance du Château Gaillard

En plein cœur d’Amboise se situe le château Gaillard. Ce château, à 5 minutes à pied du Clos-Lucé (la demeure de Léonard de Vinci), est riche d’Histoire et d’histoires.

Tous les grands qui ont vécu dans ce château sont affichés dans la salle des portraits. Une salle dont on ne voit presque plus les murs. La demeure surplombe un luxueux jardin à la française. Et creusé dans la roche, une Orangerie, dans laquelle on entre en traversant un parterre de lavande dans lequel butinent abeilles et papillons. Les propriétaires actuels du château sont fiers de ces pierres chargées d’Histoire. Quelques mois avant le début de la saison, des artisans s’affairent ici-et-là pour refaire les moulures, restaurer les vitraux… « Travailler avec des personnes de la région était primordial pour nous. » Les savoir-faire de la région au service du patrimoine régional. Ils sont près de 300 ouvriers à avoir œuvré pour la restauration de ce lieu.

Quand Marc Lelandais et sa compagne Sophie Vauzelle ont fait l’acquisition de ce château typique du XVIe siècle en 2011. « Il était complètement à l’abandon. Il y avait une quarantaine de trous dans la toiture, les gouttières fuyaient, le parc était enfouis sous la végétation. Et pourtant. Il subsistait quand même quelque chose du jardin d’Eden. On avait l’impression de découvrir un endroit qui n’avait jamais été défloré. » Aujourd’hui, le jardin est nickel. Le lieu a été ouvert au public en 2014 et depuis, il ne désemplit pas. Les visiteurs se pressent par centaines pour admirer le lieu de création des prunes « reines-claudes », de la première orangerie royale et la chambre de Marie Stuart (1542-1587), reine d’Ecosse et de France. D’ailleurs, c’est dans cette même chambre, au premier étage du château que Sophie Vauzelle et Marc Lelandais ont leurs appartements.

Car même s’ils ne considèrent pas comme châtelains, le couple vit ici, au cœur du château. « Le billard n’est pas un billard de décoration. On y joue souvent. » D’ailleurs, le sol est chauffé, leur cuisine est aménagé et leurs bureaux sont au 2e étage. « C’est compliqué de refuser de vivre dans un château du XVIe siècle », continue Marc Lelandais. Leur chien, Max, les suit partout en jouant avec sa balle ou sa peluche. Ce château est leur maison. « Mais on ne mène pas une vie de château. On va faire nos courses comme tout le monde et il n’y a pas un majordome qui nous apporte le petit déjeuné au lit en patin à roulette », s’amuse l’ancien patron de Vivarte assis sur son canapé rouge en velours aux coussins brodés de fleurs de lys.

Une entreprise de châtelains

Vivarte, c’est l’entreprise de laquelle découle NafNaf, André etc. Fort de son capital, Marc Lelandais a donc décidé de racheter ce château pour en faire une marque. Des panneaux publicitaires et des prospectus sont distribués un peu partout dans le département, des films et des séries viennent aussi parfois être tournés ici. Les jeunes femmes qui sont recrutées comme guides durant l’été se tiennent à carreau dans leur tenue règlementaire : cheveux tirés à quatre épingles et jupe longue, orange et verte. Les couleurs de l’orangerie.

Une petite entreprise qui tourne à plein régime : ouvert pendant 8 mois de l’année, Marc Lelandais et Sophie Vauzelle n’ont, par contre, plus besoin de sortir de chez eux pour aller travailler.

La chambre de Sophie Vauzelle et Marc Lelandais.
La chambre de Sophie Vauzelle et Marc Lelandais.
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