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La Métropole soigne sa campagne

Maire de Berthenay, plus petite commune de la Métropole, Jacques Le Tarnec est aussi Vice-Président délégué à la politique alimentaire et à la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations. Passionné et optimiste, il mesure la chance pour ses concitoyens d’être liés à une métropole, tout en oeuvrant pour la préservation du cadre de vie paisible et de l’environnement exceptionnel de sa commune… et des autres. Rencontre.

Concrètement, le passage au statut de Métropole, qu’est-ce que ça change vraiment pour les habitants d’une commune de 700 habitants ?

Jacques Le Tarnec (c) Laurent Geneix

Jacques Le Tarnec : Déjà, le passage de la Communauté de Communes à la Communauté d’Agglomération avait accéléré certains dossiers et nous avait ouvert des portes. Avec la Métropole par exemple, la réhabilitation de la salle de sports (budget de 1 million d’euros), qui est devenue un équipement communautaire, a enfin pu se faire, alors que le dossier traînait depuis 4 ou 5 ans. La création de la ligne de bus pour relier le centre de Tours a aussi été une avancée importante, notamment pour les scolaires et les jeunes. La Métropole est un vrai projet territorial, il n’y a pas deux vitesses,avec Tours et Joué d’un côté et les plus petites communes de l’autre. En me nommant vice-président et en me confiant certaines responsabilités,Philippe Briand a donné un signal clair d’équilibre dans la collectivité. Je ne me sens pas un sous-maire qui ferait de la figuration à côté de Christophe Bouchet.

C’est aussi côté environnement que le statut de Métropole fait bouger les choses…

Jacques Le Tarnec : Lors de la constitution du dossier de candidature au statut de métropole, nous nous sommes intéressés à de nombreux dossiers et aujourd’hui par exemple le maintien de terres agricoles par des acquisitions foncières est possible et le projet de réhabilitation de prairies alluviales est désormais sur les rails, avec des haies, des clôtures, de la mise en pâturage de moutons, en partenariat avec le Conservatoire des Jardins et Paysages. Il s’agit d’une protection et d’un entretien de l’environnement périurbain à grande échelle, précieux pour les habitants, inimaginable sans le statut de Métropole et le budget qui va avec. Par ailleurs, la station d’épuration du centre bourg qui a été financée par la commune il y a une quinzaine d’années va passer du filtrage à sable à un filtrage par roseaux. Cette transformation écologique est intégralement financée par la Métropole.

« Je ne me sens pas un sous-maire qui ferait de la figuration à côté de Christophe Bouchet. »

Avec l’étalement urbain de Tours, votre commune a-t-elle changé ces dernières décennies ?

Jacques Le Tarnec : J’ai connu Berthenay avec une quinzaine de fermes avec des animaux. Il n’en reste plus qu’une aujourd’hui avec environ 150 bovins, elle reste la plus importante du secteur. En raison de sa physionomie, notre commune a peu de terrains constructibles, donc sa démographie n’a pas explosé comme d’autres : elle reste un vrai petit village. En revanche, elle est devenue plus prisée, ce qui, paradoxalement, menace à terme notre école, qui accueille 57 élèves aujourd’hui : les gens s’installent parfois jeunes, élèvent leurs enfants ici, mais comme la proximité de la ville et le côté campagne leur plaisent, ils restent et occupent une maison où il n’y aura plus d’enfants scolarisables. Notre commune a des perspectives de changement grâce à la métropole : l’entretien et la signalétique d’une boucle de la Loire à Vélo, le soutien potentiel à de nouveaux projets de chambres d’hôtes, ainsi que l’installation d’un ou deux maraîchers sur un terrain de 4 hectares… Cette adhésion nous relie à la ville capitale, c’est une précieuse ouverture sur l’extérieur.

Photo à la Une (c) Alexis Mercier

« La Métropole soigne sa campagne », un article issu du dossier consacré à Tours Métropole, paru initialement sur 37° Mag, le magazine papier-connecté de 37 Degrés.

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